Le coin lecture

)Vous avez publié un ouvrage sur Dickens (essai/biographie/traduction)  en français ou en une autre langue? Vous souhaitez faire connaitre ou organiser une rencontre autour de votre livre? Contactez- nous

Vous enseignez l’anglais ? Vous souhaitez faire  découvrir Dickens autrement? Par son théâtre? Un conte de Noël? Une lecture publique? Interactive?  Contactez- nous.

Vous avez fait quelque trouvaille sur ou autour de Dickens, son  époque, ses activités, sa vie? Vous  souhaitez les  partager vos impressions? N’hésitez pas! contactez-nous

En attendant… Bonnes lectures et à bientôt!

*** *** ***

Un petit plaisir bien agréable…comme tous les petits plaisirs et les surprises… Nous  abandonnons Charles Dickens mais nous restons en Angleterre rassurez-vous! Parlons musique, année 1970 et découvrons la dernière parution de Jérôme Pintoux- en cette fin de mois d’octobre.

couve Vinyles Vintage

*****     *****     *****      *****   *****
*****     *****     *****
*****
Ce qui suit n’est pas une nouveauté, mais la lecture en vaut largement la peine. Il s’agit de Michael Slater : An intelligent person’s guide to DICKENS (Duckworth publishers 1999)

slater an intelligent guidePourtant voici un bref guide sur Dickens bien utile et flatteur…pour le lecteur qu’il enrichit énormément
Car le livre est si bien construit qu’en moins de 120  pages et les six courts chapitres énumérés ci-dessous, il ressort de sa lecture une vision claire des caractéristiques les plus marquantes de l’oeuvre et de l’auteur.
Les six chapitres, hors la préface sont les suivants:
. Fancy : l’Imagination>>  « sa philosophie »et « ses yeux de lynx »  …
. Innocence: …ou l’Enfance>>  « It is good to be children »
. Responsability and Earnestness: Responsabilité et Conscience >>  « whatever I have tried to do in life, I have tried to do well »… »in great aims as in small, I have always been thoroughly in earnest ». Tout ce que j’ai pu faire, j’ai essayé de le faire bien; avec de grands ou de petits projets, j’ai toujours été consciencieux;
. Progress : Progrès>> « We seek to bring into innumerable homes, from  the stirring world around us, the knowledge of many social wonders… » Nous cherchons à apporter dans d’innombrables foyers dans le monde tournoyant autour de nous, les savoirs de nombreuses merveilles sociales.
. Home :  Le foyer>> « Before marriage or afterwards, let[young couples] learn to center all their hopes of real and lasting happiness in their own fireside[…] let them cherish the faith that in home lies the only true source of domestic felicity… » Avant ou après le mariage, que les jeunes couples apprennent à centrer leurs espoirs de bonheur réel et durable sur leur propre foyer[…] Qu’ils aient foi en ce que le foyer est la source unique de  leur félicité domestique »
. Faith : Foi>> « I commit my soul to the mercy of God through our Lord and Saviour Jesus Christ. »  Je remets mon âme à la grâce de Dieu par l’intermédiaire de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.
Tout les sens et les aspects ambigus et contradictoires de l’oeuvre, de l’homme et du personnage sont contenus dans ces titres. Un livre simple et complet pour commencer toute étude ou réfléchir tout simplement.

*****       *****       *****
*****       *****
****
Quelques idées de lectures 

J.W. une histoire d'amitiéJanine Watrin : Charles Dickens &M. Beaucourt-Mutuel : Une histoire d’amitié/ The History of a Friendship– publication bilingue (coll. Histoire littéraire, éd. du Sagittaire 2013) .
Voilà un bel ouvrage bien documenté, original et plein d’humour, tant dans sa forme que sur le fond. Méthodique, organisé avec soin et précision et dans le même temps, tout en finesse masquant à peine un discret sentiment d’affection pour  » l’Inimitable ».
Étrange,  le rayonnement de cette amitié exceptionnelle, pour le pays et pour ses habitants, du plus British des « Républicains », s’autoproclamant « citoyen français » et illustrant à lui tout seul l’Entente Cordiale, non sans une pointe de provocation quand même.
Charles Dickens et la France, c’est une histoire de respect mutuel. Charles Dickens et Boulogne- sur -mer, c’est une flamboyante amitié entre la ville, qu’il para de toutes les vertus et dont il accepta tous le brouhahas désordonnés, ses environs qu’il explora consciencieusement jusqu’à s’établir en famille à Condette, un havre de paix estival et magique. Charles Dickens et les Boulonnais, c’est cette histoire unique d’amitié profonde, forte avec M. Beaucourt Mutuel,  que rien ne laissait présumer et au-delà de ce qu’on aurait pu espérer.
Et, du coup, nous voilà embarqué avec Dickens, sa famille, ses personnages et ses oeuvres, son ami Beaucourt, et peut-être même… ses amours…
Ceci dans les deux langues empruntant deux tonalités : celle de la compétence et celle de la complicité. Que vous les lisiez en un anglais parfait,  et/ou en français, vous serez entraîné avec aisance dans une remarquable histoire et vous n’y trouverez que du plaisir et de plaisants clins d’œil.
Ap.K
6/8/2017

histoires policièresCharles Dickens : Histoires policières-traduction de Reprinted Pieces  par Alain Gnaedig  avec une introduction du même (éd.Calmann-Lévy 2002).
Les lecteurs français aiment bien suivre les promenades de Dickens dans le Londres nocturnes des années 1850- la plupart publiées dans Household Words- la revue qu’il dirigea pendant 9 ans.
L’idée de cette parution est de présenter les actions de la police et des policiers -le célèbre inspecteur Field et son équipe.
En effet la célèbre London Metropolitan Police,  police de professionnels, venait de naître remplaçant les anciens agents des paroisses-des entités administratives, accessoirement religieuses- dépassés par le développement de la pauvreté et de la délinquance à Londres, alors la plus grande capitale d’Europe.
Voilà donc le lecteur curieux entraîné derrière Field avec Dickens dans les bouges les plus misérables et les plus malfamés de la ville: Les Misérables version  British Police et Dickens…mais rien à voir avec l’inspecteur Javert.
Field et ses hommes sont sur le terrain et dans le milieu, ils observent, il ne poursuivent personne que la misère, et ils se montrent aux délinquants qui les connaissent, les redoutent et les respectent.
On trouve donc les textes de base que l’on retrouvera plus tard dans d’autres traductions
Les détectives
Trois anecdotes de détectives
En patrouille avec l’inspecteur Field
Avec la marée
Une langue directe et plutôt brute reflétant bien la situation et le point de vue des uns et des autres, y compris un argot imagé des populations pauvres réfugiés à Londres, vivant dans des conditions innommables. Où l’on voit Charles Dickens discrètement exercer ses qualités fondamentales: la générosité et l’empathie.

Londres v2

Découvert au cours d’une exploration dans une médiathèque : Charles Dickens, Londres la nuit  paru en 2013 aux éditions Rivages poche/Petite Bibliothèque, est un florilège de neuf récits de Dickens publiés dans ses revues Household Words et All Year Round ainsi que dans The Uncommercial Traveller entre 1850-52 et 1869.
Parfaitement, précisément traduit et présenté par André Topia, cet ouvrage ouvre un large champ d’observations et de réflexions sur les parcours et visites nocturnes de Dickens, dans ce Londres sinistre et misérable qu’il exploitera ensuite dans ses romans. Mais surtout il  positionne le romancier dans sa dimension d’observateur-réformateur social engagé, généreux et courageux, même si parfois il semble demeurer dans le schéma bourgeois de l’époque.  Il nous est impossible de faire un choix parmi ces récits pour vous les présenter, alors contentons nous de vous en citer les titres, pour vous informer et peut-être vous tenter: 
Nuit sans sommeil
Perdu
Un quartier perturbé
Promenades nocturnes
La police enquête
En tournée avec l’inspecteur Field
En suivant la marée
Scènes nocturnes à Londres
Un amateur fait sa ronde

Tout Dickens se retrouve dans ces neuf  récits, comme des photographies nocturnes en mots et en images bouleversantes dont  ni l’auteur, ni le lecteur ne sortent intacts.
Des textes à relire d’urgence pour transformer le regard, la lecture et le sens des œuvres de ce magnifique sociologue et romancier de tous les temps et de tous les lieux, car ce qui frappe le plus dans ces récits, c’est leur contemporanéité: Sommes nous à Londres au 19è siècle ou à Paris/ New York/ Rio de Janeiro/ Madrid / Bruxelles ou Amsterdam  de nos jours. Toute la richesse d’une oeuvre intemporelle en peu de mots.
 Ap.K
25/7/2017

***   ***   *** 

Capture jennyLe dernier livre de Jenny Hartley, professeure de littérature anglaise à l’Université de Roehampton, près de Londres, spécialiste de Charles Dickens, Charles Dickens, an introduction (OUP2016) est un indispensable petit trésor, clairement cadré, sans laïus inutile. En effet, concis et innovant (6 chapitres, un récapitulatif de la vie de Dickens, la bibliographie et les photos : en tout 150 pages) il s’agit là bien d’ « une introduction » à un autre monde Dickensien,  par une relecture active contemporaine.  Si j’osais m’écarter du titre, je choisirais plutôt  « un regard sur la modernité de Charles Dickens ». Ce qui change de l’habituelle image misérabiliste!
Car tout- l’oeuvre, la pensée, les actions, les combats de Dickens, tout porte l’empreinte de la modernité.
Dès l’ouverture, plonger dans l’inégalable Oliver Twist, nous renvoie au Kid à Charlie Chaplin et à tous les cinéastes qui ont abordé cette racine première de vie, l’enfance. Tous les grands cinéastes ont été émerveillés par la vitalité  puissante des personnages, le découpage des séquences, les rebondissements et autres empreintes marquant le grand récit de celui qui le projette sur son écran mental.
De là, il n’y a qu’un pas vers  le secret de l’homme qui ne livre rien de son être intime au public, pas même à ses enfants, mais fait parler David Copperfield. En déroulant les vies des personnages, on retrouve pourtant les trauma d’enfance, auxquels s’ajoutent les observations, les constats et les engagements de l’homme. Comme la misère et la souffrance ont gardé leur pleine place dans la société contemporaine, Charles Dickens se révèle « réformateur », « radical », et dénonce l’état de la société et pas vraiment à demi-mot.Cependant, journaliste ou romancier plus que reconnu et admiré, l’homme le plus grand de son temps doit rester prudent face aux risques et manoeuvres  politiques du temps. D’où cette élégance puissante et pleine d’humour de la langue et des images, l’invention des noms des personnages, la moquerie contre les circonlocutions qui comme de toutes prétentions qui demeurent d’actualité partout…

Oui, le nouveau livre de Jenny Hartley, ouvre des perspectives contemporaines qui agrandissent- s’il en était besoin- l’aura de l’« Inimitable », tout en satisfaisant les lecteurs. Un livre utile voire indispensable à tout prof d’anglais, de civilisation comme de littérature anglaises et à tout passionné de Dickens tout simplement.
Ap.K.
20/06/17

uRANIA COTTAGE

Toujours de Jenny Hartley : Dickens and the house of fallen Women*, ( éd. Methuen 2010)
Elle y révèle Dickens, transfiguré par ses actes et son implication dans la réalité sociale et sociétale de son époque. Car savez-vous que le grand auteur de la misère humaine était avant tout un bienfaiteur des miséreux et des personnes en souffrance? Ses livres et ses écrits dénonçaient ce qu’il observait quotidiennement quand il arpentait de jour comme de nuit les rues pouilleuses de la City et de Londres où se concentraient tous les malheurs humains que puisse engendrer une société aux codes rigide, imposés par les pouvoirs de classe et d’argent.

Connaissiez-vous l’existence du foyer – oui « home »- pour les jeunes femmes en perdition, perdues que Dickens recueillaient dans les rues, qu’il éduquait, aidait, suivait  et même reconstruisait, à chaque instant du jour et de la nuit, pendant un combat d’une dizaine d’années? C’est de ce foyer- et non de ces centres d’accueil institutionnels où elles étaient humiliées et utilisées par ces « âmes charitables » qu’on trouve partout- Oui, un home , une famille, dont il est question dans ce magnifique ouvrage. Ce foyer qu’il a régenté dans les moindres détails et strictement géré avec l’aide financière de Miss Coutts, grande et généreuse banquière. C’est dans ce foyer qu’il a  peut-être trouvé les sources des histoires  de vie, qu’il ré-écrivait sous forme de romans certes, lui permettant de dénoncer les incohérences de l’époque – et réparer au mieux les misères engendrées, sachant les risques que toute transgression impliquait.
Ce livre sensible et précis de Jenny Hartley nous met en contact direct avec ce Dickens écrivain unique, idéaliste actif, au service de jeunes filles des rues, et de tous ceux marginalisés et abandonnés à leur misère par des exploiteurs.
Oui, Dickens réformateur social, humain et attentif, présent à l’autre en toutes circonstances, qui a accompagné nos lectures de jeunesse et qui désormais nous ouvre son monde de l’action sociale? Cette oeuvre sociale unique en son genre et en son temps où il sauva plus de 120 jeunes filles le démontre mieux que toute autre, et surtout nous permet de relire son oeuvre en l’inscrivant dans un contexte et de ce fait en la comprenant plus intimement.
C’est la richesse du livre de Jenny Hartley qui nous y conduit.
Ap.K.
20/05/2017
*le livre a paru en français sous le titre « Le foyer de Charles Dickens pour les filles perdues » (2014, éditions edilivre.com)
                                                                                                                                                       

2zweigStefan Zweig : Trois maîtres, publié à Vienne en 1929  et repris dans les éditions de poche en 1999 est un peu décevant.
Pourquoi ? Peut-être parce que tout le monde connait l’extraordinaire talent de Zweig biographe, romancier, noveliste et  l’on devient exigeant. Les trois maîtres qui se rencontrent sous la plume de Zweig sont – dans l’ordre- Balzac, Dickens et Dostoïevsky, aux yeux de l’auteur, les maîtres de la littérature du 19ème siècle et peut-être même de toujours. Un choix certes heureux mais curieusement composés.  Mais peut-être aussi parce que ces trois textes d’une quarantaine de pages chacun (un peu plus pour le Russe) ne sont ni des essais, ni des biographies, ni même des analyses critiques présentées dans une revue ou lors d’une brève causerie  littéraires.
Les textes présentent les écrivains comme les représentants de la société de leur  temps. Combative, arriviste et fière la société napoléonienne, pour le laborieux Balzac qui parcourt le chemin de la gloire et de l’argent ; molle, dure, intolérante et méprisante, la société britannique victorienne face à la misère que son âpreté du gain et de domination de classe, place sous « l’oeil de glace » de Dickens – qui y aurait trouvé sa place, en utilisant ses origines et la conquête de son immortalité et de sa popularité hors du temps et hors des classes sociales (cynique Dickens?  larmoyant? Oh!) ; tourmentée, violente, misérable et folle, dissimulée et dangereuse que Dostoïevsky aurait traduit dans ses Crimes et Châtiments, où s’étoffent le mensonge, la mort et la haine du pouvoir meurtrier en place.

Certes, mais tout n’est pas dit dans ces présentations laudatives à l’excès, influencées par une connaissance de la psychologie naissante, qui restent cependant très inabouties et pâles au vu de ce que l’on aurait pu espérer d’un tel Maître (notre 4ème).
Ap.K.
05/2017

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s