La Rose et l’Amitié

C’est vendredi 24 Juin 2022 au Parc de Grandval-Conteval que sera planté le Rosier Dickens
dans le parc paysager de Grandval Conteval en souvenir du romancier et surtout en hommage
à Janine Watrin, fondatrice présidente disparue voici deux ans.
A cette occasion des textes d’auteurs-poètes choisis seront lus à partir du recueil créé pour la circonstance par les amis de l’association:

Vous y entendrez lire , dire, vivre et peut-être même chanter des textes de :

Entrer dans le Réseau …

Le Réseau des maisons d’écrivains et du Patrimoine littéraire des Hauts de France.
Un parcours, pour une histoire et surtout un beau cadeau d’accueil du Réseau.
Mais venons-en au début des choses et des choix : Depuis de nombreuses années,
existe à Bourges, La Fédération nationale des maisons d’écrivains et du patrimoine littéraire
qui regroupe un ensemble de réseaux à travers toute la France. Depuis plus longtemps encore,
l’association des amis de Charles Dickens a toute sa place à Boulogne- sur- mer,
mais reste néanmoins isolée malgré les efforts de tous. Pourtant un jour, par le biais de
la toile une relation s’est ébauchée d’abord avec la Fédération complétée rapidement
par le Réseau des Hauts de France. D’échanges épistolaires en pages partagées- pour l’instant ébauchées car nous manquons de savoir faire en la situation malgré les conseils des managers
du réseau-, les liens se sont établis et voici quelques semaines une invitation à participer du 3 au 5 juin à des journées d’études en Belgique nous a été envoyée. Une chance de rencontrer d’autres membres d’associations semblables et élargir nos connaissances. Fort naturellement nous avons accepté cette offre.
Et quel excellent choix nous avons fait : Nos attentes se sont réalisées à 200%.
En premier lieu c’est la rencontre avec une douzaine de membres dans leur grande diversité: depuis l’association autour de Marceline Desbordes-Valmore de Douai, représentée d’ailleurs par le premier référent et organisateur du voyage et du Réseau, Jean Vilbas également conservateur du Patrimoine, jusqu’au Président de l’association Camille Desmoulin, en passant par les représentantes de Séverine- journaliste et écrivaine engagée, ou Wilfred Owen, poète anglais de la 1ère guerre mondiale, et la responsable du Musée Alexandre Dumas à Villers-Cotterêts. De la gare de Lille jusqu’à Gand, les sourires allèrent bon train, de bavardages en questionnements, les présentations furent vite un succès. Chacun se plongeait déjà dans un bain d’amitié fondé sur de larges et riches plages culturelles.
Arrivés à Gand, premier repas gourmet à la « Table d’Alix »- restaurant dans un espace vert qui s’étend sous nos regards et nous repose avant la grande aventure qui s’ouvre sur une nouveauté: « le bureau reconstitué » de Maurice Maeterlinck. Si on est frappé de la dimension de la table de travail, c’est la découverte du concept de  » bureau reconstitué » : lorsque les maisons des auteurs n’existent pas ou plus, leur bureau est reconstitué à l’identique à partir entre autres du mobilier leur ayant appartenu. Ainsi de Maeterlinck, qui passa la plupart de sa vie en Normandie et la finit à Nice: tout cela sous le discours attentif et précis d’un jeune conférencier expert François Xavier Lavenue qui ne nous quittera plus, à notre grand bonheur et patiemment répondra à toutes les questions les plus originales qui lui furent posées. Après avoir traversé la rue, commerçante d’ailleurs, un vrai bijou surgit : l’Hôtel d’Hane Steenhuyse, somptueux Palais du XVIIIème superbement conservé qui accueillit un temps Louis XVIII en exil. Mais bientôt la course est enclenchée vers le train qui mène à l’Hôtel Aqua à Bruxelles, et à une visite des sites et jardins qui abritèrent des grands auteurs. La petite galopade s’achève au restaurant Roy d’Espagne sur la Grand-Place où les objectifs et actions de la Fédération et du Réseau sont présentés, de même que les participants.

Un beau samedi nous attend après une nuit paisible et revigorante à l’hôtel très accueillant au demeurant, comme tous les amis Belges d’ailleurs. La journée commence par une exposition totalement extraordinaire au splendide Musée des ducs de Bourgogne: une belle occasion de faire le point sur notre histoire partagée d’ailleurs. La encore les bureau reconstitués de plusieurs grands auteurs. Une réelle richesse en manuscrits, ouvrages, mais aussi un parcours hors norme sur l’évolution de la naissance du livre où tout est mis en valeur et quasiment à disposition du visiteur-découvreur de trésors, de techniques, de savoir-faire.
Des merveilles accumulées et plus de deux heures d’exploration suffiront tout juste à assouvir un peu de notre curiosité non seulement éveillée et pédagogiquement parfaitement entretenue- pour les petits et les grands d’ailleurs.
L’après midi direction Anderlecht, les maisons des auteurs: d’abord celle de Erasme, au coeur d’un ancien cloitre où il avait brièvement séjourné, et soigneusement reconstituée au 20ème siècle, autour d’une belle collection d’ouvrages originaux, au mobilier et tableaux parlants et sobres d’époque. Les voutes du cloitre nous conduisent dans des jardins à l’arrière tout en couleurs où une curieuse exposition de plans d’eau retient notre attention au-delà de l’immense paix régnante-excellente pour la créativité.

Ensuite, c’est la longue promenade qui mène à la maison de Maurice Carême, devenue Fondation et jusqu’à récemment suivi de près par la compagne de l’auteur Jeanne Burny. Tout est resté en l’état: l’entrée, le séjour où les murs accueillent des tableaux et les collections multiples de Maurice Carême, où tout porte une histoire, à l’étage dans le bureau où sont installées toutes ses oeuvres. Là, sous les explications passionnantes et passionnées de François-Xavier, le conférencier- conservateur de la Fondation-Musée- ses déclamations poétiques et modulées, c’est un miracle qui s’opèrent en chaque visiteur. Plus, plus, plus, Maurice Carême est bien plus qu’un auteur pour enfants comme on l’apprend encore en France : c’est une spiritualité sereine et ouverte vers l’infini des questionnements intimes. Chacun peine à quitter les lieux et le groupe se reconstitue aussitôt sur le trottoir et termine ses évocations en soupirant d’aise dans un nouveau restaurant avant de reprendre le métro.
La dernière course commence tôt le dimanche avec le train pour Tournai, la ville aux fortifications et à la cathédrale aux cinq clochers, et nous explique-t-on à la Grande procession costumée annuelle en septembre, en musique dans les rues fleuries. Deux visites nous éblouissent: la Maison Losseau, du nom d’un grand mécène, collectionneur cultivé d’un précieux esthétisme, avec un mobilier magnifique, des vitraux, un jardin et tout à l’avenant…jusqu’aux portes de cuisine… c’est dire!
Puis c’est la Maison Tournaisienne- sur plusieurs étage un musée consacré aux arts et traditions d’époque. Tout y passe: depuis la naissance des graphismes de Tintin ou de Martine sous les presses d’époque aux évocations des auteurs francophiles et phones du célèbre « cabaret wallon ». Un parcours éblouissant qu’il est impossible de résumer en quelques mots mais dont on garde les richesses et les rêves précieusement en nous.
Le retour se fait sur Lille la belle, précisément dans l’amitié et les rêves, les échanges d’impressions et une immense reconnaissance pour les organisateurs si soigneux courtois, gentils. Un vrai succès, un grand merci.

ApK 12/6/22

Gustave Doré au Musée de l’Estampe de Gravelines

La surprise magique : 4 découvertes en une : Le Musée de l’Estampe et du dessin de Gravelines

Tout est nouveau à Gravelines,

D’abord, il y a eu l’idée de consacrer un musée exclusivement à l’Estampe et au Dessin. La curiosité des amateurs non avertis était éveillée. En plus dans un musée installé dans les fortifications de la ville, il fallait voir cela !

Et puis il y eut en 1-  l’expo annoncée Gustave Doré. Etat d’alerte.
Pour un Français, Gustave Doré, comme Victor Hugo, a toute sa place dans la mémoire archaïque de chacun (comme nombre d’autres créateurs dans toutes les disciplines). Mais le problème des hommes de génie, ce sont les limites des connaissances des amateurs, figées sur l’un ou l’autre aspect le plus notoire des créations. Victor Hugo …hop Les Misérables ou Notre Dame…  et Doré hop pour les uns le caricaturiste, pour les autres l’illustration des Fables de Lafontaine ou des Contes de Perrault (cela veut dire une ou deux images reproduites couramment  dans les livres scolaires.)
Or, au vu de l’immensité de productions de G. Doré- on dit plus de 10 000 oeuvres- la plupart sont dispersées dans différents musées en France et apprend-on même à Londres. Finalement dans tous les cas on en sait très peu, sur l’homme autant que sur la diversité de son œuvre. 

Qu’allait donc nous offrir le Musée des Estampes et du Dessin de Gravelines ? L’exposition s’appelle Gustave Doré, créateur de Mondes et c’est bien de mondes multiples et démultipliés, surprenants et innovants dans tous les sens du mot qu’il s’agit. On découvre un riche ensemble de plus que deux cents oeuvres, datées, commentées dans un parcours de vie allant des premières œuvres de l’enfant observateur attentif et déjà dessinateur appliqué, qui grandit et trouve très tôt sa place dans l’illustration moqueuse et caricaturale dans les journaux- Un journal Pour Rire d’un certain Philipon qui le prendra sous son aile.

Suivent toutes les avancées de cet immense travailleur, dessinateur hors pair, qui s’appuie sur de grands graveurs aussi hors norme que lui, pour produire des gravures souvent de grande tailles,-encore une nouveauté – riches en détails minutieux et innovants. Certains préfigurant l’usage qu’en firent des cinéastes du 20ème siècle (ainsi Walt Disney pour la forêt dans Blanche Neige  telle qu’elle fut présentée) .

Il faudrait des pages entières pour évoquer le parcours et découvertes de cet immense créateur : Gargantua de Rabelais, énorme et dévorant ; un Enfer de Dante noir et terrifiant et après des voyages en Espagne un Don Quichotte avec Sancho, dos tournés sur la route du mystère. Et bien sûr les gravures illustrant Perrault, Lafontaine entre autres car les visiteurs ont même pu voir une gravure de Paradise Lost de Milton. Une gamme immense, qui traduit des connaissances et une culture tout aussi vastes. Pour l’histoire d’ailleurs nous avons appris que Gustave Doré avait créé une Galerie à Londres où il était apprécié. Nous avons tant appris d’ailleurs qu’en faire une synthèse d’une page relève de l’impossible !

Le parcours se singularise en 2: Philippe Lemaire  ou la surprise car il s’agit de l’art du collage  –pas assez reconnu comme art à part entière. Là encore on retrouve Doré qui crée d’autres mondes par le biais des recompositions de Lemaire. C’est étrange, comme une envolée vers un lyrisme en invisibles fragments collés,-une recomposition rêvée- titre de la présentation;  une autre  expression  poétique !

Le grand bonheur nous fut donné en 3 car l’excellente et passionnée conférencière visiblement praticienne expérimenta, récapitula en une brillante synthèse l’épopée de l’art de l’estampe quasiment depuis l’origine et présenta un vaste éventail d’avancées, de méthodes, d’outils comme la gouge et le burin. Là deux choses se sont confondues : la gamme de techniques et leurs appellations. Une vraie leçon par une excellente pédagogue. Imaginez en moins de trente minutes une démonstration de ces arts multiples, allant de la sculpture sur bois- de bout /de buis, puis passant à l’eau forte ou la pointe sèche, la gravure à l’acide ou encore  la taille douce,  l’aquateinte,  la lithographie , la sérigraphie sans relief et tant d’autres encore qui nous conduisirent à la découverte des presses existantes dans le musée et même à la reproduction d’une gravure sur métal. Nous avons fini  sur des gravures  en couleurs d’un certain Hayter (je crois), mais là je demeure ignorante, n’ayant pu pour des raisons pratiques, acquérir le catalogue du musée et de l’exposition.

Mais jamais 3 sans 4 : Pour la nouvelle surprise, il fallut sortir du musée principal et s’enfoncer dans une casemate. Rien à voir avec le souffle imaginatif des pièces précédentes.  Désormais on s’engouffre sous les fortifications, une longue descente sur un chemin de lino où des milliers de petits dessins noirs et blancs se cumulent et s’élongent  pour nous attirer dans une espèce de grotte souterraine où l’on découvre, plutôt nos émotions. Chaque visiteur du groupe a perçu quelque chose de différent : un  mini labyrinthe enchevêtré pour les uns,  un jardin en noir et blanc de gravures sur métal pour les autres,  ou encore une mini version stylisée et moderne de Carnac ou Stonehenge, des espaces tantôt clos tantôt ouverts, des univers entrecroisés et confondus un peu inquiétants.

Selon notre conférencière,  cette installation Oikos-Poros est une création de l’artiste Anaïs Lelièvre, qui se serait inspirée de l’histoire des pêcheurs de Gravelines partis en Islande, et confrontés aux volcans. Apparemment, elle y revient souvent, pour modifier, ajouter, transformer et l’œuvre est toujours en mouvement et en devenir. Fascinant, non ?

En tous cas, sous la conduite d’une conférencière experte, dynamique et passionnante, la visite – qui dura plus de deux heures – nous sembla courte et d’une richesse inouïe, et nous quittâmes les lieux à regrets

Autour d’un chocolat, chacun exprima ses préférences, ses découvertes, ses questionnements, et tous absolument enthousiastes espérant qu’une prochaine « visite culturelle » de l’association se fit à nouveau dans ce musée, mais pour une journée complète cette fois. Pourquoi pas ? Que nous réservera la prochaine expo ? Si créer c’est rêver, si coller c’est composer des mondes, alors tout est possible.

Une lecture éclairée et éclairante

Impossible de ne pas se laisser emporter et transporter par ce livre, d’aspect discret dans sa présentation générale, d’une originalité  remarquable (et remarquée) dans sa forme et d’une richesse prodigieuse dans son contenu.  
Une belle vue colorée couleur des remparts de la haute ville illustre la première page de couverture  et un bateau qui appelle le port par- delà la ville basse sur la dernière. Où est l’autrice ? En bas des pages, la première comme éditrice et la dernière comme chercheuse-rédactrice-conceptrice. Elle est plus encore car elle se fait photographe,  maquettiste qui se plie à toutes les innombrables exigences d’une mise en page complexe inventée et soignée pour correspondre au fond au contenu multiple.

Une brève introduction ouvre le livre et lui donne sa tonalité : savante et conviviale
Guide de promenade littéraire,  une présentation en trois mots qui résume bien l’effet ressenti par le lecteur: il est guidé, physiquement et intellectuellement ; en se promenant il découvre, intègre les lieux,  les édifices, leurs spécificités, leur histoire, et leur population : il respire le grand air de l’espace-temps qu’il traverse – du 18ème siècle jusqu’à nos jours.

L’approche correspond bien à une promenade- découverte précise, découpée en 3 trois parties  -la Haute Ville, la Basse Ville, et le Port -chacune s’ouvrant sur le plan d’un itinéraire en rouge- et le jeu sur les couleurs aide à repérer et fixer les  étapes des informations dans l’esprit du lecteur.  
En ouverture de chaque chapitre, un plan de l’itinéraire, l’énoncé (toujours en rouge- le rouge étant finalement le point de départ) des différents auteurs et  l’extrait de leur œuvre présenté.
En ouverture de paragraphe et en sous -titre,  ce qui caractérise la partie – les remparts pour la Haute ville, les commerces pour la Basse Ville, ou les quais pour le Port, le tout accompagné de photos récentes prises et mises en page par l’autrice-photographe.
A chaque partie, correspondent des auteurs : 6  dans la Haute Ville dont 5 anglais (dont Sir Henry, le fils de…) et Alain Lesage,  seul français ;  7  dans la Basse Ville (dont un seul anglais …devinez qui ?)  et des auteurs des 20ème et 21ème siècles, contemporains que l’on découvre ;  enfin 5  sur le Port, tous français et représentatifs. Cependant la liste des écrivains présentés  est loin d’être exhaustive, car de nombreux autres sont évoqués ici ou là. Ainsi de Dostoievsky qui apparait dans la présentation d’un certain Elomir Astruc, une découverte !

En route pour le déroulé de la promenade à travers les différentes rubriques-étapes:
>> Le texte (le titre toujours en bleu)-  un extrait d’une lettre, d’une scène de théâtre, d’une chronique, d’un récit, d’un roman, d’une nouvelle et même d’un  poème ; suivi d’un «  A propos du texte », le commentaire, illustré par « Le texte dont vous avez lu l’extrait, » la fiche datée de l’éditeur d’origine.
>> L’auteur (le titre toujours en vert) à Boulogne et « En savoir plus sur l’auteur » : courte  biographie >> « Le lieu où vous vous trouvez »  (le titre toujours en marron) une plongée à la fois touristique, historique et géographique avec photos d’époques et récentes. On aborde la vie du quartier, de la rue, de l’espace, son évolution à travers le temps, complétée par l’excellente rubrique « Focus sur… » qui ajoute un éclairage sociologique sur les spécificités des lieux. Cela devient passionnant. En plus, sans prétention aucune : c’est  claire, facile à lire d’où la force de  l’ensemble.
>>Non ce n’est pas fini ! Quelques vues explicitées du Street Art qui décorent les murs, de la Basse Ville viennent parachever le cycle des lectures et ouvre une nouvelle page d’histoire sur l’art et l’embellissement de la ville au 20ème siècle. Un vrai  plaisir !
>> Oui, seulement alors, Le parcours peut se terminer est annoncé en  rouge en dernière page  avec encore une illustration, une carte parlant de l’itinéraire, et même le kilométrage que le promeneur aura accompli, suivi  d’une indication pour s’orienter vers une autre partie de la ville.
>>En clôture : des annexes sur certains auteurs, une bibliographie autour des auteurs, des lieux cités, du patrimoine ; les références visant l’historique et l’évolution économique locale.
Un livre complet couvrant une recherche excellente et multiforme.
En tant que non Boulonnaise, j’en ressors émerveillée, et surtout l’esprit plus ouvert. Touchée par la sensibilité de l’analyse et des commentaires concernant les auteurs, leur œuvre, leur place dans la ville et dans la littérature. Désormais, je ne lirai plus de la même façon les classiques Sainte- Beuve ou Maupassant-  et surtout je cours à la recherche des «nouveaux » Jean Louis Dubreuil, Stéphane Lefebvre ou Yvon Le Roy, pour ne citer qu’eux.
Ce livre redonne vie à la littérature en nous inscrivant fidèlement « dans les pas des écrivains,» comme son titre l’indique, témoignant autant de la diversité et la richesse parfois oubliées de la vie et de la ville de Boulogne-sur-mer. Un vrai bonheur et un petit trésor !
>> Pour l’acquérir : amisdickensfrance@outlook .fr
12€,90 + frais d’envoi -par chèque au nom de Anne Marie Cojez

ApK.
22/05/22

Félix Mendelssohn et l’Angleterre

Quand Félix Mendelssohn Bartholdy (*1809), jeune musicien prodige, arrive à Londres en 1829, il est accueilli par le couple Ignaz et Charlotte Moscheles, à l’instar du poète Heinrich Heine qui avait séjourné à Londres deux ans auparavant. Le compositeur et pianiste Ignaz Moscheles, originaire de Prague, s’était installé à Londres en 1821 et enseignait le piano à la Royal Academy of Music. Il comptait parmi ses élèves la jeune Fanny Dickens, la sœur aînée de Charles Dickens.

A son arrivée à Londres, Félix Mendelssohn jouit déjà, malgré son jeune âge, d’une grande renommée. Il gardera de son séjour un excellent souvenir. En dehors de la capitale britannique, il entame un important voyage en Ecosse où il rencontre brièvement le célèbre romancier Sir Walter Scott. Le séjour en Ecosse et ses paysages ne lui inspirent pas seulement de nouvelles compositions (« Les Hébrides » et « La symphonie écossaise ») il en rapporte aussi de nombreux dessins et aquarelles.

En 1833, Felix Mendelssohn revient à Londres avec son père pour assister au baptême de son filleul Felix, le nouveau-né du couple Moscheles. Felix Moscheles qui deviendra peintre jouera plus tard un rôle important en tant que pacifiste.

Par la suite, Felix Mendelssohn effectuera encore d’autres séjours en Angleterre, ainsi en 1837, 1840, 1844, 1846 et 1847. Il dirige souvent ses œuvres (« Le Songe d’une nuit d’été » ou son oratorio « Elias ») à Londres, mais aussi à Birmingham. Il est reçu plusieurs fois par la reine Victoria et le prince Albert, tous deux musiciens amateurs.

C’est en 1844 que Felix Mendelssohn rencontre Charles Dickens dont il lit régulièrement les romans, mais aussi l’écrivain William Makepeace Thackerey.

Très éprouvé par ses multiples occupations en tant que compositeur et chef d’orchestre, Felix Mendelssohn meurt prématurément à Leipzig, à l’âge de 39 ans, le 4 novembre 1847, quelques mois après sa sœur Fanny.

Son petit-fils Albrecht Mendelssohn-Bartholdy (1874-1936), juriste et pacifiste, réussira à fuir l’Allemagne national-socialiste en emportant les fameux « Green Books » qui contenaient la correspondance de son grand-père. Il repose dans le pays que Felix Mendelssohn aimait tant.

Albrecht von Söhnen

Résumé de la conférence du 28 février 2022

Nouvel.le secrétaire général.e

L’Association des Amis de Charles Dickens évolue et grandit. Elle recherche une ou un secrétaire générale sur Boulogne/mer, ou dans le Boulonnais, qui serait chargée/é de la com., des relations avec le culturel et l’amical intergénérations. Pendant ce temps, la présidente actuelle pourrait à loisir développer la branche Paris. Alors, envie de se lancer? d’inventer et de créer des activités pour la rentrée? Prête? Prêt? On vous attend, bras et coeur ouverts. Contactez nous via le site, on est à votre écoute.

Dickens à Boulogne, c’est bientôt

Lundi 25 avril 2022 de 15h à 17heures

Maison des Associations, 19 Rue de Wicardenne

 62 200- Boulogne-sur-Mer

CONFERENCE

Les Boulonnais vus par Charles Dickens

donnée par Anne-Marie COJEZ

Dans un article intitulé Our French Watering Place paru en novembre 1854, Charles Dickens donne à voir non seulement la ville de Boulogne-sur-mer mais aussi ses habitants. Sur un ton léger il met en scène une population boulonnaise qui, par sa façon d’être, semble illustrer certains clichés circulant parmi les Britanniques à propos des Français.

Toutefois qu’on ne s’y trompe pas. C’est à un rapprochement des peuples que se livre le romancier grâce à des procédés d’écriture qui font émerger les traits d’une humanité partagée.

Ben Duke & Dickens: A tale of two cities au théâtre de la ville- Paris

En anglais surtitré français, le Conte des deux villes de Charles Dickens a été adapté à la scène par Ben Duke. ce qui à l’époque aurait pu s’inscrire dans les lectures -spectacles que donna Charles Dickens dans la deuxième partie de sa carrière à partir de 1858.

En l’occurrence, il fallait beaucoup d’audace, de sensibilité et d’imagination pour opérer des choix dans cette immense oeuvre au caractère à la fois historique et romanesque et la faire tenir sans défaillance en une heure et demie de spectacle. Et quel spectacle!

Ben Duke, l’a fait avec succès en combinant plusieurs moyens : Le théâtre bien sûr et le jeu exploratoire des situations que prépare le récit conté ensuite (déclamé parfois), renforce le filmé- voire la confidence filmée-, et met en valeur l’expression dansée- car la compagnie Lost Dog va au-delà de la chorégraphie dans la révélation de l’intime via la danse- mime, corporelle et émotionnelle. Une mise en abime complète en quelque sorte.

A cela s’ajoute le décor, une simple cabane un peu décadente; mais il y a le devant où tout se joue et s’interprète, le dedans où se déroule le « caché » secret, non- dit ou non -avoué, et l’autour où se bousculent histoires et personnages dans le quotidien.
Au départ, le spectateur est interpellé par Lucie Manette Junior, partie pour constituer un documentaire sur un évènement vécu dans l’enfance. C’est la clé d’entrée et la perception moderne de l’histoire qui conduit en quelque sorte vers une remontée originelle. La période passée évoquée est certes celle de la Révolution Française, et même de la Terreur.

Au long des découvertes scéniques se déroulent néanmoins autant l’histoire de la famille Manette- Darnay- d’Evremont, autour de Paris, car Londres est peu évoquée sinon comme sous-tendant le choix de vie de la famille, fuyant les violences Révolutionnaires, que la révélation progressive par questionnements successifs de Lucie Manette Junior de ce qui devient le secret de famille.

Le fil conducteur est bien de Charles Dickens, enrichi fort heureusement de citations superbes, mais le déroulé et le fond est bien autre. Dans Dickens, le secret de Charles Darnay, est celui du noble échappé à une tradition nobiliaire honteuse: le droit de cuissage et les meurtrissures infligées au « peuple » par le pouvoir, qui conduit une jeune victime et son frère à la mort, et la famille endeuillée à la haine et l’attaque révolutionnaire.

Or, le secret de famille de Lucie Junior, s’alourdit au cours de la version moderne par l’homicide, certes en légitime défense et en situation d’urgence, par Lucie Manette mère, de Mme Defarge , la soeur vengeresse de la victime de ce qui s’appelle un viol. De même le pauvre Charles Darnay-d’Evremond, réduit en fin de parcours à l’état d’alcoolique. Inouï et inédit chez Dickens! Il s’agit là visiblement de nécessités théâtrales, le nombre des personnages devant être réduit, et les scènes aussi explicites que possible, mais ces quelque libertés transforment l’orientation humaniste Dickensienne des évènements…sauf que la pièce se termine sur la magnifique et ultime pensée de Sydney Carton sur le sens de sa vie, de son sacrifice et de l’histoire. Qui devient le héros de qui et de quoi alors ?

La pièce est jouée à 90% en anglais (excellente initiative) surtitrée en français et cette initiative apporte doublement au spectateur français, qui retrouve la richesse initiale de l’auteur d’une part, tout en étant sensibilisé à quelque interprétation langagière de l’autre. Cela ne gêne nullement, il ne s’agit que d’un point de plus car le sur-titrage ne prend pas d’espace, situé en haut de la scène et en caractères très lisibles.

Restent les acteurs-comédiens-danseurs: un rare et précieux combiné, où chacun trouve sa forme et ses modalités de jeu et d’expressions. La caméra qui filme les meilleurs (ou les plus durs) moments et les relance sur écran ajoute à la force d’expression qui se joue par la danse et le mouvement, voire l’agitation corporelle – par exemple Darnay se trainant ivre mort jusque devant la scène, ou Mme Defarge reproduisant la scène de violence subie par sa jeune soeur, ou encore le moment de méditation solitaire de Lucie Manette -mère, en plein désarroi devant la remontée des souvenirs qu’elle veut oublier et que sa fille ravive.

Chaque actrice-comédienne, acteur-comédien, garde sa personnalité propre et tous ont des qualités intrinsèques qu’il serait trop long d’expliciter. Mais remarquons au passage quand même les extraordinaires talents de Témitope- Ajose Cutting, tant dans sa magnifique déclamation modulée et hypersensible du monologue pourtant violent et cruel de Mme Defarge que dans plusieurs moments dansés tout aussi sensibles et expressifs. Nina Morgane Madelaine, porte en grande partie sur ses épaules l’ensemble du spectacle en criaillant parfois, mais son léger accent en anglais est délicieux et ajoute un zest de caractère à son personnage- de Paris à Londres ou l’inverse? -La sobriété de jeu de Valentina Formenti, Lucie Manette mère, dans la bousculade des émotions et remises en cause, est particulièrement signifiante et interpelle à la fois le regard et l’attention du spectateur. Hannes Langolf est un Charles Dornay tourmenté, imprévisible ou trop prévisible, en la circonstance indispensable car il EST le futur Charles Dornay post-épreuve, n’acceptant pas à postériori sa faiblesse d’alors et trainant une culpabilité indicible. John Kendall, le fils Sydney, annoncé d’ailleurs par Carton dont il a le prénom, est un accompagnant de chacun dans la famille: à casquette multiples, fils, frère avec un relent de petit-fils cordonnier, reste le plus calme et le moins hystérique du lot.

Enfin passons à deux éléments importants dans toute mise en scène: la lumière et la musique. La première littéralement éclairait souvent avec des tons différents les personnages et les filmages, un peu comme pour ajouter à la personnalité des uns et à l’impact des autres; un ensemble de variations très important et qui apporte beaucoup.
La musique qui annonce, conduit, souffle et soutient tout, est également bien dosée et anticipe ou accompagne parfaitement les mouvements dansés par exemple, mais pas seulement, car les moments de tristesse de Lucie-mère, vibrent discrètement et la musique joue son rôle elle aussi.

Un très bon spectacle, partant de Dickens peut-être mais qui s’en éloigne dès les premiers mots, pour devenir une quête complète de soi et de chacun autour d’un secret de famille. L’historique n’est alors qu’un faible atour justifiant l’ensemble d’une broderie aux détails parfois prémonitoires.

ApK

Un conte des deux cités Théâtre de la ville à Paris- 22- 26 mars prochain

Voir la version en ligne
Théâtre de la Ville – Espace Cardin 1 avenue Gabriel – 75008 Paris
Paris et Londres, à l’heure de Robespierre.
Ben Duke adapte le chef-d’œuvre de Dickens associant magistralement danse, théâtre et cinéma.
A Tale of Two Cities   Ben Duke
du 22 au 26 mars 2022 – Les Abbesses
en anglais surtitré en français
À l’heure du Brexit, retrouvons des liens passionnels entre Paris et Londres !
Ben Duke nous invite à partager son regard sur Le Conte de deux cités, ce grand roman de Charles Dickens, l’un des plus vendus de l’histoire littéraire. L’histoire se déroule au coeur de la Révolution française, entre prise de la Bastille, terreur et histoires de coeur. Le chorégraphe britannique revisite l’histoire du point de vue de Lucie Manette, personnage central faisant le lien entre les familles parisienne et londonienne. Idéal féminin de l’époque, elle n’a pourtant pas reçu de la part de l’auteur toute l’attention méritée, dit Ben Duke qui lance sa propre investigation. Entre documentaire et confession intime, la danse et la caméra rétablissent la justesse émotionnelle de Lucie qui réunit à nouveau les protagonistes, en rétrospective, pour mieux comprendre sa vie.
A tale of two cities de Ben Duke est une adaptation théâtrale et dansée triomphale du classique de Dickens qui mérite d’être découverte bien au-delà du cercle des passionnés de danse ou des fans de Dickens. The Guardian
La compagnie Lost Dog – dirigée par Ben Duke – possède une gestuelle qui réussit à se situer quelque part entre la grâce pure de la danse et la spontanéité violente des mouvements de public d’un concert rock indée. Lorsqu’ils ne s’enlacent pas poétiquement, les danseurs rebondissent et vibrent tels des adolescents dans l’obscurité. The i Paper
Théâtre de la Ville – Espace Cardin 1 avenue Gabriel – 75008 Paris

Le repas de l’amitié :Vendredi 18 mars

210ème Anniversaire-Naissance de Ch Dickens
Avec pour invité d’honneur
                             Monsieur le Professeur Alain Joblin
      Restaurant : L’orée du Bois : 20 rue de la Marne -Condette
 Friendless I can never be, for all mankind is my kindred, and I am on ill terms    with no one member of my  great family. Master Humphrey’s Clock
.
Sans ami, jamais je ne  pourrai l’être, car toute l’humanité est ma parente et je ne suis en mauvais termes avec aucun membre de ma grande famille.

Au Programme : Hommages et Lectures poétiques

À Janine WATRIN et À Nos Amies Disparues

En Mémoire de Charles DICKENS: Lectures d’extraits choisis de ses oeuvres

 Toast   À Sa Majesté Elisabeth II d’Angleterre                                                 

« The loveliest things in life are but shadows; they come and go, and change and fade away »-
« Les choses les plus agréables en cette vie ne sont que des ombres; elles vont et viennent, et changent et s’évanouissent «  Vie et aventures de Martin Chuzzlewit