Généreuse et mouvementée: Sa vie

Les trois articles de présentation de la vie et l’oeuvre de Charles Dickens ont été traduits et adaptés d’après leur équivalent sur le site et avec l’aimable autorisation de la Dickens’ Fellowship.
Les amis français remercient vivement leurs correspondants et amis londoniens de leur confiance. 

Le parcours de Dickens pourrait se décliner en trois étapes : de 1812 à 1834/35 ; de 1836 à 1856/58 ; et de 1858 à 1870.

L’enfance bousculée d’un enfant responsable -1812-1834
Charles Dickens est né en 1812 à Porthsmouth où il habitera jusqu’à l’âge de 3 ans,   son père, commis aux Affaires Maritimes ayant été muté à Londres en 1815..
Son enfance est bousculée par les déménagements successifs de ses parents qui le conduiront dans le Kent à Chatham
prison de Marshalsea fin 18èA Londres en 1824 alors qu’il n’a que 12 ans, son père est emprisonné pour dettes à la Maréchaussée. Charles découvrira simultanément l’effroyable misère du milieu carcéral et celle non moins terrible d’autres enfants de son âge ou plus jeunes en travaillant pendant deux ans dans une usine de fabrication de cirage installée dans un Hungerford Stairs, quartier populeux et malsain.
Endossant des responsabilités d’adulte prenant en charge, par son travail, sa famille emprisonnée, il mûrira rapidement et acquerra une certaine autonomie matérielle, logeant seul dans une petite mansarde mais prenant ses repas « at home » c’est-à-dire en prison avec sa famille. Il y gagnera surtout son indépendance intellectuelle en s’inscrivant dans les bibliothèques, lisant, observant et réfléchissant : des années déterminantes.
C’est à ce moment de sa vie qu’il prend l’habitude de parcourir les rues de Londres et de se confronter aux réalités sordides de la vie des pauvres.
Il travaille sans relâche, de sorte qu’à 15 ans il est clerc d’avoué ; à dix-sept rédacteur parlementaire, et à vingt ans est bien lancé comme journaliste et même éditeur de revues (cf. onglet Le Journaliste)
À vingt-quatre ans il atteint une notoriété suffisante comme écrivain, pour faire son entrée dans les salons, se marier, fonder et suivre de près une grande famille de dix enfants et bien déterminé à occuper la place sociale de choix qui lui revient. (cf. intra onglet L’écrivain –romancier)

Vingt ans d’actions de la vie d’un humaniste -1836-1856 
Capture CD young
Installé dans son rôle de journaliste et d’écrivain, son génie littéraire reconnu, il ne peut qu’avancer, à raison d’un livre tous les deux ans et d’articles innombrables dans ses revues et magazines.
Il est pleinement engagé dans l’action que l’on nommerait sociale. Arpenteur des rues de Londres, il en connait les quartiers mal famés ; il parle, écoute, apporte discrètement et directement quelque aide ici ou là, note, repère et retranscrit dans ses articles ce qu’il a glané en route
Il marche, il parle et il visite. Il visite les hospices de nuit, aux salles glacées ; les ouvroirs où des femmes s’échinent dans des tâches humiliantes ; les maisons pour « pénitentes repenties » dont la discipline, féroce ajoute le désespoir à la honte; les orphelinats où les enfants abandonnés meurent de négligence, de peur et de faim ; et même les prisons cauchemardesques du Royaume Uni. Il crée des liens avec les officiels : gouverneurs des prisons, médecins, directeurs d’établissements qui ne peuvent rien lui refuser.
En 1836 il rencontre Miss Angela Coutts, une banquière milliardaire, philanthrope dont il devient le conseiller pour les œuvres sociales : rencontre déterminante qui lui permettra d’agir directement sur le terrain tout en dénonçant dans ses romans les injustices faites aux « miséreux »
En 1838, il inspecte une école de garçons dans le Yorkshire, suite à une information sur des brutalités ; la même année il visite les usines de Manchester et de Birmingham et est atterré des conditions de travail des ouvrières.
En 1840, il rencontre Carliste qui deviendra un grand ami, éclairant et renforçant ses convictions.
Aujourd’hui on dirait qu’il est militant ; acteur de terrain, un humanitaire avant la lettre, a- politique (il raille abondamment les politiciens dans ses écrits). Ainsi en 1841, il refuse la députation de Reading et un an plus tard, il refuse un siège aux Communes.
En 1843, il étudie les conditions d’apprentissage dans les ragged schools, ces écoles pour les pauvres, et en fondera quelques-unes pour Miss Coutts, dont il suivra l’évolution au fil du temps.
Et il lutte pour lui et lutte pour tous ces autres, toutes ces situations dramatiques qu’il s’épuise à dénoncer dans ses romans à écrire.
En 1856, il acquiert le manoir de ses rêves d’enfant, à Gadhill dans le Kent, récompense suprême qu’il s’octroie à lui-même.

La maturité et le retour aux sources – 1858- 1870
Les sources, ce sont la création littéraire et le public. Charles Dickens a joué à fond le rôle social qu’il s’était plus ou moins fixé. Il est reconnu mondialement, il a côtoyé la Reine (qui l’a fait baronnet), et la rue dont il porta la voix.
Divorcé -un scandale à l’époque-, ses enfants devenus adulte, il fait ses choix, il aime une jeune actrice, Ellen Ternan (aussi discrètement que possible, sous la réprobation générale).
Il entreprend de donner une nouvelle dimension à sa carrière d’écrivain et d’homme de scène, acteur et il s’offre au public en lectures de ses œuvres. Il s’épuise en tournées à travers l’Écosse, l’Irlande, les comtés d’Angleterre, l’Amérique et se plait sur le continent en France, en Suisse, en Italie
Toujours profondément généreux et attentif aux autres, il consacre le revenu de nombreuses lectures publiques à des œuvres caritatives un peu partout y compris à l’Ambassade du R.U.de Paris, en faveur de ses concitoyens démunis.
Il meurt le 9 juin 1870 à Gadshill, d’une hémorragie cérébrale, après une vie incroyablement remplie, généreuse et belle au sens le plus noble. Il est enterré à Westminster Abbey.

Le site de Wikipedia- France,  offre  également un excellent article sur la vie de Dickens, riche en bibliographie et en informations très utiles: vous pouvez le consulter sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Dickens

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