A vous la parole

Seront publiés dans cette section les articles proposés par vous tous amis de Dickens, suite à des activités, sorties et rencontres organisés ou non par l’association , autour de Dickens ou non , mais destinées à enrichir nos plaisirs et nos découvertes.
En somme une tribune libre pour tout ce qui a plu  autour d »un temps partage et peut plaire aux absents .
C’est à vous, c’est à nous tous, si vous le voulez.

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Un Noël 2016 Exceptionnel

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La chorale de Condette             

Chaque année l’Association des Amis de Charles Dickens Boulogne-Condette organise un goûter de Noël auquel sont conviés adhérents et non adhérents. Ce goûter a lieu dans la commune de Condette, un des lieux de séjour français de Charles Dickens.

salle_petit_bois_condette (2)Il se tient dans la salle du Petit Bois gracieusement  mise à disposition par la 
mise à disposition par la municipalité. 
Lors de ce goûter, quelques membres de l’association ont pour coutume de présenter une ou deux saynètes adaptées d’un texte de Charles Dickens.
En 2016, c’est le Conte de Noël, Somebody’s Luggage (Les Bagages de quelqu’un) qui a été choisi. L’épisode mis en scène correspond au chapitre II, intitulé His Boots (Ses Chaussures).
Somebody’s Luggage a paru en 1862, dans All the Year Round, journal dont l’écrivain était le rédacteur en chef. Il y met en scène un maître d’hôtel employé dans un établissement londonien, qui, intrigué par les bagages qu’un voyageur a laissés dans une chambre six ans auparavant, décide de les racheter pour le prix de la note impayée par ce dernier. Il vend bientôt les objets qui les composent et porte à un éditeur les deux nouvelles inscrites sur les manuscrits qui les accompagnent. Mais alors que les épreuves  sont présentées au maître d’hôtel pour correction, le voyageur réapparaît. Contrairement aux craintes de l’employé, celui-ci se montre enchanté de la publication imminente de ses textes. Il se met alors en devoir d’en améliorer la facture et fait tant que l’éditeur finalement les refuse. 

Le premier récit écrit par le voyageur inconnu est celui qui constitue le chapitre II de la nouvelle. C’est celui qui a été mis en scène par les adhérents de l’association. L’action se situe dans une ville fortifiée du nord de la France. Un caporal, en garnison dans ce lieu, s’est pris d’amitié pour une petite fille que sa mère a mise en nourrice chez un barbier. Un Anglais d’un certain âge observe la relation entre ces deux êtres. Le lecteur apprend qu’il a renié sa fille et refusé de faire connaissance avec l’enfant qu’elle a mise au monde. Il est venu en France pour distraire son chagrin mais le spectacle de l’enfant et du militaire ne fait que raviver ses souvenirs de père. Peu à peu il se rapproche d’eux et son cœur s’attendrit. Un jour survient un incendie dans lequel le caporal décède accidentellement. Le vieil Anglais décide alors de le remplacer auprès de la fillette. Il l’emmène en Angleterre où il compte rejoindre sa fille et sa petite-fille, en sa compagnie.
remparts_montreuil_vue_ancienne (1)La ville choisie par Charles Dickens comme cadre de l’action se veut le parangon de la « morne vieille ville française fortifiée ». Ce faisant, elle présente des ressemblances notables avec la ville de Montreuil-sur-mer telle qu’elle était au 19ème siècle. Située à environ 40 kilomètres de Boulogne-sur-mer, elle fut longtemps relais de poste sur la route de Calais à Paris. Charles Dickens l’a maintes fois traversée et y a probablement fait étape.  Comme la ville qu’il décrit, elle a été fortifiée par Vauban.

A l’époque où l’écrivain situe son histoire, elle abritait encore une garnison. Située dans une région humide, elle est entourée de cours d’eau et de marais comme l’est Vauban, la ville évoquée par Charles Dickens. Comme c’est le cas pour cette dernière, les paysans des alentours y convergent pour le marché hebdomadaire et elle est un lieu de prédilection des visiteurs anglais.
Dans un clin d’œil lancé aux Boulonnais, le romancier y fait évoluer Monsieur Mutuel, l’aimable propriétaire qui lui loua une villa lors des trois étés passés dans la station balnéaire de Boulogne et le reçut à l’époque de sa relation avec Ellen Ternan à Condette. C’est d’ailleurs à l’époque de sa relation avec celle-ci qu’il fit paraître la nouvelle.
Cette proximité géographique et chronologique a pesé sur le choix de cette partie de Somebody’s Luggage pour la représentation du goûter de Noël.

 ©Anne-Marie Cojez
Vice-Présidente de l’Association des Amis de Charles Dickens, Boulogne-Condette

Et voici le texte adapté par Anne- Marie Cojez et interprété par les amis de Dickens
                                                            ***
                          Association des Amis de Charles Dickens Boulogne-Condette
                                          Noël 2016 – 
Les Bagages de quelqu’un
                                            Conte de Noël de Charles Dickens
Paru en  1862 dans le magazine All the Year Round dirigé par Charles Dickens

Adaptation théâtrale du chapitre II, intitulé Ses Chaussures
A partir de la traduction de Sylvère Monod parue in La Maison d’Âpre-Vent

-bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1979-  Par Anne-Marie Cojez ©

Les personnages
Madame Bouclet.  Petite bonne femme trapue, d’environ 35 ans. A hérité d’une petite brasserie que tient, sans grande conviction, son mari. Elle loue la quasi-totalité de sa maison aux voyageurs, et vit au fond de la cour.
Monsieur Mutuel. Vieillard débonnaire. Un peu fouineur, il aime s’occuper de ce qui se passe chez les autres. Toutefois c’est un homme au grand cœur. Il porte un pantalon large. Il arbore la légion d’honneur à la boutonnière.  Il est coiffé d’une casquette. Il porte un parapluie dans une main et une tabatière dans l’autre. Il marche d’un pas traînant. Il aime faire son petit tour matinal. 
Monsieur Langley. Citoyen britannique séjournant dans la ville française de Vauban. Les habitants de Vauban l’appellent M. l’Anglais. Il parle français avec l’accent anglais. Il vient pour la première fois sur le continent. Il est seul. Il est violent et coléreux. Il tient la douceur pour une faiblesse. Il est venu en France pour fuir le souvenir de sa fille qu’il a chassée de chez lui parce qu’il la jugeait dévoyée et désobéissante. Il a une petite-fille qu’il ne connaît pas.
Bébelle. De son vrai nom Gabrielle. C’est une fillette tout juste sortie de la petite enfance, courtaude et rondelette. Elle a été mise en pension chez la femme du barbier mais celle-ci ne s’occupe pas d’elle.
Le Caporal Théophile. Bel homme, d’environ 30 ans, bien fait, à la mise soignée. Il est droit et courageux. Il s’est pris d’affection pour Bébelle, la fillette abandonnée. Il meurt au cours d’un incendie qu’il participait à éteindre.
Les personnages intervenant dans l’adaptation du chapitre II
Mme Bouclet

1. Mutuel
2. Langley
Ont été ajoutés des lecteurs qui résument les événements survenus entre chaque scène et lisent des extraits du texte de Charles Dickens
Lecteur 1 (résumé des scènes intermédiaires)

Lecteur 2  (lecture de passages extraits de la nouvelle)
Ont également été ajoutés des figurants pour représenter la population de Vauban  Soldats, marchand(e)s, ménagères, voyageurs/voyageuses
                                                     ***
Scène 1 :  Mme Bouclet, M. Mutuel, M. Langley
somebody_luggage_dickens_2C’est le matin, la scène se passe devant la maison de Mme Bouclet. On voit la porte du logis et une de ses fenêtres. Cette maison est située sur la place de la ville de Vauban. Des étals de fruits et légumes sont installés mais il n’y a encore personne hormis les deux protagonistes, Mme Bouclet et M. Mutuel. Ils sont en pleine conversation.

Mme Bouclet : _ « Eh bien alors, monsieur Mutuel, qu’est-ce-que je sais, moi, qu’est-ce que je peux vous dire ? Je vous assure qu’il se fait appeler Monsieur l’Anglais. »
Mutuel: _ « Je vous demande pardon mais cela me paraît impossible. »
Mutuel, se répétant: _« Cela me paraît, ma très chère Madame Bouclet, impossible !
Mme Bouclet, avec un petit cri de contrariété et force hochements de tête : _ « Mais ce qui est impossible, c’est que vous ayez une tête de cochon ! Alors, voyez … regardez … lisez ! Elle lui montre une liste des locataires affichée sur la porte de sa maison : « Au deuxième étage, Monsieur l’Anglais. Ce n’est pas cela ? »
Mutuel: _ « C’est bien cela ! »
Mme Bouclet : _ « Bon ! Continuez votre promenade matinale. Filez ! » Elle fait suivre ces mots d’un claquement de doigts vigoureux.
Mutuel éclate de rire, retire sa casquette avec la main dans laquelle il tient sa tabatière, et salue longuement Madame Bouclet. Puis il reprend sa promenade. On le voit s’éloigner de dos, la démarche traînante, le parapluie à la main.
somebody_luggage_dickens_1Mme Bouclet, elle suit du doigt la liste des noms affichés sur sa porte, s’arrête sur le nom de M. l’Anglais pour se prouver qu’elle a raison et relit : _ « Monsieur L’Anglais »
En femme qui veut montrer qu’elle est sûre d’elle, elle pose la main droite sur la hanche. Pendant ce temps, M. Langley apparaît à la fenêtre. Mme Bouclet ne le voit pas car elle lui tourne le dos. Elle fait quelques pas devant sa maison, et, ce faisant, dirige son regard vers les fenêtres de M. l’Anglais. Comme elle s’aperçoit de sa présence, pour ne pas avoir l’air de l’espionner, elle fait semblant de chercher quelqu’un dans la rue, regardant de droite et de gauche. Puis elle rentre chez elle, comme quelqu’un qui n’a pas trouvé ce qu’il cherchait.
Langley : _ « Je n’ai jamais vu un peuple pareil. Jamais de toute ma vie !
Des soldats entrent sur la place où ils se promènent nonchalamment. M. Langley les suit du regard, _Ces gaillards n’ont pas plus l’air de soldats … »
Il hausse les épaules et laisse sa phrase inachevée, gardant pour lui la suite de ses réflexions. Il se retire. Sur la place des vendeurs  entrent. Ils prennent  place derrière les étals. Des ménagères arrivent et commencent leurs achats. Scène muette.

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Lectures intermédiaires n°1
Lecteur 1 : Résumé des scènes intermédiaires
Langley passe beaucoup de temps derrière sa fenêtre. Il est seul et désœuvré. Il est venu en France pour essayer d’oublier un passé douloureux. En effet, il a jadis chassé sa fille dont il jugeait la conduite trop libre, et de ce fait n’a jamais vu l’enfant qu’elle a mise au monde. Toutefois ce qu’il voit ne cesse de le ramener à ce passé.
Lecteur 2 : Lecture d’un passage extrait de la nouvelle
« M. Langley ne pouvait pas regarder par la fenêtre sans contempler le caporal avec la petite Bébelle. Il ne pouvait pas faire une promenade sans rencontrer le caporal en promenade avec Bébelle. Il ne pouvait pas rentrer chez lui, dégoûté, sans rencontrer le caporal et Bébelle rentrés avant lui.
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S’il jetait un regard par sa fenêtre sur cour de bonne heure le matin, le caporal était dans la cour du barbier, à laver, à habiller et à peigner Bébelle. S’il se réfugiait devant ses fenêtres sur rue, le caporal apportait son petit-déjeuner sur la place et l’y partageait avec Bébelle. Toujours le caporal et toujours Bébelle. Jamais le caporal sans Bébelle. Jamais Bébelle sans le caporal. »

Scène 2 : Mme Bouclet,  M. Langley
Dans l’appartement de M. Langley.
Mme Bouclet, elle tient une lampe à pétrole à la main : _ « Désolée, Monsieur l’Anglais, le marchand n’a toujours pas réparé votre lampe. Tenez prenez celle-ci en attendant. »
Langley, il prend la lampe et la garde à la main ; il s’en montre encombré pendant tout le dialogue: _ « Merci Madame … », avec une certaine hésitation «_  Madame, cette enfant, … la fillette chez le barbier … »
Mme Bouclet : _ « A-h-h-h ! Oui, oui, oui ! Et son ami le caporal ? Oui, oui, oui, oui ! C’est si gentil de sa part … N’est-ce pas ? »
Langley: _ « Il n’est pas … ?
Mme Bouclet : _ « Pas du tout, pas du tout ! Il ne lui est pas apparenté. Pas du tout !
Langley: _ « Mais alors, il … »
Mme Bouclet : _ « Parfaitement ! Vous avez raison, monsieur. C’est si gentil de sa part. Moins il lui est apparenté, plus c’est gentil. Comme vous le dites. »
Langley: _ « Est-elle … ? »
Mme Bouclet : _  « La fille du barbier ? Pas du tout, pas du tout ! Elle est la fille de … bref, elle n’est la fille de personne. »
Langley: _ « Alors la femme du barbier ? … »
Mme Bouclet : _ « Sans aucun doute. Comme vous le dites. La femme du barbier reçoit une petite somme pour s’occuper d’elle. Tant par mois. Eh oui ! C’est certainement très peu de chose, car nous sommes tous pauvres ici. »
Langley: _ « Vous n’êtes pas pauvre, madame. »
Mme Bouclet : _ « Par la qualité de mes pensionnaires, non. », elle esquisse un sourire et incline gracieusement la tête « _ Pour tout le reste, comme ci, comme ça. »
Langley : _ « Vous me flattez, madame. »
Mme Bouclet : _ « Monsieur, c’est vous qui me flattez en demeurant ici. »
Langley ouvre la bouche pour commencer à parler mais Mme Bouclet l’interrompt. Elle préfère devancer ses questions.
Mme Bouclet : _ «  Oh non ! Monsieur, certainement pas. La femme du barbier n’est pas cruelle envers cette pauvre enfant, mais elle est insouciante. Elle a une santé délicate et elle reste assise toute la journée, à regarder par sa fenêtre. En conséquence, quand le caporal est arrivé ici, la pauvre Bébelle était très négligée. »
Langley: _ « C’est un curieux … »
Mme Bouclet : _ « Nom ? Ce nom de Bébelle ? Vous avez raison, monsieur, encore une fois. Mais c’est un diminutif amusant de Gabrielle. »
Langley, il prend un ton de désapprobation bourrue : _ « Alors cette enfant n’est qu’un simple caprice du caporal ? »
Mme Bouclet, avec un haussement d’épaules implorant : _ « Il faut bien aimer quelque chose. La nature humaine est faible. »
Langley, en grommelant: _  « Diantrement faible. »
Mme Bouclet : _ « Et le caporal étant cantonné chez le barbier où il restera probablement longtemps, trouvant cette pauvre enfant abandonnée qui avait besoin d’être aimée et se trouvant lui-même avoir besoin d’aimer … eh bien ! Maintenant vous connaissez toute l’histoire, voyez-vous ! »
Mme Bouclet reprend la lampe des mains de M. Langley, la pose sur la table, et quitte la scène.
Langley, seul: _ « Je n’y attacherais pas tant d’importance si tous ces gens n’étaient pas si sentimentaux. »
Lectures intermédiaires n°2
Lecteur 1 – Résumé des scènes intermédiaires
Le temps passe. Peu à peu, M. Langley se rapproche de Bébelle et du Caporal. Il va vers eux quand il les aperçoit. Il leur adresse la parole, serre la main de ce dernier, tapote la joue de Bébelle. M. Mutuel, de loin, observe ce rapprochement, ce qui agace M. Langley.
Un jour un incendie éclate. La solidarité des habitants permet d’en venir à bout.
Mais à la suite de cet événement malheureux, le caporal disparaît. Bébelle, quant à elle, est toujours là, mais amoindrie. Mal coiffée, mal habillée, elle a l’air effrayé et s’enfuit quand M. Langley s’avance vers elle. Puis elle disparaît à son tour.
Langley se demande ce que ses deux amis sont devenus.

Scène 3 : Mutuel, M. Langley
somebody_luggage_dickens_4Langley se tient devant son logis, sur la place. Il se gratte la tête, l’air grave, comme quelqu’un qui se pose une question. M. Mutuel approche, sa casquette à la main. Il a l’air préoccupé.
Mutuel, comme se parlant à lui-même : _ «  Ah ! C’est bien triste, c’est bien triste ! Hélas ! C’est bien malheureux, c’est bien triste ! »
Langley: _ « Est-ce que cela … ou plutôt je voulais dire, de quoi parlez-vous monsieur Mutuel ?
Mutuel: _ « Notre caporal. Hélas ! Notre cher caporal ! »
Langley: _ « Que lui est-il arrivé ? »
Mutuel: _ « N’en avez-vous pas entendu parler ? »
Langley: _ « Non. »
Mutuel: _ « Pendant l’incendie. Il était si brave, si empressé. Ah ! trop brave et trop empressé. »
Langley, l’interrompant avec impatience: _ « Que le diable vous emporte ! »,
puis se reprenant « _ Je vous demande pardon … je voulais dire m’emporte … je n’ai pas l’habitude de parler français. Continuez, voulez-vous ? »
Mutuel: _ « Et une poutre qui tombait … »
Langley: _ « Grand Dieu ! C’est un simple soldat qui a été tué ? »
Mutuel: _ « Non, c’est un caporal, Le Caporal en personne, notre cher caporal. Aimé de tous ses camarades. La cérémonie funèbre a été touchante … bouleversante.
Silence,
« _ Monsieur l’Anglais, vos yeux s’emplissent de larmes. »
Langley:  _ « Est-ce que cela vous re… »
Mutuel: _ « Monsieur l’Anglais, je respecte votre émotion. Je vous salue avec un profond respect. Je ne veux pas importuner votre noble cœur par ma présence. »
Mutuel s’éloigne, sa casquette à la main. Langley, seul. Il marche de long en large et se mouche à plusieurs reprises comme quelqu’un qui pleure.
Langley, pour lui-même : _ « Si j’avais su en visitant ce cimetière l’autre jour … J’y vais. Je trouverai bien la tombe du caporal. »
Langley s’éloigne, accablé. Il croise des soldats qui entrent sur scène et la traversent lentement. Ils portent une pelle sur l’épaule. Ils sont tristes.

Lectures intermédiaires n°3
Lecteur 1  –Résumé des scènes intermédiaires.
montreuil_sur_mer_cimetiere (1)Langley se rend au cimetière. Il y trouve Bébelle, endormie sur la tombe du caporal, un bras passé autour de la croix que les soldats ont plantée. Il se penche vers elle et la prend dans ses bras. Elle se réveille et le reconnaît.

Lecteur 2 – Lecture d’un passage extrait de la nouvelle
«C’est une grande distance que l’enfant avait parcourue sans aide. Elle fut bientôt rendormie, ses bras maintenant passés autour du cou de l’Anglais. Il regarda ses souliers usés, ses pieds écorchés et son visage las et songea qu’elle avait dû venir là tous les jours. Il allait quitter la tombe avec Bébelle assoupie dans ses bras quand il s’arrêta, abaissa pensivement son regard vers le gazon, puis regarda les autres tombes alentour. »
Lecteur 1- Résumé des scènes intermédiaires
Il décide alors de suivre la coutume française et achète deux couronnes. Elles portent l’inscription : « A mon ami ». Il dépose l’une d’elles sur la tombe du caporal, et donne l’autre à Bébelle pour qu’elle fasse de même.
Ceci fait, il reprend le chemin de la ville, Bébelle dans les bras. Arrivé sur la Grand -Place, il aperçoit M. Mutuel, qui, comme à l’accoutumée, est en train de l’espionner. Il l’évite et rentre chez lui. Peu après, il se rend chez la femme du barbier pour négocier avec elle le départ de Bébelle. Il a décidé de l’adopter.
Lecteur 2- Lecture d’un passage extrait de la nouvelle
« Comme son attitude d’ensemble et son caractère étaient inconciliables avec le fait d’enlever Bébelle en grande pompe, ou de recevoir des félicitations ou des compliments pour ce haut fait, il consacra la journée du lendemain à extraire ses deux valises de la maison de manière furtive et ingénieuse. Un train devait passer à la gare à minuit et c’est par ce train qu’il allait emmener Bébelle en Angleterre et retrouver sa fille pardonnée. »
Lecteur 2- Lecture d’un passage extrait de la nouvelle
« M. Langley laissa derrière lui la place, laissa derrière lui les rues, laissa derrière lui la ville habitée par les civils et descendit parmi les ouvrages militaires de Vauban, qui enserraient tout le reste. Et quand l’ombre de la première voûte épaisse et de la première poterne tomba sur lui, puis resta en arrière, quand l’ombre de la deuxième voûte épaisse et de la deuxième poterne tomba sur lui, puis resta en arrière, quand, au bruit caverneux de son pas sur le premier pont-levis, succéda un bruit plus doux, quand, au bruit caverneux de son pas sur le second pont-levis, succéda un bruit plus doux, quand il vint à bout des fossés stagnants l’un après l’autre, et émergea dans la campagne où coulaient les cours d’eau et où brillait la lune, alors aussi les ombres ténébreuses et les bruits caverneux et les courants pernicieusement contenus dans son âme furent libérés et vaincus. »

Scène 4  : 1- Langley, M. Mutuel, Mme Bouclet
La scène se passe sur le quai de la gare. A la fenêtre d’un wagon, on voit M. Langley. Il est assis sur une banquette. Il tient dans ses bras une forme de petite taille enveloppée dans une couverture. C’est Bébelle. Elle dort.
Des voyageurs passent sur le quai.
Mutuel et Mme Bouclet approchent du wagon où se trouvent M. Langley et s’arrêtent à sa hauteur. Mme Bouclet cache un bouquet derrière son dos.
Mutuel, tendant à M. Langley sa tabatière:  « Excusez-moi, monsieur l’Anglais. Je vénérerai à jamais cette petite tabatière si vous voulez bien y prendre une prise, de votre main généreuse, avant que nous nous quittions. »
Langley tend la main à travers la fenêtre et s’exécute. Il serre ensuite la main de M. Mutuel. Langley: _ « Adieu ! Dieu vous bénisse ! »
Mme Bouclet : _ « Dieu vous bénisse vous-même, monsieur l’Anglais. D’ailleurs Dieu vous bénira pour le bonheur de l’enfant que vous avez maintenant avec vous et sous votre protection. Dieu vous bénira chez vous en la personne de votre propre enfant. Dieu vous bénira dans vos propres souvenirs. Et voici quelque chose de ma part. »
Elle lui tend un bouquet qu’il saisit. Dans le même temps le chef de gare donne un coup de sifflet annonçant le départ du train.
Les voyageurs tendent une banderole sur laquelle il est écrit : « Hommage à l’Ami des Sans-Amis ».
Langley, embrassant Bébelle : « Ces gens-là ne sont pas méchants Bébelle bien qu’ils soient si … sentimentaux ! »
                                                                FIN

somebody_luggage_dickens_6  et somebody_luggage_dickens_7

© Anne Marie Cojez

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Souvenirs et commémoration  : 

Simone Odent, membre de l’association a assisté le 3 septembre dernier, à la commémoration du centenaire des batailles de Guillemont et Ginchy, dans la Somme, qui
coûta la vie à des milliers de jeunes soldats irlandais, français et britanniques de Jersey.
Vous lirez ci-dessous son article complété par quelques -unes des photos, que Mr le Maire de Ginchy, lui a gentiment adressées ainsi que celle de l’article du Courrier Picard du 05/09/2016.
Viendront plus tard  un aperçu des programmes de la Somme Association et de The GUILLEMONT STONE : Commemorating the ‘Jersey Contingent- Unveiling Ceremony on the Centenary Anniversary.
Ap K.

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Le courrier Picard  du 05/09/2016

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Le reportage de Simone Odent :

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Le matin : La commémoration du Centenaire de la Bataille du 03/09/1916, s’est déroulée dans les communes de Guillemont  et Ginchy où plus d’une centaine de soldats français  et plus de mille cent irlandais sont morts au combat : un moment poignant.
Un cortège formé par toutes les troupes venues sur les lieux, toutes les personnalités ainsi que les villageois et amis, est allé se recueillir au Grand Monument qui se trouve à la jonction des deux communes.

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Une minute de silence a alors été respectée, suivie par les cornemuses qui ont entamé « The Piper’s Lament ».
Toute la foule s’est dirigée vers le centre du village de Guillemont, où se trouve l’Hôtel de Ville et le Monument aux Morts.  De très hautes personnalités ont été accueillies, des drapeaux, des militaires qui présentaient les armes, des couronnes de fleurs déposées, avec musique irlandaise, nous ne savions où regarder…

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Ensuite, il y eut l’inauguration d’une pierre (Guillemont Stone), à une autre entrée du village, avec discours, minute de silence et musique…
Après cela toutes les personnalités : Irlandaises, militaires, civiles, Françaises, Le Maire de Guillemont, Le Maire de Ginchy, la population de Guillemont qui tenait à être présente et nous-mêmes avons été reçus avec une telle gentillesse et avec tant d’attentions dans un cadre champêtre, que nous étions tous unis en cette belle journée, qui de plus était très ensoleillée, même si quelquefois nous étions un peu perdues par le langage. Un souvenir inoubliable…

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post ceremonie

L’après-midi : nous étions tous conviés par Mr le Maire de Ginchy, village voisin qui avait, lui aussi, payé un lourd tribut en cette période de septembre 1916, et avions rendez-vous au milieu des champs,dans un enclos, boisé, ombragé, avec les descendants de Charles Dickens, qui étaient venus se recueillir autour de la Croix de Bois (Avec le temps, la Croix initiale a dû être remplacée et elle se trouve maintenant à l’entrée de l’Eglise) qui commémore la mort du petit fils de Charles Dickens, le Major Cédric Charles Dickens, décédé au cours de cette terrible bataille. 
Ce fut un moment très émouvant pour nous de rencontrer les membres de la Famille de Charles Dickens, des personnes très chaleureuses qui venaient avec des fleurs toutes simples, mais de leurs jardins, un geste sentimental pour ce jeune soldat, dont la Mère,  était venue chaque année jusqu’à sa mort, .

BANC CROIX MAJOR

Un grand banc de pierre a été posé et inauguré ce jour -là dans l’enclos par la ville de Ginchy. Une personne de la famille avait fait installer, pour  cette occasion, à l’entrée de ce bosquet un Mémorial sur un pupitre, avec toutes indications et photographies de ce jeune disparu et de ses parents ce qui permettra aux visiteurs de connaitre sa trop courte vie.
Une réception a suivi dans la salle des Fêtes de Ginchy. Les membres de la famille Dickens étaient présents. Là aussi, la simplicité et la gentillesse de tous ont fait de cette journée un moment que je ne peux décrire.
Les bus qui avaient amené tous ces militaires sont repartis et, prenant nous aussi le chemin du retour, nous avions beaucoup de souvenirs…

Simone Odent

La cérémonie en images
croix dec Les lieuxtbe et préparation discours

Les autorités et amis
salutet croix

sur le banc 1    cérémonnie

sr le banc au complet   Entre famille et amis

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 Nos amis Dickensiens sont aussi des poètes. Voici un hommage bien particulier, rendu en vers, par l’un d’entre eux, au cours du repas annuel de l’association en mars 2016

Dickens rêvant

Hommage à Charles Dickens

La tradition veut donc que des mots sympathiques
Honorent de ma part l’écrivain britannique
Dont l’association pleine de courtoisie
A voulu, parmi elle, m’accueillir aujourd’hui.

J’ose croire que chacun, ici connaît par cœur
La production totale de ce très grand auteur
Je veux être sincère et dire franchement
Que je n’ai dévoré que deux de ses romans 

Pardon Monsieur Dickens, si ma pâle ignorance
A déserté ainsi votre talent immense…
Alors, me direz-vous, que fais-je  à votre table ?
Convier un pareil hôte est vraiment regrettable !

Mais non, votre invité n’est pas un imposteur 
Car j’ai lu votre vie, vos joies et vos malheurs 

C’est en 1812, au début février
Que naît chez les Dickens le deuxième héritier 
A deux pas de Portsmouth, au faubourg de Portsea
Le bébé, nommé Charles, pousse son premier cri

Puis bientôt la famille, à Londres part s’établir
C’est là, dans les faubourgs, que Charles va grandir
Il fréquente l’école et apprend l’écriture
En témoignant très tôt un goût pour la lecture…

Il faut gagner  son pain et l’enfant Dickens
Dès l’âge de douze ans gagne ses premiers pence
Charles est déterminé il montre son courage
Parmi les enfants-ouvriers d’une usine de cirage

Entre temps les ennuis tombent sur la maison
Son père pour quelques dettes doit goûter la prison
Si ce premier séjour ne dura pas longtemps
Cette épreuve morale marqua l’adolescent

Le jeune Charles n’est pas prêt à se laisser abattre,
Il se fait figurant, découvrant le théâtre 
Passion qu’il chérira tout au long de sa vie
Et le métier d’acteur, longtemps lui fit envie…

Après quelques années d’apprentissage chez un  notaire,
En 1832 il devient reporter
La presse lui permet de révéler sa prose
Sa  carrière d’écrivain était alors éclose.

D’abord il n’ose pas signer de son patronyme
Il prend le nom de « Boz » en guise de pseudonyme
Dès lors sa renommée s’étoffe peu à peu
Son vrai nom finit même par faire des envieux.

Charles découvre Paris puis va en Amérique
Et passant par Boulogne, son cœur à un déclic
Un beau chalet de planches dans la rue Beaurepaire
Devient du romancier l’habituel repaire…

Plus tard, la douceur du village de Condette
Abrita dit-on, quelque idylle secrète
Boulogne ne cessera de fêter sa mémoire
Justifiant en ce jour mon aimable auditoire

Charles Dickens est loin de mon cadre habituel
Me faire son apologue n’est pas si naturel
Quand son cercle d’amis m’apprécie et m’invite
A me faire devenir « Dickensien » émérite.

Du fond du cœur merci… Serai-je à la hauteur,
De la distinction dont vous me faites honneur ?
Car chacun sait bien sûr que mes choix plus classiques
Gravitent très souvent autour de l’art lyrique

Mais voulant vous prouver ma vraie reconnaissance,
J’ai conjugué pour vous  pensées et conscience
Pour célébrer Dickens j’imaginai sans peine
Pouvoir le rapprocher un peu de mon domaine

Alors j’ai bien cherché, tout au long de son œuvre
Un écho musical permettant une manœuvre,
Pensant qu’un opéra et ce grand romancier
Puissent s’être, par hasard, un jour associés

Mais je n’ai rien trouvé et j’avais bien gros cœur
De voir près de Dickens, nul grand compositeur
Pourquoi les Aventures du cher Mister Picwick
Ne sont pas devenues un opéra-comique ?

Ah ! Oliver Twist eût-il été un ténor
Vous me faisiez cadeau  d’un vrai sujet en or !
David Copperfield fut-il instrumentiste
J’aurais, de ses concerts, dressé la longue liste

Pourquoi Monsieur Dickens avez- vous oublié
De créer un héros dans ma spécialité ?
Pouviez-vous deviner qu’en l’année 2008,
Un fan d’opéra serait à votre poursuite

Et même huit ans plus tard, en l’année 2016
Vous demeurez toujours sans bémols et sans dièses…
Votre absence étonnante des sphères musicales
Vraiment sérieusement semble paradoxale

Pourquoi vos grandes oeuvres sociales et réalistes
N’ont jamais pu séduire l’esprit d’un librettiste ?

Avec le pathétique vous maniez l’humour
Pour flétrir l’égoïsme et défendre au grand jour
Les enfants malheureux et les déshérités
Dont l’innocence triomphe de la cupidité

Ces thèmes que vous traitez avec cœur et  passion
Auraient fait des merveilles dans une partition !
Car un bon musicien, ainsi que je le crois,
Peut puiser en vos œuvres un sujet d’opéra
Votre plume si fine, mériterait sans peine
Un ouvrage brillant pour le Covent-Garden

Mais à ce moment là, en votre blanche Albion
Aucun compositeur n’y prêta attention
Alors point d’opéra, si tel était votre sort
Votre gloire est ailleurs, n’ayez aucun remords !

Votre main d’Inimitable vous  fit le très grand romancier
Que le monde entier  a bien vite apprécié :
En France, en Amérique, bien sûr en Angleterre
Tous vos titres constellent l’univers littéraire 

Edwin Drood restera pourtant inachevé,
Fermé par votre muse près de votre chevet :
1870… le 9 du mois de juin,
A cinquante huit ans votre vie a pris fin….

Et voulant respecter vos dernières volontés
Le deuil fut établi dans la simplicité
Mais nul ne put empêcher que dans un grand élan
Tout Londres endeuillé pleura votre talent

Et pour dernier séjour, tel un grand dignitaire
Votre pays choisit le chœur de Westminster
Voilà Monsieur Dickens, voilà donc mon hommage,
S’il est bien maladroit, pardonnez cette page

J’ai tenté par ces vers une aimable tirade
Pour évoquer votre œuvre sans aucune algarade
Et si votre talent ne parut au théâtre,
Il n’est jamais trop tard pour essuyer les plâtres.

Par ces alexandrins au rythme bien typique
N’est-ce pas ma façon de vous mettre en musique ?
Dans l’amour d’opéra, même si c’est à grand peine,
Je vous place dès lors au-devant de la scène

Amis ensemble levons-nous et élevons nos verres,
Avec la dignité que cet instant requiert,
Toutes et tous portons un grand toast de gloire
Pour fêter de Dickens l’immortelle mémoire. 

                                                                  Dominique Ghesquière
            le samedi 8 mars 2008 –  à Nausicaa / Boulogne sur mer
           et lu le vendredi 11 mars 2016 – au restaurant de la Vieille-Ville

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Voici le premier article 2017 d’un de nos adhérents.
 Les amis de Charles Dickens  de Boulogne- sur -mer ont accueilli
le Professeur Tony WILLIAMS –  Président de l’International Dickens’Fellowship

williams1 Brouillard épais ce lundi matin, il s’agit d’aller chercher notre conférencier au 13, Parvis Notre Dame de Boulogne, conformément au souhait de notre chère Janine Watrin.
De stature imposante l’homme, à la dignité d’un Lord, inspire le respect. Il est vêtu d’une tenue sombre à la cravate bleue ; une petite barbe blanche et des lunettes  carrées cadrent son visage au teint bien britannique. Ce flash coloré, saisi dans l’embrasure de la porte, établit, avec les mots d’une convention que tout le monde devine, le premier contact avec le Professeur Tony Williams.
Un autre accueillant l’invite à monter dans la voiture où le dialogue s’instaure. Le Professeur Williams connaît Boulogne-sur- mer ; aussi prendrons- nous la direction de Condette-Hardelot, autre lien entre Britanniques et Français et lieu de séjour cher à Charles Dickens.
Le « Pont de Bridge » -qui a donné Pont de Briques-  enjambe la Liane où jadis les bateaux de Jules César à la conquête de l’Angleterre, étaient légion. Plus loin, la vue embrumée sur sa vallée ne laissera qu’un souvenir un peu flou ! Les villas de la digue d’Hardelot ont l’allure d’un tableau de Turner. En revanche, la Croix St-Augustin, vue de près, ressemble bien à celle d’Ebbsfleet, son pendant en Angleterre ; un passage au Pré Catelan, lieu où celle-ci séjourna un siècle, permet de confirmer l’histoire de ses divers déplacements.
Puis c’est le Château d’Hardelot à Condette ; le soleil l’éclaire d’une pâle blancheur et le patine doucement. Paisible promenade ensuite au Lac des Miroirs, un léger souffle d’air anime le plan d’eau de reflets chatoyants, « glitterring », mot jaillit de la bouche de Tony, admiratif.   

williams2Retour à la voiture direction le « Chalet Dickens » : un vantail s’entrouvre sur une cour rectangulaire qui, éblouissante de clarté, fait un  accueil à la fois chaleureux et intime. Un portrait de Dickens sur la pilastre de l’entrée enrichit les lieux, par sa présence. Le propriétaire prévenu nous attend plan et document en mains. A l’intérieur, sur la gauche, c’était hier la cuisine de la famille Dickens ; un garage héberge aujourd’hui une voiture mais le carrelage demeure d’époque. A côté, un petit escalier mène un peu plus haut…Dans le fond de la cour, une longère aligne nombre de chambres et salons, distribués par un large couloir éclairé d’autant de fenêtres.  Côté Sud et jardin, les mêmes invitent le soleil à pénétrer par chacune d’elles dans ces différents livings au confort douillet de leur cheminée. Le Professeur Tony Williams, curieux et intéressé, s’imprègne presque religieusement, de l’ambiance des lieux qu’appréciait beaucoup Charles Dickens.

Le jardin a depuis été réduit de moitié mais les roses n’ont pas perdu leur charme. Un autre médaillon représentant Charles Dickens, semblable à celui sur le pilastre de l’entrée, est accroché au mur ; c’est l’occasion d’une photographie en compagnie de notre guide qui a aimablement ouvert sa maison aujourd’hui : un plaisir partagé.
Retour sur Boulogne par la route de la côte… mais les falaises de Shakespeare demeureront dissimulées dans la brume. L’heure avance, il est temps d’un déjeuner au restaurant de la Haute Ville, préféré de l’Association. En terrasse et à l’ombre, le temps passe vite, entre plat et dessert. Notre visiteur apprécie la cuisine française, mais il doit aussi visiter d’autres branches de la Fellowship… Australie, Japon, Hollande… un autre menu !

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La salle de conférence de Wicardenne est occupée et le Professeur Williams se préparant pour son discours, revêt solennellement la médaille dorée au ruban rouge de Président international de la Charles Dickens Fellowship,  que chacun pourra admirer par la suite. Les adhérents de l’association sont tous là, leurs amis britanniques les accompagnent dans un brouhaha aux accents d’Outre-Manche.
René Thomas, notre dévoué Président « local », présente à l’Assemblée le Prof. Williams, venu nous rendre visite. Il interviendra par la suite à chacun des textes lus en anglais, par des commentaires éclairés. Ce sont des extraits des différents romans du Maître, Les Grandes Espérances, Oliver Twist, et un Ami Commun. Ils sont déclamés avec talent et dans l’esprit de Dickens par le Président anglais.
Dès lors, sombre tristesse et comique de  scène  se succèdent devant nous, suscitant de nombreuses questions sur les thèmes abordés dans l’œuvre du romancier. Traditions de l’uniforme, autres lieux d’habitation, inspiration du romancier en France, nombre de ses œuvres… animent en effet un dialogue dans une interactivité libérée de tout protocole.
Puis c’est la participation au traditionnel thé que l’association apprécie après chacune de ses activités. Délicate attention, pour la circonstance, les porcelaines de Chine ont remplacé les tasses habituelles.

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Après une promenade en centre-ville, à pied ou en voiture, c’est au tour de la Mairie de Boulogne de faire honneur au Prof. Williams par la voix de  Mme l’Adjointe au Maire, déléguée à la Culture et Patrimoine, qui a « regretté l’absence contrainte de Mme Watrin ».
La cérémonie officielle se termine par une coupe de champagne ou un jus de fruit, agrémentés de mets -en- bouche. Chacun s’en retourne satisfait avec une pensée pour Janine à l’initiative de cette rencontre qui fait la fierté de tous.

H.D.
03/ 04/2017

Capture the Dcks fellowship

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Et n’oubliez pas…

A partir de septembre 2017, les amis de Dickens constitueront une équipe de traducteurs bénévoles et dès janvier 2018, proposeront dans cette rubrique les traductions en français des articles signés de Dickens uniquement, parus dans Households Words, publiés par Michael Slater dans CharlesDickens ( vol 3 ).

 et sur le sitebuckingham.ac.uk ; Dickens Journals Online édition complète de  la revue hebdomadaire Household Words (1850-1859). 
Vous avez envie de participer ? Rejoignez-nous 
Toutes les bonnes volontés sont acceptées

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