Activités et Commentaires

 Amis Dickensiens du Boulonnais et d’ailleurs, voici les annonces et vos commentaires d’activités, sorties et rencontres, repas organisés ou non par l’association, autour de Dickens ou non, mais destinées à enrichir nos plaisirs et nos découvertes.
En somme une tribune libre pour tout ce qui a plu  aux présents et peut plaire aux absents .
C’est à vous, c’est à nous tous, si vous le voulez.
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La balade en nos jardins: pour le plaisir : c’est pour bientôt
JARDINS

Chers Amis Bonjour !
Le mois de Juin arrive !  nous espérons que le 20 JUIN, jour le plus long de l’année, sera ensoleillé et que nous pourrons arpenter les allées et apprécier la végétation qui sera sans doute dans toute sa splendeur  au :  JARDIN DU BEAU PAYS à  MARCK . Rendez-vous sur place pour débuter la visite guidée à 15 heures.-Pour faciliter la marche dans les allées, nous vous conseillons une canne ou une ombrelle, c’est très élégant et très British !!!
Afin de pouvoir organiser le co-voiturage . Peut-être pourrons-nous nous baser sur celui du 15/3 ?                
Avec nos amitiés     Simone et Geneviève
JARDIN marck
Si cette visite vous intéresse vous trouverez ci-dessous le bulletin d’inscription qui sera à renvoyer à Mme ODENT- 99, avenue du Belvédère 62152  HARDELOT 

Partie à renvoyer pour le 10 JUIN  si le projet vous intéresse à Mme ODENT -99. Avenue du Belvédère  62152   HARDELOT 

Nom et Prénom                                              Adresse                              n° tel :………………………….                  ……………………………………………        ……………………………..

 Je compte assister à la sortie :  je joins un chèque de 10 € à l’ordre des Amis de Ch. DICKENS
Les boissons choisies seront à régler sur place:café I.50 , Thé ou boisson fraîche 2€ les gâteaux et pâtisseries vous seront offertes comme lors de nos conférences .
Je m’y rendrai par mes propres moyens                              Je souhaite le co-voiturage       (Barrez la mention inutile)
*Les personnes qui souhaitent un co-voiturage seront contactées par téléphone dès que possible

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Souvenir de Godinton, trip DTSE le 15 mai 2019.

Départ bien à l’heure de Wimille, sous un soleil frais puis… froide émotion au terminal Ch. Dickens avec un sans papier à bord ! Mais les secrets pourparlers d’Allyson nous laisseront tous… « Béats » d’admiration !

De l’autre côté, on retrouve le Kent avec ses immenses prés verdoyants, jaunis de boutons d’or et ponctués de moutons blancs.  Quelques lectures raccourciront le temps d’autoroute jusqu’à Ashford : 75 000 habitants, 2,5% de chômage, et, Alain nous rassure, 3 centres commerciaux !

La campagne nous canalise ensuite sous des tonnelles ombragées. Elles serpentent, étroites et  ralenties de « humps », jusqu’à Godinton House.L’énorme bâtisse est déjà occupée mais les jardins nous sont ouverts.Un plan bien détaillé permet de suivre l’ordre de la visite. On apprécie un à un les massifs à la rigueur géométrique. 

godington paysageIfs et buis sont ici les rois. Taillés en topiaire ou alignés en haie, ils dessinent de droites et arrondis les contours des jardins. D’autres, plus sauvages, ont échappé aux incisifs ciseaux avec un parfum de liberté.Les couleurs des fleurs aux nombreuses nuances… se mélangent ainsi aux fragrances des aromatiques ; une serre les protègent de la nuit de St Pancrace, encore glacée hier.  
Dans les mares et pièces d’eau du domaine, les poissons filent se cacher, comme dans une ombre, dans le reflet des nuages.Les murs abritent du vent et du soleil les plantes qui les craignent. Des arbres remarquables qui surveillent leur pousse au pied, nous procurent aussi un peu de fraîcheur. Quelques uns profiteront de l’accueil de sièges en terrasse avant de retrouver le confort du bus et son chauffeur à la barbe… fleurie.

A Ashford, la traversée du jardin public ouvre les appétits, le premier pub ne convient pas… mais le suivant le devrait sûrement ! En petits groupes, chacun choisit son menu au risque de la traduction, indétrônable le Fish and Chips ! Un choix plus « hazard » laissera les bouches bée… des épices.

Flâneries pour les hommes et shopping pour les femmes font les occupations de l’après midi. Ashford est aussi le paradis de pigeons de couleurs ; ils se promènent  ou préoccupés et démarche saccadée, ou indifférents, tout à leur cour.

godington en familleL’espace de rêverie, oublié des voitures, est pavé et pentu, arrosé d’une fontaine et d’un puits ; quelques bouleaux dont les feuilles bruissent au vent, habillent le sol qu’elles animent de leur ombre.
Les pignons des maisons sont bardés de tuiles rouges et plates qui s’accordent aux briques des murs. Des corniches crénelées blanches  décorent leurs gouttières.
Assis sur un banc dos au soleil, on compte les allers et venues des passants, le bruit de fond de la rue agrémente l’insouciance de la digestion.

Les Mc Donald, Kébabs et KFC côtoient les restaurants chinois et indiens qui alimentent le cosmopolitisme. Ils nourrissent surtout l’obésité de la population dont le soleil cuit aujourd’hui des bras nus bien potelés. Les « half price » qui rassasient les esprits, ont aiguisé les gourmandises ! Le calme de l’endroit favorise pourtant la sagesse.  

Après l’angle d’une maison Tudor et ses volutes ancestraux, l’église, hélas, est fermée. Les tours aux pierres froides et rugueuses surveillent le cimetière déjà ceint de grilles. Plus loin le jardin public, blason géant et coloré, réunit l’équipe chargée aussi de gros sacs et paquets.
Tous parés pour le ré-embarquement.
Le tunnel qui a emmagasiné la chaleur du jour nous fera gagner une demi-heure.
A l’arrivée, les chaleureuses séparations sont presque interminables, s’effectuent dans la bonne humeur des embrassades.
Hubert D. / Allyson/ Ap.K

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Lundi 13 mai 2019  15h Maison des Associations à Boulogne/ sur mer
Lecture-conférence par Annpôl KASSIS
Qui êtes-vous Mr Maugham: Maupassant anglais ou Dickens revisité? 
Companion f honour Buckingham palace

De la naissance  et la prime enfance parisienne à la prime adolescence  dans l’étroit prieuré de Whitstable; du strict King’s College d’antan à l’Université de Heidelberg, de Paris à Londres, de Londres à New York, de la Maison Mauresque au Monde, du Monde à soi, de Soi aux autres…
CapyaQui êtes vous William Somerset Maugham? David Copperfield ou Bel Ami?
Grand Voyageur explorant l’univers, Polyglotte, savant, médecin, écrivain, dramaturge, scénariste, et même agent secret? Toute une vie – et quelle vie- en quelques mots?

Retracer en pointillés le long parcours d’un des plus prolifiques et des plus complexes écrivains fran-glais- qui a traversé le monde des arts et de l’écriture de la fin du 19ème siècle au coeur du 20ème siècle!
Une tâche ardue à laquelle s’est essayé Annpôl Kassis et qu’elle vous fera partager en mots et en images : lundi 13 mai à la maison des associations, rue Wicardenne à Boulogne -sur -mer.

dans son fauteuil

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Lycée Mariette…après l’annonce, la visite et le commentaire …
Boulogne lycée Mariette

Sur les pas de Charles Dickens… au Lycée Mariette de Boulogne 8 04 2019

Le Lycée Mariette, à l’angle des rues Beaurepaire et Charles Dickens, nous accueille aujourd’hui dans sa vaste salle polyvalente. L’écho des voix que renvoie la voûte donne une dimension particulière aux lectures déclamées par les participants.
Une lecture est faite d’extraits d’œuvres écrites ici dans les années 1853- 54-56 par Dickens : La maison d’Âpre vent (Bleak House), Les Temps Difficiles (Hard Times) et La Petite Dorrit ( Little Dorrit) ; et encore de l’Histoire d’Angleterre racontée à un enfant.

Les maisons qu’il louait tour à tour à M Beaucourt avaient été à l’époque bâties dans la forte pente d’une friche sablonneuse. Des jardins à l’italienne agrémentaient le décor tandis que le vent soufflait l’inspiration à l’auteur. Ambiance éventée en effet, cette fois dans la Villa du Camp de droite, retranscrite dans une lettre du 24 août 1854 à Mrs Colden : « le courant d’air fait envoler tous les articles légers à tous les points cardinaux… ».

Toutefois  Boulogne, dans Household Words novembre 1854, est aussi appelée Our French Watering Place. Les promenades sur les murs des remparts, à l’ombre des arbres, plaisaient beaucoup à l’auteur ! Dans le cœur de Dickens, le roi Henri VIII semblait avoir moins de charme !

Un projet officiel devrait bientôt baptiser ce circuit du nom du romancier, des plaques jalonneront alors le tracé d’anecdotes sur ses séjours à Boulogne !

Et pour en savoir plus sur le lycée :

Le Lycée construit en 1967 puis en 2015, compte 1600 élèves, dont 300 en  classes préparatoires (HK &KH) et études supérieures (BTS et cycles courts), ce qui atteste de son importance.

L’esprit de Dickens plane toujours en ce lieu où semble se poursuivre son œuvre sociale : beaucoup d’entre eux sont en effet boursiers (60%) et qu’ils soient scientifiques ou littéraires,  ils pratiquent avec bonheur la langue d’Outre-manche!  

Pour en savoir plus sur la relation de Charles Dickens avec Boulogne sur mer, Hardelot, Condette et avec son grand ami Mr Beaucourt-Mutuel, consultez l’ouvrage de
Janine Watrin :  Une histoire d’amitié: The History of a friendship- coll.bilingue- éditions du Sagittaire 2013.

H.D/ApK 17/04/19

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rencontre-conférence au Lycée Mariette le 8 avril
Janine Watrin

annonce 8 avril

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Amusez-vous : Questions pour des Champions
Elle …vous la connaissez???
so cartonOUI! bien sûr! sauriez- vous reconnaître les autres personnages?
Qui sont-ils? Que firent -ils et surtout de quel ouvrage de Charles Dickens sont-ils issus? Lancez-vous et  qui trouvera sera CHAMPIONNE- ION. C’est à vous…

 

PETITS CARTONS DE PLACEMENTS SO

 à vos lectures et vos découvertes…..

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Dans l’amitié, la convivialité et le plaisir
Vendredi 15 mars: une rencontre immanquable
autour de … l’Inimitable
CADOUIN TH

C’est dans le joli village d’Audinghen, au bistrot ( très) gourmand l’Astérie que la fellowship Boulogne-Condette s’est réunie pour  sa rencontre annuelle autour de l’anniversaire de Charles Dickens ( cf page 1). Sous la Présidence de Janine Watrin,  Hubert Demagnie officiant comme Maître d’une cérémonie  au déroulé protocolaire précis, et en présence de Mr Jean-Louis Cadiou, invité d’honneur.
Grâces, Toasts à la reine ‘ le dernier avant le Brexit) et au président de la République:
« And the [time] passes, in a strain of rational  good-will and cheefulness, doing more to awaken the sympathies of every member of the party in behalf of the neighbour, and to perpetuate their good feeling during the ensuing year. » in Sketches by Boz

Lectures, joyeuses blagues- trouvailles d’auteurs comme Jean d’Ormesson quand même par l’ incomparable et infatigable Simone, maître d’oeuvre et organisatrice parfaite- car aussi bien les plans de table, les cartons nominatifs, les fleurs, la tombola, tout était pensé et acté par elle, Geneviève et Valérie, pour la sérénité et la joie de toutes et quelques tous .  Sans oublier quelques plaisirs gourmands…PLAISIRS GOURMANDS
Oui, un beau et précieux moment de partage et d’échanges bien apprécié … à renouveler bien vite

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Un nouvel article sur le Mesmérisme
suite à la conférence de  Janine Watrin le18 02 2019

De la fin du XVIII s à la fin du XIX, nait un courant de pensée sur le continent puis en Angleterre autour du Dr Mesmer et le magnétisme animal. On parle de fluide relié aux astres… Son utilisation dans le traitement des maladies nerveuses, une alternative à l’enfermement, semble intéressante. Dickens y fait allusion dans « David Copperfield ».
Mesmer, né en 1734, est un médecin allemand qui a fait aussi des études de théologie et philosophie à Vienne. Le fluide de la planète aurait un effet sur le corps humain. Les magnétismes, minéral (effet de la lune), végétal (des plantes), s’inspirent de Paracelse. Le fluide cosmique a un intérêt médical par la suggestion et l’hypnose, l’envoûtement et la persuasion.
La maladie est un déséquilibre que les « passes » mesmériennes puis les attouchements peuvent rétablir. Installé à Vienne en 1768 où il rencontre Haydn, Mozart tout jeune, Glück…Mesmer considéré ensuite comme charlatan, quitte la ville où il a soigné une cécité, pour Paris, il soigne aussi gratuitement les pauvres. Emerge en 1880, la doctrine du somnambulisme magnétique en « baquet » c’est-à-dire du traitement groupé de plusieurs personnes à la fois par la glass harmonica ou le piano forte pendant le magnétisme. Ce magnétisme passe par des crises et cris lors des « passes » sur les femmes d’où la « chambre des crises ». Mesmer n’a pas le soutien de Louis XVI, c’est l’époque de Lavoisier, Franklin… Guillotin (1784), il revient à Vienne. A Londres existe une société de phrénologie qui établit un rapport entre l’intelligence, le caractère et la forme du cerveau ou du crâne (bosse des maths) ! Il y a aussi la force de la volonté avec J. Elliotson (l’homme du stéthoscope, de l’acupuncture…). En 1838, Dickens a 26 ans et il observe les traitements pratiqués sur des sujets « nerveux » par Elliotson qui lui enseigne le mesmérisme. Dickens pratique le magnétisme sur Catherine sa femme provoquant hystérie et sommeil !
Au cours d’un voyage en Italie (1844), Dickens rencontre Mme Delarue atteinte de convulsions et tics. Dickens la met en transe et sommeil, la questionnant sur son passé…  « elle voit une colline… et un frère absent et… triste… regardant la mer, avec peur des pierres et mauvais esprits… ». Le traitement lui permet de mieux dormir. Il observe l’entrée en transe de Catherine, à distance par l’intensité de la pensée à Mme Delarue ! « Attaque de Mme Delarue, enroulée… guérison puis rechute…1853.
Dans l’œuvre de Dickens, on oublie la théorie du fluide après Faria, la fixation du regard suffit et remplace la passe. Le Mesmérisme fait place à l’hypnotisme. Cf « Rosamonde » et « Edwin Drood » et leur rupture !
Diverses questions, posées à M Jence, hypnotiseur et psychologue, prolongèrent cette atmosphère ésotérique dans l’après midi.
HD-26/3/19

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Des prêteurs sur gages dans l’oeuvre de Dickens  hier….

SKETCHES B BOZ

Conférence-débat et partage  en trois temps:
>Après la présentation des voeux, Janine, notre Présidente, introduit les pawnbrokers  –prêteurs sur gages-de l’époque de Charles Dickens. Rappelons que le 19ème siècle britannique a vu triompher la révolution industrielle, la population paysanne déserter ses campagnes au profit des regroupement des terres dans les mains des grands propriétaires- gentlemen farmers-  et le tout donnant naissance à une abondante population d’ouvriers et de désoeuvrés installés dans les villes naissantes insalubres, dangereuses car terriblement pauvres.  Les mots vice et crime s’allient à pauvreté, misère, souffrances de tous ordres et la Loi sur les Pauvres- The Poor Law revisitée en 1833, surtout codifiée rigoureusement, ajoute à la misère en la criminalisant …C’est la grande époque des prêteurs sur gage de Londres. Dans les années 1833/35, le jeune Charles Dickens est journaliste ( ce que nous appellerions pigiste) dans plusieurs journaux sous le pseudonyme BOZ et dénonce cet état de misère et d’exploitation de la pauvreté dans des articles qui bientôt lui valent un très grand succès et la notoriété, touchant tous ces aspects de la vie sociale de l’époque; essais qui seront regroupés et publiés sous le titres Sketches by Boz-Esquisses de Boz ( parus en 1836).
original marone sketches by boz
>La deuxième étape de cette conférence passionnante fut la lecture de la traduction de l’article portant sur  » The Pawnbroker’s shop » extrait des Sketches.
Pendant une longue année, un collectif de 7 amies de l’association sous la conduite de la Présidente- Geneviève, Marie, Marie-Jane,Madeleine, Régine, Simone et Valérie  se sont attelées à la rude tâche de traduire ce long texte que nous reproduisons dans son intégralité ci- dessous, qu’elles présentent et lisent chacune à haute voix pour le public:
               LA BOUTIQUE DU PRETEUR SUR GAGES


LECTURE 2 PAWNBRKERS

De tous les nombreux réceptacles de misère et de détresse, avec malheureusement ce dont les rues de Londres abondent, il n’y en a peut-être aucune qui présente autant de scènes de vice et de pauvreté que les boutiques de prêteurs sur gages.
Il y a quelques boutiques de prêteur sur gages de description très supérieure.Il y a des grades dans les mises en gages, comme dans tout le reste, et ces distinctions doivent être observées même dans la pauvreté.
« Le manteau de l’Aristocratique Espagnol et la chemise de calicot du plébéien, la fourchette en argent et le fer à repasser, le foulard de mousseline et le mouchoir de cou, seraient mal assortis ensemble ; aussi la meilleure sorte de prêteurs sur gages s’appelle elle-même un orfèvre, et décore son magasin avec de belles babioles et des bijoux très chers. »
Tandis que le plus simple des prêteurs sur gages annonce hardiment son métier et encourage à regarder, c’est avec ces prêteurs sur gages là que nous avons affaire.
Nous en avons sélectionné une pour notre propos et nous allons nous efforcer de la décrire.
La boutique du prêteur sur gages est située près de Drury Lane au coin d’une cour qui offre une entrée sur le côté pour le confort des clients qui désirent éviter d’être vus par les passants, ou le risque d’être reconnus dans la rue. C’est une boutique sale, poussiéreuse, dont la porte reste toujours un peu entr’ouverte : moitié invitant, moitié repoussant le visiteur hésitant, qui s’il est encore non initié, examine une de ces vieilles broches en grenat à la fenêtre une minute ou deux, affectant l’indifférence comme s’il envisageait de l’acheter , et alors regardant prudemment autour de lui pour s’assurer que personne ne le regarde, se faufile furtivement à l’intérieur, la porte se fermant d’elle-même derrière lui .

pawnbrk 2La façade de la boutique et les encadrements de fenêtres portent des marques évidentes d’avoir été peints autrefois, mais quelle était la couleur à l’origine ou à quelle date elle a été probablement appliquée, sont des questions qui peuvent être posées à cette époque lointaine, mais auxquelles on ne peut pas répondre.La tradition veut que la transparence de la porte d’entrée, qui affiche la nuit trois boules rouges sur un fond bleu, autrefois portait également, inscrits en vagues gracieuses les mots  «  l’argent avancé sur la vaisselle, les bijoux, les vêtements déjà portés, et toute description de propriété » mais quelques hiéroglyphes illisibles sont tout ce qui reste pour en témoigner.
La vaisselle et les bijoux sembleraient avoir disparu en même temps que les réclames, car les articles en stock qui sont déployés en assez grand nombre ne présentent pas d’objets de valeur d’aucune sorte. Quelques vieilles tasses en porcelaine ornées de piètres dessins représentant trois cavaliers espagnols jouant de trois guitares espagnoles, ou bien des paysans faisant la fête, chaque paysan ayant une jambe péniblement levée en l’air, une façon d’exprimer leur liberté et leur gaieté ; plusieurs séries de pièces d’échec ; deux ou trois flûtes, quelques violons ; un portrait à l’oeil rond regardant avec étonnement depuis un fond bleu sombre ; quelques livres de prières reliés de façon voyante et des testaments ; deux rangées d’énormes montres en argent ; de nombreuses tables à l’ancienne mode et des cuillères disposées en éventail, par demi-douzaines.
Des enfilades de corail avec de grands fermoirs dorés ; des cartes de bagues et de broches, attachées et étiquetées séparément, comme des insectes au British Museum ; des porte-plumes en argent bon marché et des tabatières  avec une étoile maçonnique complètent la partie bijouterie, tandis que des matelas avec la toile souillée, des kyrielles de couvertures et de draps, des mouchoirs de soie et de coton, et des vêtements de toutes descriptions, forment la partie la plus utile, bien que bien moins ornementale, des articles proposés à la vente .
Une vaste collection de burins, de scies et autres outils, qui ont été installés et jamais utilisés, forment le premier plan de la scène, alors que de vastes structures, pleines de paquets étiquetés, se distinguent faiblement à travers la croisée de l’étage.
Le voisinage est misérable : les maisons proches, éparpillées, ratatinées et pourries, et dont une ou deux même sont immondes, sont ornées d’une ou deux têtes à l’aspect malsain, surgies de chaque fenêtre. Des casseroles rouges et des plantes rabougries, exposées sur des parapets chancelants, surplombent les têtes des passants qui se trouvent ainsi en danger manifeste. Des hommes bruyants se tiennent sous le porche, au coin de la cour ou bien autour du débit de gin, leurs femmes patientant sur le trottoir, avec leurs immenses paniers de légumes bon marché. Elles sont leurs aides naturelles.

chez le pawnbrkerillustration

Si l’extérieur de la boutique du prêteur sur gages est calculé pour attirer l’attention et calculer l’intérêt des passants, son intérieur ne peut manquer de produire le même effet à un degré accru. La porte d’entrée que nous avons évoquée précédemment s’ouvre dans la boutique commune qui est le recours de tous ces clients habitués à de telles scènes et à l’observation de leurs compagnons de pauvreté. La porte d’à côté s’ouvre sur un petit passage dont une demi-douzaine de portes (qui peuvent être sécurisées par des verrous) s’ouvrent sur un nombre correspondant de petits réduits ou placards qui font face au comptoir.
Ici, dans la foule, ceux qui sont timides ou respectables se voilent du regard des autres et attendent avec patience jusqu’à ce que le monsieur derrière le comptoir, avec les cheveux noirs bouclés, la bague de diamant, et la montre de gousset à double couvercle en argent, soit disposé à leur accorder son avis – une attitude qui dépend considérablement de l’humeur dudit monsieur à ce moment-là.
A cet instant présent, il y a un individu élégamment vêtu qui est en train d’examiner le double qu’il a juste sorti d’un livre épais : un processus duquel il est détourné à cet instant par une conversation, il est intrigué par un autre jeune homme également occupé à une petite distance de lui, dont les allusions à « cette dernière bouteille d’eau gazeuse hier soir » pourrait sembler se référer aux conséquences de quelque jovialité volée de la soirée précédente.
Les clients habituels paraissent cependant incapables de participer à l’amusement provenant de ce souvenir, une vieille femme au visage cireux, penchée, les deux bras en avant sur le comptoir, un petit paquet devant elle, depuis une demi-heure environ et qui interrompt soudainement la conversation en s’adressant au bijoutier : « Maintenant Monsieur Henry, hâtons-nous, il y a une bonne âme qui surveille mes deux petits -enfants, enfermés à la maison  j’ai très peur du feu. » Le commerçant lève légèrement la tête avec un air de profond détachement et continue son entrée avec autant d’application que s’il gravait. « Vous êtes pressée Mrs Tatham, c’est évident n’est-ce-pas ? » Et c’est la seule réflexion qu’il daigna faire après un laps de temps de cinq minutes environ.
« Oui, c’est vraiment moi, Mr Henry ; maintenant, servez-moi immédiatement, vous serez bien gentil. Je ne voudrais pas vous ennuyer, mais c’est à cause des enfants insupportables. »
– Qu’avez-vous ici ? », demande le commerçant, détachant les épingles du paquet.
– Des vieilles affaires, je suppose, une paire de corsets et un jupon. Vous devez rechercher quelque chose d’autre, vieille femme ; je ne peux rien vous prêter de plus sur eux ; ils sont complètement usés avec le temps, si c’est seulement à force de les apporter et les rechercher encore trois fois par semaine.
-Oh ! Vous êtes un comique » réplique la vieille femme en riant très fort, comme contrainte ;
-Je souhaiterais avoir du bagout comme vous. Non, non ; ce n’est pas un jupon ; c’est une robe d’enfant et un beau mouchoir de soie, qui appartient à mon mari. Il a donné quatre shillings pour cela, le jour béni où il s’est cassé le bras.
-Combien en voulez-vous ? » demande Mr Henry, jetant un coup d’oeil rapide sur les articles, qui en toute probabilité, sont de vieilles connaissances.
-Combien en voulez-vous ?
– 18 pence?
– Je vous prête neuf pence.
– Allez jusqu’à un shilling, soyez gentil, faites-le-maintenant,[1]
– Pas un centime de plus.
– Et bien, je suppose que je dois le prendre »
Les deux tickets sont établis, un ticket est épinglé sur le paquet, l’autre est donné à la malheureuse femme : le paquet et jeté sans soin dans un coin, et un autre client préfère que sa demande soit servie sans plus de délai.
Le choix tombe sur un homme mal rasé, sale, à l’allure d’un ivrogne. Le bonnet de papier douteux enfoncé négligemment sur un œil, ajoute une impression répulsive à son aspect bien peu attirant. Il appréciait un petit moment de détente après avoir, un quart d’heure auparavant chassé sa femme à coups de pied hors de la cour. Il est venu pour racheter quelques outils  probablement pour terminer un travail pour lequel il a déjà reçu un acompte, si l’on en croit son visage enflammé et sa démarche incertaine. Après avoir attendu un peu, il fait connaître sa présence en déchargeant sa mauvaise humeur sur un petit garçon en haillons qui, incapable d’approcher son visage du niveau du comptoir par aucun autre procédé, avait réussi à l’escalader, puis à s’accrocher par les coudes à ce perchoir malaisé, duquel il chutait par intervalles, atterrissant généralement sur les orteils de la personne la plus proche. Dans le cas présent, l’infortuné petit misérable a reçu une taloche qui l’a envoyé rouler jusqu’à la porte et le donneur du soufflet est immédiatement l’objet de l’indignation générale: « Pourquoi frappez-vous ce garçon, espèce de brute ? » s’exclame une femme à l’aspect négligé, avec deux fers à repasser dans un petit panier. « Pensez-vous que c’est votre femme ? »
-Allez au diable !  réplique l’homme interpellé, au regard d’ivrogne plein de stupidité sauvage, en portant en même temps à la femme un coup qui heureusement manque son but …
« Allez-vous faire pendre, et attendez jusqu’à ce que je vienne vous décrocher
« Vous décrocher » ajoute la femme,  j’espère vous pendre, vous, vagabond ! Oh ! Vous êtes un précieux vagabond ! Où se trouve votre épouse, êtes-vous d’accord ? Les femmes de cette catégorie sont toujours sympathiques et oeuvrent avec une formidable ferveur dans des délais les plus courts. Votre pauvre chère épouse, que vous traitez pire qu’un chien, frapper une femme, vous un Homme !
-Je pense que je devrais vous tuer, je le devrais, même si je devais mourir pour cela.
« Maintenant soyons polis » rétorque l’homme fièrement.
« Soyons polis, vous êtes une vipère » s’exclame la femme avec mépris ; c’est choquant ?
Elle continue de tourner en rond interpellant une vieille femme qui surgit de l’un des petits placards que nous avions décrits précédemment et ne formule pas la moindre objection pour participer à la querelle, ayant l’intime conviction , qu’elle ne craint rien.
« N’est-ce pas choquant, Madame ?
-Terrible! dit la vieille femme, ne sachant pas exactement à quoi la question fait allusion)
-Il a une femme, Madame, qui fait des lessives pour les gens, et elle est aussi industrieuse et travailleuse qu’une jeune femme peut l’être, et qui vit dans le salon arrière de notre maison, tandis que mon mari et moi vivons dans la pièce du devant, et nous l’entendons parfois la battre toute la nuit, quand il rentre ivre , et pas seulement la battre, elle, mais battre son propre enfant aussi, pour la rendre plus misérable encore -pouah, la bête ! Et elle, pauvre créature, elle n’ira pas voir le magistrat, parce qu’elle aime le misérable après tout – pire malchance !
Ici, comme la femme s’est complètement essoufflée, le prêteur sur gages lui-même, en robe de chambre grise qui vient juste d’apparaître derrière le comptoir, saisit l’occasion favorable pour placer un mot : « Actuellement, je ne vais pas avoir ce genre de choses dans mes locaux, répond-il avec un air d’autorité. Madame MARKIN, restez calme  ou vous n’obtiendrez pas 4 pence pour un fer à repasser ici. Et Jinkins, vous laissez votre billet ici, jusqu’à ce que vous soyez sobre, et envoyez votre femme pour ces deux rabots que je ne veux pas dans ma boutique, à aucun prix ; alors faites- vous invisible avant que je vous mette dehors.
Cet éloquent discours produit tout sauf l’effet désiré: les femmes s’insurgent de concert ; l’homme gesticule de tous côtés, et est en train de gagner son billet de logement gratuit pour la nuit, quand survient l’entrée de sa femme, une misérable, une femme usée, apparemment dans la dernière phase de tuberculose, dont le visage porte des marques évidentes d’un mauvais traitement et dont la force à peine égale au fardeau- assez léger-  Dieu seul le sait !
De l’enfant maigre et maladif qu’elle porte dans les bras , se tourne et lâche sa rage dans une direction plus sûre « Reviens à la maison, mon cher » s’écrie la misérable créature, d’un ton implorant, « rentre à la maison , sois un bon camarade, et va  au lit » Retourne à la maison toi-même, réplique le voyou furieux , accompagnant d’un épithète que nous ne répéterons pas , avec un coup de pied que nous ne décrirons pas . « Retourne tranquillement à la maison »répète sa femme éclatant en larmes « Rentre à la maison toi-même » rétorque à nouveau le mari donnant de la force à son argument par le coup auquel nous avons fait allusion. La pauvre créature se projette hors de la boutique avec l’élan ainsi administré et son « protecteur naturel » la suit dehors dans la cour. Alternativement il évacue sa rage en accélérant sa progression en frappant le pauvre petit bonnet bleu du malheureux enfant encore plus chétif et la figure à l’air pâle.
Dans la dernière caisse qui se trouve dans le coin le plus sombre et le plus obscur de la boutique,  considérablement éloignées l’une de l’autre des lampes à gaz, se trouvent une jeune fille délicate d’une vingtaine d’années, et une femme âgée , évidemment sa mère d’une ressemblance entre elles, qui se tiennent à une certaine distance en arrière, comme pour éviter l’observation même du commerçant. Ce n’est pas leur première visite chez un prêteur sur gages, car elles répondent sans hésitation aux questions habituelles, posées d’une manière plutôt respectueuse et d’un ton beaucoup plus bas que d’habitude de : « Quel nom devrais-je dire ?
– Le vôtre propre bien naturellement ?
-Où habitez-vous,  Madame ? Propriétaire ou locataire ?
Ils discutent aussi au sujet d’une somme plus élevée que celle proposée au début par le vendeur, ce qu’un parfait étranger serait peu enclin à faire. Et la femme la plus âgée presse sa fille, en des  murmures à peine audibles, d’user au maximum de ses pouvoirs de persuasion pour obtenir un supplément sur la somme offerte, et aussi de s’étendre longuement sur la valeur des articles apportés : ce sont une petite chaîne en or et une bague « ne m’oubliez pas » appartenant à la fille sans doute, car elles sont toutes deux trop petites pour la mère. Elles lui avaient été offertes en des temps meilleurs, et chéries autrefois par amour pour le donateur, mais abandonnées maintenant sans grand regret, car le dénuement a endurci la mère , et son exemple a endurci la fille, et la perspective de recevoir de l’argent, joint au souvenir de la misère qu’elles ont toutes les deux endurée dans le besoin, la froideur de vieux amis, le refus austère de certains, et la compassion d’autres, plus vexante encore, semblent avoir effacé la conscience de leur humiliation, que la simple idée de leur présente situation aurait autrefois éveillée.

Dans la petite pièce voisine se trouve une jeune femme dont les vêtements, misérablement pauvres mais d’un mauvais goût extrême, lamentablement froids mais d’un raffinement exagéré, indiquent trop clairement sa position dans la vie. La riche robe de satin avec ses garnitures fanées, les minces chaussures usées et les bas de soie rose, le bonnet d’été en hiver, où le visage creusé barbouillé de rouge est seulement le signe des ravages d’une santé gaspillée et jamais retrouvée , et d’un bonheur perdu et jamais revenu et où le sourire est une malheureuse moquerie de la misère du cœur ne peuvent tromper. Elle vient juste de saisir le regard de son jeune voisin et la vue des petites babioles qu’elle a proposées en gage, semble éveiller chez elle de longs souvenirs endormis, et modifier un instant, l’ensemble de son comportement.
Sa première impulsion hâtive fut de se pencher vers l’avant comme pour mémoriser plus minutieusement l’apparence de ses compagnons à moitié dissimulée. Finalement, les voyant s’éloigner involontairement d’elle, se retirer vers l’arrière du cagibi, recouvrant son visage de ses mains, et fondre en larmes. Il existe d’étranges accords dans le cœur des hommes, qui sommeilleront à travers des années de dépravation et de vices et se métamorphoseront en quelques événements anodins visiblement banals en eux-mêmes, mais reliés, par quelques scories indéfinissables et confuses, qui ne peuvent être mises en évidence, composées, d’êtres les plus dépravés dans la vie impossible à effacer.

Il ne se trouvait aucun autre spectateur en dehors de la femme dans le même magasin.
Il y a eu un autre spectateur, en la personne d’une femme, dans le magasin commun. Le plus bas des bas, sale, sans bonnet, se pavanant, et malpropre. Sa curiosité fut d’abord attirée par le peu qu’elle pouvait voir du groupe ; puis vint son attention. Le mauvais regard à demi ivre se transforma en une expression d’intérêt et un sentiment similaire à celui que nous avons décrit, parut un instant, et seulement un instant, pour s’étendre jusqu’à son sein.
Qui dira dans combien de temps ces femmes pourront changer de place ? La dernière n’a que deux étapes : l’hôpital et la tombe. Combien de femmes se trouvent dans la même situation que ses deux compagnes et comme elle a pu l’être autrefois. Et ont terminé le même parcours misérable
[1] 1 shilling= 12 pence
copyright traduction:grpe Geneviève, Janine, Maire, Marine Jane, Madeleine, Régine, Simone et Valérie

Toute l’ambiance et la fréquentation de ces lieux où la misère presque honteuse et faite de larmes et souffrance, essaye de se cacher des sourires moqueurs des autres. La gêne se dissimule notamment derrière les rideaux qui permettent, sous couvert, les transactions de vêtements parfois de mauvais goût mais aussi des bijoux…
Un débat s’en suit au cours duquel  une amie adhérente anglaise, Barbara, nous décrit encore ce qu’elle a vu dans sa jeunesse. Les pauvreté et misère se ressemblent toujours, côtoyant encore vols, violence et… saleté, 100 ans après Dickens.

… au Crédit Municipal…..aujourd’hui
une présentation de Mr Lefbvre, directeur
du Crédit Municipal de Boulogne sur mer
LEFEVRE CONFok

Une longue histoire de la pauvreté et du besoin qui se poursuit à travers les temps et les sociétés . Une longue histoire partant des usuriers (souvenons nous de Shylock du Marchand de Venise), qui conduit de nos jours au Crédit Municipal, présent dans la plupart des villes en France, ressource ultime des personnes en grandes difficultés de survie pourrait-on dire.
Un peu d’histoire:
Partout, quelque soit  l’époque et la société l’usure a répondu à la demande et aux besoins des plus miséreux,…comme parfois des moins pauvres en situations urgentes . Mais l’usurier était mal vu – au point d’ailleurs de rentrer que le mot, entré dans le langage courant désigne une personne avide et âpre au gain; les conditions de prêts étaient mal ou pas définies ce qui ouvrait la voie à des abus fréquents, mal compris..
Dans un esprit de bienfaisance publique il fallut organiser la prise en charge de l’indigence et entre 1464  et 1506, plusieurs bulles apostoliques créèrent   des    « banque de charité », la charité étant un grand principe religieux- rendu public- alliée de la piété- en quelque sorte la piété en actes de soutien  aux indigents- qui étaient alors souvent exercée de façon bénévole et généreuse par des Dames de Charité . C’est ainsi que dès les années 1770 pour lutter contre l’usure (et ceux que l’on nommait alors « les grip’sol »), se structurèrent et développèrent partout en France et en Italie notamment les Monts de piété- où  des biens et objets s’échangeaient contre un peu d’argent  et un peu de protection. Le 19ème siècle vit se développer  » ma tante »  un peu partout et en 1822 fut créé  à Boulogne le premier Mont de Piété.  Toujours dans le même esprit, en 1851, ils sont reconnus comme Etablissements reconnus d’Utilité Publique avant de prendre nom de CREDIT MUNICIPAL en 1921. Mais savez-vous que dès le début du 19ème siècle et même avant, ces banques de charité avaient su créer le principe du  « micro crédit »- toujours d’actualité.
Malgré tous les efforts et modifications sociale, il y a toujours beaucoup de demandes de personnes dans la misère et la pauvreté et qui se présentent ne serait-ce que pour obtenir une modeste somme 5 à 30 €. Les dépôts sont très divers, allant du téléviseur à la canne à pêche … les conditions de dépôt ,de récupération et de vente sont strictement établies et suivies par le commissaire priseur sur place.
Pour en savoir plus: consulter les Annales Economiques et Sociales de la HESS, en suivant le lien ci joint:

https://www.persee.fr/doc/ahess_0003-441x_1932_num_4_14_1503

février 2019/
JanineW. ; Simone O.; Hubert D.; Annpôl K.

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Et n’oubliez pas…
Notre prochaine conférence…..C’est pour bientôt… 
Le Lundi 18 Février à 15 Heures , Salle des Associations, Rue de Wicardenne,
Madame Janine WATRIN présentera
    « Dickens et le mesmérisme  » ‌ 

Ce qu’était le mesmérisme, cette théorie qui fit fureur, sur le Continent d’abord,
puis en Angleterre, de la fin du XVIIIe jusqu’à la fin du XIXe siècle ; en quoi elle
 affecta la vie privée de Dickens , et quelle en fut la répercussion dans ses œuvres.

Nous comptons sur votre présence
et vous rappelons par la même occasion ,
notre repas annuel le Vendredi 15 Mars à Audinghen.

Simone et Geneviève

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Goûter de Noël  entre amis Charles Dickens
tous ensemble: Préparations

regroupé

  Déjà la veille, on sent monter une effervescence parmi les « acteurs ». Le transport des décors crée un joli tableau où chacun s’agite d’allers et venues autour de la Salle du Petit Bois. La scène de théâtre est installée et les chaises, alignées en face, semblent dans la discipline de l’écoute. Derrière la cloison dans l’autre salle, des dames sous la houlette directive de Simone dressent les tables de nappes de couleur les décorant encore de tasses à thé, couverts et serviettes à fleurs ; les gâteaux sont toujours au four !

Le jour J à 15H, la salle du Petit Bois se remplit de visages connus et d’autres qu’on découvre et qu’on salue. Janine, notre Présidente, accueille d’un petit mot, les remerciant aussi, ceux qui permettent ce spectacle. Elle présente ensuite succinctement la scénette de Monsieur Pickwick qui va être jouée, la situant aussi dans l’œuvre de Dickens. L’humour du qui pro quo a toujours du succès ! PICKWICK SALUTATIONS

Puis c’est au tour de la troupe de Condetta cantores de rappeler la proximité de Noël par quelques chants typiques et d’autres plus fantaisies de leur répertoire bien apprécié.

ODTGDESESP

Le pauvre petit Pip des Grandes Espérances, triste victime, finira par se faire emmener par un soldat musclé mais… c’est du théâtre. Le pâté de porc en question conduit derrière la cloison au « goûter » proprement dit.

 

Bûches et cakes, biscuits et gâteaux circulent dans de petites assiettes sur toutes les tables où les discours fusent bon train entre deux bouchées. L’ambiance dont témoignent sourires et mines réjouies, est conviviale. L’amateurisme des acteurs et les décors « maison », celle de Marie-Claude… la bonne volonté de chacun et la générosité de tous créent une atmosphère bon enfant, pleine du bonheur que souhaitait Dickens pour ses personnages.

Dans ce même esprit, les fruits de la collecte seront dirigés vers deux familles nécessiteuses de la localité.

HD

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Dickens et les Roses

Juste avant les fêtes, mais toujours avec Dickens car le saviez vous, le grand Maître adorait les fleurs- et son domaine de Gad’s Hill en est le témoin, voici quelques mois le Professeur  Jean Jacques Claustriaux, Vice- Recteur de la Faculté des Sciences agronomiques de  Gembloux, Maître de Cérémonie : 

conférence Dickens roses

Propos autour de la symbolique de la Rose  – en passant par C. Dickens

Sous la forme de cinq tableaux illustrés, cette conférence rassemble des propos sur la symbolique d’une fleur merveilleuse : la Rose. Le caractère subjectif de certains symboles est parfois mis en cause par des éléments probants.
Le premier tableau évoque l’origine de la Rose et sa plante le rosier ; il précise aussi la grande diversité des variétés de roses.
Le deuxième tableau décrit le langage de la Rose, notamment, son symbolisme autour des couleurs, la Rose comme symbole de ralliement, etc.
Avec le troisième tableau, on emprunte progressivement la route du sacré en évoquant la spirale des pétales associé au nombre d’or, la Rose dans les légendes des mythes anciens et dans les religions, en particulier dans le christianisme.
Le quatrième tableau est consacré à la Rose au travers des mouvements des idées. Il débute par une guerre, celle des deux Roses, avant d’aborder la Rose et les Rosières, la Rose et  les Rosati, la Rose et la Franc-Maçonnerie, ainsi que  la Rose et le Rosicrucianisme.
3roses S O Le cinquième tableau devient plus artistique. Il est consacré aux écrivains, dont C. Dickens,  qui ont si bien mis la Rose à l’honneur, aux compositeurs, aux interprètes, aux peintres et aux bâtisseurs.

 

Enfin, le rideau se ferme lentement en célébrant l’amour, la pureté et la beauté de la Rose
claustriaux moinsProfesseur J.J Claustriaux
( photos- S. O)

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C’est bientôt Noël… etc’est la fête

Fêtes 2018 ok

Venez nombreux! Nous vous attendons  
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Lord MELBOURNE, Premier Ministre et conseiller privé de la reine  VICTORIA
–  Conférence de Christine MALPAUX – 9/10/2018

MALPAUX MELBOURNE

Les membres et amis de l’Association Charles Dickens Boulogne- Condette ont  eu le  plaisir d’accueillir Christine Malpaux, lors de leur rencontre mensuelle autour de  Charles Dickens.
Christine Malpaux n’est pas un inconnue pour notre association. Depuis de nombreuses  années, elle  s’est largement impliquée comme trésorière tout d’abord, puis dans ses nombreux rôles théâtraux lors des goûters de Noël et enfin activement au sein de la Chorale Condetae Cantores. Ce long parcours  ouvrant de belles attentes à chacun et permettant de l’apprécier.
Surprise de choix, la Présidente Janine Watrin en rappel à la conférence précédente de Régine Gauchez sur  la correspondance entre Gustave Flaubert et George Sand  évoqua la brève relation éphémère entre Charles Dickens et George Sand. Le saviez-vous? Un point à suivre naturellement.
Mais retour sur le propos du jour: les relations entre William Lamb, vicomte de Melbourne- Lord Melbourne ( 1779- 1848) et la Victoria Reine du Royaume Uni et d’Irlande et Impératrice des Indes, de 1837 à 1901- le premier plus long règne de l’histoire de la Monarchie Britannique.
Lord melbourne
Whig- équivalent contemporain de travailliste/ou libéral- sur un sérieux fond conservateur quand même,- Lord Melbourne était tout de contradictions, comme son époque où la misère populaire côtoyait l’outrancière richesse des industriels tirant profit de la révolution. Il avait derrière lui un long passé de politicien et d’homme d’Etat, Ministre de l’Intérieur de 1834-38 sous le gouvernement de Lord Grey.
Il eut à son actif le meilleur et le pire: Mise en oeuvre de l’abolition de l’esclavage ( voté en 1833 mais l’application fut longue); réglementation du travail des femmes et des enfants; efforts en faveur de l’éducation; tolérance religieuse… qui va avec une autre réforme importante …enregistrement des actes d’état civil ( qui se faisait alors auprès des « paroisses » et des divers cultes), ouverture du système postal le premier en Europe, et développement grandissant des transports (entre autre ce fameux système ferroviaire qui inquiéta tant Dickens.)
Mais à son passif, pourrait-on dire, la terrible crise politique engendrée par la révolte des ouvriers agricoles en 1834, qu’il réprima violemment, et surtout pour laquelle il fit condamner à la déportation en Australie les six leaders qui devinrent les « Martyrs de  Tolde Puddle »- rassurons nous…ils furent graciés mais le mal était fait … qui retint l’attention d’un certain Charles Dickens.
En 1837, accéda au trône une très jeune Reine de 18 ans- Victoria. Le rôle de Lord Melbourne se transforma: il devint le soutien et le mentor de la Reine. D’abord son premier ministre, puis son conseiller privé il fit son instruction politique littéralement, et il ne cessa de lui inculquer quelques principes démocratiques et ouverts- avec quelques restrictions d’époque quand même- qu’il avait commencé à mettre en oeuvre sous le précédent règne de George IV: Respect du Parlement, mais aussi de la  place et du rôle de la Monarchie, sens du devoir, et confiance en soi ( car par sa jeunesse la reine était vulnérable)…un peu de moralisme aidant;
Les relations entre Lord MELBOURNE et la Reine VICTORIA furent d’abord de confiance, d’amitié et  de sincérité et même après son mariage avec le Prince Albert, demeurera  entre eux un attachement spirituel et filiale…que d’aucuns avec le sourire comparèrent à « une romance », en tous cas inhabituelles entre un conseiller son Monarque.
SALLE Melbourne
Une conférence enrichissante, sur laquelle plane l’ombre du jeune et futur grand analyste et  réformateur que fut Charles Dickens.
ApK./d’après V.A.18/11/2018

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Chère maitre Flob Sand

Tout les opposait et pourtant, pendant 14 ans ( 1862- 1876) ils entretinrent une relation épistolaire unique, régulière et riche, se confiant ce que peuvent éprouver, espérer et vivre deux  pareils génies – 315 lettres qui n’ont pas pris une ride, publiées intégralement chez Flammarion.
Ce fut l’objet de la conférence-lecture que présentèrent  Régine Gauchez et Michel Duval vendredi 28 septembre dernier sur une mise en scène de Peter Eyre.
Qu’en fut-il?  La parole est à une spectatrice membre de l’association

cohnf SandFlaubert

Délicieuse soirée aux Annonciades à Boulogne-sur-Mer, réservée aux adeptes de littérature, réunis pour l’occasion autour de Janine Watrin, Présidente de l’Association des amis de Charles Dickens, et qui ont pu se délecter de jolies envolées échangées entre Flaubert et sa grande amie George Sand, textes interprétés avec ferveur par Régine Gauchez et Michel Duval , le tout brodé et ponctué de quelques notes émergeant d’un piano romantique et d’antan … 
Au final chacun a retenu l’éloge de Victor Hugo en terme de condoléances adressées au décès de George Sand :
« Je dis au revoir à la mortelle et je salue l’immortelle « 
                    Valérie Andrissen

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Reprise des activités  pour l’année 2018-2019

Nous y voilà…Nos activités et  conférences  ont repris à Boulogne sur mer
La première: à la Bibliothèque municipale, salle Cassart, 18 pl. de la Résistance
Le vendredi 28 septembre 2018 à 18 heures

Régine Gauchez et Michel Duval présenteront
La correspondance entre George Sans et Gustave Flaubert

Les suivantes toujours  à la Maison des Associations, rue Wicardenne :
Mardi 9 octobre : Christine Malpaux présentera

                                Lord Melbourne ministre de la reine Victoria
Vendredi 8 novembre : F. Claustriaux  abordera
La mystique des roses

ET
Mardi  11 décembre à 15 heures aura lieu
Le traditionnel goûter théâtre-lecture et plaisir
salle du Petit-Bois  à Condette 

Belle rentrée et profitez bien de ces premières conférences ,
d’autres vous attendent pour la nouvelle et seront annoncées dans les temps

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Allo, allo! …des nouvelles de notre belle sortie le 21 Juin 2018 dernier ce fut: 

Eglise de Wierre-Effroy et Chapelle Ste Godeleine 21 06 2018

Tout le monde s’est retrouvé à l’ombre du clocher de l’Eglise de Wierre-Effroy, ouverte pour nous cet après-midi.
Simone Odent, à la croisée de la nef et du transept, a cœur de nous conter avec fidélité l’historique de l’église et la vie de Ste Godeleine.

simone
Voici un condensé du résumé qui suit cet article. Godeleine, jeune fille brune et jolie, pieuse et généreuse avec les pauvres, se marie, un mariage arrangé ! Sa quenouille de jeune fille, plantée au sol, fait jaillir une « source » ! Sa belle-famille, notamment sa belle-mère la prend en grippe. Godeleine de Wierre ou Godlieve de Flandre, « aimée de Dieu », malgré des efforts pour rester auprès de son époux, finit par s’échapper afin de retrouver Wierre-Effroy et la paix de son Londefort natal. Son mari, Bertulf, la contraint à le rejoindre puis fomente son assassinat. Deux appariteurs l’étrangleront avec une étoffe. Edith, une fille d’un second mariage, née aveugle, fut dit la légende, guérie par l’eau de la mare où, afin d’éliminer tout dernier souffle de vie, fut immergé Godelieve.

Autre temps de notre pèlerinage : visite de la chapelle Ste Godeleine: vitrail

Des fleurs parfumées et de toutes couleurs cachent les nombreux ex voto qui témoignent des remerciements des guérisons obtenues par l’intercession de la sainte. La source d’eau miraculeuse coule toujours dans un coin de la pièce et l’humilité de la pénombre. En s’agenouillant on peut en prélever pour un parent ou un ami souffrant notamment de maladie des yeux, la foi fera le reste.

L’auberge voisine et son jardin verdoyant offrent à notre équipe ombre ou soleil, mais surtout le réconfort de cidre et crêpes… c’était l’heure du thé !   HD

La Chapelle de Sainte Godelieve (ou Godeleine)

chapelle ste

Extrait de Simone Odent, tiré du livre écrit conjointement par Thérèse Cuvelier et Janine Watrin : «  Godeleine de Wierre, Godelieve de Flandre[1] »

La tenue d’une maison consistait à filer la laine,  broder, coudre  fabriquer des onguents encore à choisir les plantes qui composeront des remèdes. Comme à toute jeune fille noble, il avait été certainement inculqué à Godeleine des notions de médecine et de petite chirurgie, de même pour prier Dieu, soigner, nourrir et vêtir les malheureux. Nous pouvons penser que la générosité du Seigneur de Londefort et de son épouse était grande à cet égard.

Il est relaté notamment une légende, vraisemblablement écrite par un ecclésiastique de Gistel, signant « Abnonymus Gistellensis » (l’anonyme de Gistel) :
De nobles visiteurs étant attendus au Château, peut être bien le Comte de Boulogne et la comtesse en personne, Godeleine, émerveillée devant l’abondance de plats préparés, n’avait-elle pas, avant le repas, prélevé la part de « ses» pauvres, leur apportant sans hésiter pâtés et venaisons, poulardes et rôtis, fruits et douceurs de toutes sortes. Son père, averti, l’en avait réprimandée sévèrement. Toute contrite, elle s’était mise en prière et miraculeusement, les plats vides s’étaient trouvés remplis à nouveau …  Les années s’écoulaient et Godeleine était à présent arrivée à l’âge de prendre époux. Le souhaitait-elle ou bien avait-elle rêvé de consacrer sa vie à Dieu ?
Nombre de jeunes gens auraient aimé la prendre pour épouse, attirés par son charme : jolie à peau blanche, cheveux et sourcils noir jais. On avait plaisir à la regarder nous dit Drogon[2] -(tiré du manuscrit d’origine de Drogon de Bergues  et repris en 1926 par le Père Coens).
Ce fut un jeune Flamand de Gistel, probablement un officier du Comte de Flandre, à qui les parents donnèrent la préférence. Il s’appelait Bertulf. Il portait ainsi que son père le titre de bailli de Gistel. Les parents de Godeleine avaient probablement été séduits par le titre et la fortune du prétendant. Au XI ème siècle, le mariage avait lieu en 2 temps : d’abord la « desponsatio » les épousailles. Elles avaient lieu au domicile de la jeune fille. Un pacte était conclu par les parents, mais les futurs devaient être consentants. Il s’agissait de préserver les biens de la famille et de la lignée. C’était un pacte irrévocable. Le prêtre qui recevait l’engagement nuptial donnait lecture, avant la bénédiction, de la charte constituant le douaire. (Portion des biens réservée par le mari à sa femme si elle devenait veuve). Puis après un temps plus ou moins long, le père de la jeune fille la conduisait chez son mari, et c’était alors la cérémonie des noces, qui durait plusieurs jours, les « nuptiae ».
La légende nous apprend qu’au moment de prendre congé de tous, famille, amis et aussi des malheureux, habitués à recevoir ses gracieuses aumônes, Godeleine eut un geste charmant : à l’endroit même de la séparation, elle planta en terre sa quenouille. Une source jaillit… et coule encore.

Que se passa-t-il au moment du mariage.
Personne ne le sut « mais le jour-même où Bertulf prit Godeleine pour épouse et l’emmena dans sa maison, son cœur fut atteint d’un mal étrange et il se mit à la haïr.»(Drogon).

Les parents de Bertulf et spécialement sa mère, n’avaient pas souhaité que leur fils prît une femme étrangère au pays. Maîtresse absolue dans sa maison, elle ne déguisa pas ses sentiments, et s’écria dès qu’elle vit la jeune femme : « N’y a- t-il pas mon cher fils, suffisamment de corneilles dans ton pays, pour que tu ailles en chercher ailleurs ? Qu’as-tu fait ? Dans cette affaire tu n’as pas demandé le conseil de tes parents, tu t’en es tenu à ta volonté. Tu t’apercevras bien que tu t’es trompé » (Drogon).
Il y avait à l’époque en Flandre des nomades qui venaient du Turkestan et du Caucase, des hommes portés aux atrocités. Dès le premier jour des noces, l’époux disparut sous le prétexte d’une affaire urgente à régler et les trois jours de fête qui suivirent, c’est la mère de Bertulf qui tint la place d’honneur.
La maison paternelle se trouvait dans la ville de Gistel. Mais l’on envoya Godelieve habiter la « ferme ». Bertulf continuait probablement à résider chez son père, il demeurait invisible.
Godelieve était seule avec ses serviteurs qu’ hélas sa belle-mère avait montés contre leur nouvelle maîtresse. «  Toutes les belles-mères haïssent leur bru ; elles brûlent de voir leur fils marié, mais deviennent vite jalouses de lui et de son épouse «   (Drogon).
Les jours s’écoulaient…Petit à petit la jeune femme comprit qu’elle allait devoir vivre seule. Elle reprit ses habitudes de Londefort: le travail, l’oraison et l’accueil des pauvres. Elle filait des heures entières et tressait des paniers avec les osiers des marais voisins. La nuit elle pleurait, implorant « Dieu de transformer l’esprit de son mari »(Drogon).
Sa belle-mère ne manquait pas de lui fournir de la besogne. Elle allait jusqu’à l’obliger à chasser les corbeaux dans les champs, à l’époque des semis, à jouer ainsi le rôle d’épouvantail. On choisissait bien sûr l’heure de la messe afin de l’en priver. Mais un jour que les cloches sonnaient à l’église voisine, Godelieve pria les corbeaux d’entrer dans une grange et leur recommanda de n’en point bouger jusqu’à son retour. Elle partit, laissant la porte grande ouverte. Lorsqu’elle revint, ils étaient toujours à leur place. Elle les fit sortir et la chasse recommença. La belle-mère déclara qu’il y avait là intervention du diable.
Son mari et ses beaux-parents la haïssaient et souhaitaient qu’elle quitta la demeure assignée par son mari, mettant ainsi les torts de son côté. A partir de ce moment, il la privait ne lui donnant que la moitié d’un pain qu’elle partageait encore avec les pauvres. Des voisins avaient pitié d’elle et lui apportaient pain, viande, poisson et de quoi se vêtir.
Son mari devenait de plus en plus mauvais et Godelieve, à bout de résistance physique, finit par s’enfuir.
A Londefort on eut du mal à reconnaître en cette mendiante épuisée, la belle et jeune châtelaine. Après audience du père de Godelieve auprès de l’Evêque du diocèse dont Bertulf dépendait, ordre fut donné à Bertulf de reprendre sa femme. Contraint d’obéir et de mauvais gré, il dut s’y résoudre.
Rien n’avait changé en son cœur, bien au contraire, et certains de ses amis, remplis de haine à l’égard de Godelieve, continuaient à entretenir en lui de mauvais sentiments et des idées de rébellion contre l’évêque (Drogon).
Godelieve continuait à habiter seule à la ferme. La nuit elle priait Dieu de l’aider à supporter la haine de son mari. Ainsi consolée, elle montrait le jour un visage souriant et même joyeux (Drogon).
Le dénouement était proche. Bertulf ne pouvant, grâce à Dieu, venir à bout de sa femme, ni par la faim, ni par d’autres moyens  se mit à se demander comment il pourrait définitivement en finir avec elle. Il agitait des projets meurtriers.
Il tint alors conseil avec deux serviteurs qui lui étaient entièrement dévoués, Lambert et Hacca, cherchant le moyen, avec la plus grande discrétion, de faire périr Godelieve.
Le jour du crime fut fixé :
« La nuit où devait se commettre le forfait, avant le coucher du soleil, son mari vint chez elle.D’abord il l’embrassa avec des lèvres fausses et la serra sur sa poitrine et, ce qu’il ne faisait jamais, il s’assit près d’elle avec un visage rieur, comme s’il avait le cœur en fête. Comme elle craignait de s’approcher de lui et le traitait avec respect, il lui prit la main, l’attira de nouveau vers lui et la rassura car elle le craignait… -« C’est une grande tristesse pour moi que je te semble avoir un mauvais esprit, à tel point que tu ne goûtes ni ma présence, ni ma douce parole. Tu ne consens pas au plaisir de la chair. Je ne sais d’où vient notre désaccord, je semble un étranger pour toi. A ce qu’il me semble, ceci a été semé par un ennemi. C’est lui qui ébranle les cœurs des mortels en leur communiquant tantôt l’envie, tantôt la haine. Je veux imposer une fin au divorce de nos esprits. Je veux te considérer comme une épouse chère et peu à peu, en rejetant la haine, en venir à l’union de nos âmes et de nos cœurs. J’ai trouvé une femme qui se fait fort de nous conjoindre par ferme amour, de nous faire nous aimer continûment, et plus que ne l’ont jamais fait sur la terre des conjoints. J’ai donné des ordres à Lambert et à Hacca, les valets. Ils amèneront à toi une femme. Crois tout ce qu’elle te dira… Je te dis, pour que tu le saches, et que tu n’aies pas de souci (Drogon).
Comme son mari terminait cette phrase, elle répondit : « Je suis la servante de Dieu. Je me confie à lui. J’accepte, à condition qu’il n’y ait aucune ombre de crime » (Drogon).
Ayant dit ce qui précédait, elle se tut. Mais Bertulf se leva de son siège, monta sur son cheval et partit de nuit sur Bruges dans l’intention d’y attendre la mort de son épouse, à l’abri de tout soupçon (Drogon).
Dans la nuit, Lambert et Hacca vinrent tirer leur maîtresse de son sommeil : « Levez-vous, Madame ».D’abord elle se marqua du signe de la croix puis se recommanda à Dieu. Comme elle se préparait à s’habiller, ils le lui interdirent avec instance. « Venez telle que vous êtes » dirent-ils, « pieds nus et cheveux en désordre, vous vous habillerez plus tard ». La jeune femme se leva et les suivit (Drogon).A peine eurent-ils quitté la maison, que les deux serviteurs de Bertulf « lui passèrent un lacet autour du cou, lui saisirent la gorge pour étouffer ses cris et serrèrent de toutes leurs forces. Puis, la sentant inerte, ils la plongèrent dans une mare toute proche, afin d’éliminer en elle tout ce qui pouvait subsister comme souffle de vie. » (Drogon). 
La tradition rapporte qu’au contact du corps de Godelieve, l’eau croupissante se transforma immédiatement en une eau pure et cristalline.
Lambert et Hacca portèrent ensuite leur victime sur son lit et l’habillèrent.
Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsque les serviteurs de la maison s’étonnèrent de n’avoir pas encore vu leur jeune maîtresse, toujours levée dès l’aurore pour se rendre à l’église. Comme l’heure s’avançait, une servante entra dans sa chambre et s’efforça de la réveiller.
Les voisins arrivèrent. On examina le corps, sans n’y discerner aucune blessure, aucune trace de glaive. Seul, autour du cou apparaissait un cercle sanglant (Drogon).
On envoya quérir Bertulf. Il arriva en hâte, témoignant ostensiblement d’une profonde douleur.
Une foule nombreuse, riches et pauvres confondus, accourut pour rendre un dernier hommage à celle qui très vite allait devenir pour tous Sainte Godelieve. La jeune femme fut inhumée contre le mur extérieur de l’église de Gistel où la cérémonie eut lieu le jour même, à la hâte.
Et parce que le pain qui devait être distribué pour le repos de son âme faisait défaut, on alla acheter de la farine sur la récolte de l’année. Mais l’acheteur tira profit de cette denrée, car la farine obtenue s’accrut au point qu’elle débordait de la mesure et l’homme qui avait fait les achats y voyait là un signe extraordinaire (Drogon).
Les pèlerins vinrent sur les lieux pour retrouver la présence de Godelieve et emportaient souvent un peu de terre considérée comme sacrée et cette terre après un certain temps se transformait en cailloux blancs et ils en étaient dans l’admiration.  Drogon cite : « Moi-même qui écris cela, je suis témoin, j’ai vu ces cailloux blancs et à cause de cela, j’ai béni le nom du Seigneur ».

Mais qu’advint-il après cela de Bertulf ?

Très peu de temps après le décès de Godelieve, un mois plus tard il se remaria avec une jeune fille qu’il connaissait peut être auparavant. Une petite fille naquit, avant ou après le mariage ? Edith. Cette petite fille était née aveugle et la joie ne régna pas au second foyer de Bertulf.
Edith, en grandissant, entendit raconter la triste histoire de Godelieve. Son père lui en avait fait défense d’en jamais parler. Mais l’enfant était vive d’esprit, intéressée. Elle se prit d’une dévotion touchante envers la jeune femme disparue et un jour, alors qu’elle avait 9 ans, inspirée par un rêve, elle demanda à être conduite près de la mare dans laquelle le corps de Godelieve avait été plongé. Elle s’y lava trois fois les yeux et fut guérie.
Bertulf  fut très frappé par cette guérison, mais il se refusait obstinément à voir là l’intervention de Dieu et de Godelieve.
Quelque temps après, il envoya chercher à la ville, Gistel ou Bruges, de l’étoffe pour confectionner des chemises. A mi-chemin le garçon rencontra une dame qui le pria de lui confier le tissu, l’assurant qu’elle se chargerait elle-même du travail. Bertulf l’apprenant fut pris d’une grande colère, il se rendit à ce même endroit. La dame était toujours là, sur le côté du chemin, à côté d’elle les chemises étaient prêtes et pliées. Bertulf ne put que reconnaître le délicat travail  de sa femme autrefois (on dit d’un point de couture -un point de Godelieve)  Il courut pour tenter de la retrouver… mais elle avait disparu.
C’est de cet épisode dit-on que date sa conversion.  Il confessa sa faute aux prêtres et en signe de pénitence partit pour Jérusalem combattre les Sarrasins, puis revint par Rome et de là en Flandre.
Sa seconde épouse morte, il se rendit au monastère de Groenberg, à Bergues et y sollicita humblement son admission. Lorsqu’il mourut au moment de l’ensevelir, on s’aperçut qu’il portait sous son froc, sa cuirasse tellement serrée qu’elle avait entamé sa chair. Plus tard son corps fut retrouvé intact dans  un cercueil de plomb avec une inscription :
HIC JACE BERTULFUS. QUONDAM MARITUS ALMAE DOMINAE SANTAE GODELEVAE
Légende que tout cela ? Oui peut-être, mais qui sait …
Quand à Edith, l’enfant du miracle, elle aurait fondé la première abbaye bénédictine à l’emplacement de la ferme de ses parents. Nous l’appelons l’Abbaye Ten -Putte, l’Abbaye du Puits. Ste Godeleine sainte rosée
Un grand merci à Simone Odent de nous avoir transmis une si belle légende

[1] « La documentation est l’oeuvre de Thérèse Cuvelier que nous avons bien connue et de Janine Watrin, que nous  pouvons remercier pour cet immense travail de recherches dans notre région et également dans certaines villes de la Flandre flamande à l’époque et qui sont actuellement les villes belges de Bruges, Gand et bien d’autres… »
Le tout est tiré du livre « Godeleine de Wierre, Godelieve de Flandre » Thérèse Cuvelier et Janine Watrin.
2] Les références à Dogon, sont extraites du manuscrit d’origine de Drogon de Bergues  et repris en 1926 par le Père Coens.

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ENSEMBLE 2018 POSITIFOn pense à vous!

L’Assemblée Générale de l’association se tiendra le 5 Juillet 2018 à 15 heures chez Marie Claude DEMOLDER  à Hardelot comme les années précédentes.

Nous souhaitons que vous y veniez nombreux, que le soleil soit de la partie, car son jardin est agréable et ombragé.

C’est le moment de se rassembler avant les grandes vacances et d’émettre ses idées, connaître le programme, élire un.e Président.e, donner votre avis sur le développement de notre association et sur tout ce qui peut d’une façon ou d’une autre en améliorer le fonctionnement et le renouvellement.
Et puis
Le programme des activités  2018-2019 débutera cette année par une conférence donnée  le :>>>>>     vendredi 28 Septembre à 18 Heures Salle Cassar à Boulogne
Par                             Régine GAUCHEZ
autour de : La Correspondance entre George Sand et Flaubert.
Notez bien : vendredi 28 Septembre -18 Heures Salle Cassar à Boulogne sur mer
Ci-dessous le coupon réponse, avec votre pouvoir, si toutefois vous ne pouvez être présent.
Le temps s’écoulant très rapidement, nous comptons sur vous pour nous répondre le plus vite possible.
A bientôt donc et en toute amitié Dickensienne,
Le Secrétariat

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Assemblée Générale le Jeudi 5 Juillet 2018 à 15 Heures chez :   Marie- Claude DEMOLDER – à HARDELOT(62152)
Votre présence :          OUI                       ou                          NON (entourez votre réponse)
Réponse souhaitée pour le 30 Juin SVP (afin de prévoir les chaises et la petite collation)

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POUVOIR

Ne pouvant assister à l’Assemblée Générale du 5/7/18 de 1’association des amis de Charles Dickens, je donne mon pouvoir à    >>>  Monsieur /     Madame……

Mention : Date                                                                        Bon pour pouvoir et signature :

Geneviève WATELAIN, Secrétaire, devant s’absenter quelques jours, veuillez adresser vos réponses exceptionnellement à : Simone ODENT – 62152 HARDELOT

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Wierre Effroy plan

Une Jolie Petite Ballade  en perspective:

Nous avons  projeté lors de la conférence du 14 Mai, de nous rendre non loin et en co-voiturage

le jeudi 21 Juin après-midi à Wierre Effroy

 visiter  la Chapelle de Sainte Godelieve (ou Godeleine)Ste Godeleine sainte rosée

 Ainsi nous partirons de Boulogne avec nos gentils accompagnateurs  (nous fixerons d’où en fonction des inscriptions pour nous regrouper. Nous espérons être une petite douzaine pour profiter des covoiturages offerts par nos amis.  Alors inscrivez- vous vite ci-dessous !

Au programme : chapelle steNaturellement la magnifique petite Chapelle avec sa source miraculeuse pour commencer…

Et puis  les alentours, l’Eglise bien sûr…  
Et  encore nous en profiterons pour nous détendre à l’Auberge attenante l’Eau à la Bouche, où un cidre, un thé, un café et des crêpes ou autre nous attendrons.

Nous pourrions aussi faire une petite visite à la Boulangerie du Village dont Mr CECCHIN se rappelle du four à pain qui a été installé par son Entreprise et il pourra nous en parler…
Alors n’oubliez pas ! Inscrivez- vous rapidement il ne reste presque plus de temps.
Ci-dessous le bulletin où inscrire votre réponse OUI ou NON,  nous permettra de vous compter parmi nous

A bientôt ; à très vite

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Rendez-vous à Boulogne à 14 Heures à l’ endroit qui sera précisé aux personnes qui répondront.
Etes-vous intéressés ?  OUI …………….                                             NON (entourez votre  choix)

Madame                                                                      adresse                                             tél :
Monsieur                                                                    adresse                                             tél:          

Si vous comptez vous y rendre personnellement en voiture, dites-le-nous,
Si vous pouvez prendre des amis également,
Dites- nous tout car nous souhaitons réserver une grande table à la petite Auberge afin d’être ensemble. Merci

amisdedickensfrance@outlook.fr

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Un repas, un rituel, des rencontres et avancées
Repas des Amis de Ch Dickens,16 mars 2018

 LUNCHEON

Les Amis de Ch. Dickens au restaurant du Casino de Boulogne sur mer. Non, ce n’est pas la « roulette » mais un choix mûrement réfléchi qui réunit  tous les amis pour le repas – plaisirs, échanges et dégustation annuels. Un vaste programme!

TABLEcomplète 2018

Tous ensemble ou presque…et quel plaisir

D’abord par l’intervention de Jean Claude, une pensée à leur Président décédé récemment, avant les grâces et l’apéritif… puis ils écoutent une allocution de Janine, la plus « dickensian » d’entre eux, rappelant l’origine de la « fellowship » de Boulogne.

Le Menu
Pour respecter la tradition : des phrases en anglais extraites des romans de Dickens sont insérées sur le menu entre entrées, plats et desserts : un travail d’équipe, une délicate intention qui alimente encore les conversations ! Cette année au Great Expectations- Les grandes Espérances et Pip nous fait un clin d’oeil.
Les tables rondes nappées de blanc s’égayent de la couleur des mets qui animent tous les sujets.

déroulé

 

 

Avant toute chose: Les Graces et les Toasts bien sur. Et cette année , c’est Pauline,  notre invitée d’Honneur,  qui préside au cérémonial des toasts à la majesté bien britannique avec le charme d’un discours à l’accent délicieux d’Outre-Manche.
Sans oublier notre République et surtout le Maître qui nous rassemble toutes et tous en ce moment d’entente plus que cordiale, sincère et pleine d’avenir.
repas 2018 discoursUn beau discours, un beau moment, un beau repas et plus encore, de beaux projets à construire et mettre en oeuvre toutes et tous ensemble.

Et puis Après le café, une photo de groupe immortalise ce moment de convivialité qui rassemble malgré virus et accidents la plupart des adhérents.

Hd

En attendant la visite programmée en juin 2018, à laquelle vous êtes tous invités, et un peu plus tard réunion de septembre pour présenter le  nouveau programme des activités 2019 une belle photo pour arrêter le temps et reconduire  la vitalité du groupe.ENSEMBLE 2018 POSITIF

Pour le fun…sauriez vous reconnaître notre nouvelle Présidente? Et pour les champions sauriez vous trouver le nom de nos amis ici présents.  OUI???? Alors bienvenue au club

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Le 9 avril…c’est bientôt! 

    Lundi 9 Avril 2018 à 15h., à la maison des Associations, rue de Wicardienne,  tout      près du quartier du Dernier Sou (nous vous en parlerons bientôt) –  Boulogne sur      mer… 
Présentation/ Lecture (en français) de

hard times face

Suite à la première présentation du 28 février 2018, voici
Les Deuxième et dernière partie du 10 ème roman de Charles Dickens :
Hard Times (Les Temps difficiles).
Le saviez-vous, ce roman, comme bien d’autres, fut terminé  à Boulogne où le Maître passait les mois d’été avec sa famille.

Voici le programme de l’ après midi

Programme Hardtimes9 avril

Comme toujours après la séance , Simone nous offrira a nice cup of tea, pour nous permettre de discuter et  d’envisager d’autres propositions
Merci à Chatine et à nos amis pour l’information
Apk 5/4/18

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Nos amis sont créatifs     Regardez plutôt cHARLES Dicke ns marionette 2
Le reconnaissez-vous?   OUI naturellement,
c’est   LUI , le grand maître avec son oeuvre phare

 

Et elles?…….

qui sont-elles?            MArionnettes Amélie DKS and CoVous voulez en savoir plus? Vous avez envie d’écrire une petite histoire? Ne vous privez pas, nous vous publierons sur notre site
Les marionnettes nous viennent d’Amélie, une amie dickensienne de Besançon, bibliothécaire et membre de la Fellowship de Londres et qui participe au groupe de traduction de Paris….Elle vous en dira plus  très bientôt

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Et Bientôt….vous découvrirez : logocompos sui

La compagnie  de théâtre Compos Sui,   qui prépare
sa tournée en France du 25 au 31 Octobre  autour de

                      H A L L O W E E N  
En Bibliothèques Jeunesse, en Centres de Loisirs, en salles de Classes ….Partout… ouh ouh! :
Les fantômes de Dickens resurgissent en

                                      Histoires de Fantômes
Vous frémirez, vous rirez, vous crierez…mais vous ne les attraperez pas… Eux…Oui
La course est ouverte…Intéressés…Contactez nous

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Ah! Londres, Londres Monsieur Prévert!

Prévert Les charmes

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Bonne  Année 2018 sur FRANCE -CULTURE avec Dickens

France-Culture  ouvert l’année 2018 avec Charles Dickens.
En effet à partir du 1er Janvier  et jusqu’au 4 janvier, de 15 heures à 16 heures environ, La Compagnie des Auteurs, nous a offert chaque jour une belle émission sur différents aspects de Dickens, l’homme et l’ oeuvre:
1er janvier: Le miracle de Dickens– Matthieu Garrigou- Lagrange présente Jean Pierre Ohl, romancier, essayiste et auteur d’une biographie parue en 2011 chez Folio.
Beaucoup d’anecdotes et de pistes explorées, mais Dickens a si souvent été l’objet du regard d’écrivains que le lecteur a vraiment l’impression d’avoir déjà lu…déjà entendu…etc. et hop! une surprise et tout est gagné! La suite donnée par J.P. Ohl à Edward Drood a été abordée… en moins d’une heure les choses sont élargies.
Ce qui plait autant ce sont les extraits lus par Sylvère Monod, le grand spécialiste; le rappel de ces auteurs français, nombreux  si différents que l’on s’émerveille des ressources immenses et si modernistes du grand Maître de la littérature anglaise: Imaginez…André Malraux, Jean Giono ou André Maurois (de grands fans du Maître!) commentant Charles Dickens- souvent de façon inattendue!

2 janvier : L’émission s’intitule L’expérience des limites et c’est à Nathalie Vanfasse, spécialiste de Charles Dickens à l’Université d’Aix Marseille, auteure de deux ouvrages sur Dickens : La plume et la route: Charles Dickens écrivain -voyageur ( 2017)
  Capture
et                 vanfasseCharles Dickens entre normes et déviances (2007), 
tous deux  publiés 
aux Presses Universitaires de Provence. Elle est interrogée par Matthieu Garrigou- Lagrange, responsable érudit de cette belle émission. Un option sur l’oeuvre à l’aune d’une approche psychanalytique pour le second et bien sûr un regard frais et renseigné sur les aventures de voyage de cet infatigable voyageur, à travers la France, l’Italie, l’Amérique, et bien sûr toute l’Angleterre lors de ses lectures publiques qu’il aimait tant. La réflexion offerte est innovante, très bien renseignée et le champ est large et reste toujours à explorer .
Le 3 janvier : Les spectres de Dickens où l’on entre dans le mystère et les fantômes de Dickens avec Isabelle Gadoin  professeure spécialiste de Dickens à l’Université de Poitiers, auteure/traductrice et préfacière de Histoire de Fantômes. On entre dans le roman Gothique avec… les revenants (l ‘orphelin-victime du Fantôme de Noël,)
OU… le pendu de La chambre de la Mariée- dont un extrait est lu à l’antenne…histoire de frémir un peu; ou encore…les personnages féminins, figure spectrale de Miss Havisham et quelques autres
histoires de fantômes

Histoire de Fantômes/ Charles Dickens & Isabelle Gadoin (Folio Classique)

et encore cette Maison hantée où l’acheteur incrédule finit dans le piège de la peur; encore un extrait lu par Philippe Moreau & Antoine Mozin; peut-être parodique mais terrifiant et ludique en même temps. En tous cas indémodable
et à petits pas petits pas: du morbide au macabre, du macabre à l’occultisme et de l’occultisme au spiritisme et à l’hypnose, Dickens progresse dans ce monde parallèle qu’il côtoie jour et nuit et transforme, transpose et dépasse en connaisseur. Une belle émission toujours plus riche qui  conduit l’auditeur toujours plus loin…et avec plaisir

Le 4 janvier : L’enfance retrouvée: Ce qui est curieux c’est que depuis le début, les émissions n’ont eu de cesse de parler de l’enfance, de celle de Dickens, d’Oliver Twist, de Pip, et de David Copperfield entre autres ; toutes toujours liées à Dickens dont  l’enfance fut le premier secret, le plus douloureux, conservé à l’intérieur de lui même jusqu’à la fin de sa vie et qu’il n’avait confié qu’à John Forster, son meilleur ami et biographe.  Même sa famille ignora le trauma qu’il avait subi et dont il avait transposé en David Copperfield tout l’intime déchirement, et dont tous ses personnages enfantins explorent et reflètent une ou plusieurs facettes. L’oeuvre de Dickens dirais-je une vie en reconstruction
Cette fois, la dernière émission tombant un jeudi, les auditeurs eurent droit à un bouquet de présentations, d’extraits, et de prestations:
Pour commencer, restons universitaires avec Laurent Bury, professeur à l’Université Louis Lumière- Lyon II, auteur d’une étude sur A tale of Two Cities- PUF 2012,Bury Tale of 2 cities
où sont analysés les rapports de Dickens avec Paris, la sanglante révolutionnaire et Londres qui accueillit les nobles émigrés ; avec leurs populations brutes, alcooliques et misérables; où Soho et Le quartier Saint Antoine sont décrits en parallèle avec un égal frémissement de pitié mêlée de dégoût mais où, curieusement, la faute ou bien dirons -nous l’origine du malheur revient à la noblesse et l’injustice d’un système éprouvé. Une vision parfois manichéenne dee la Révolution française que Dickens et bien des anglais d’ailleurs admirèrent dans un premier temps, jusqu’à ce que la période de la Terreur vinsse détruire toute illusion et engager une véritable incompréhension.
Laurent Bury est également auteur d’une analyse de David Copperfield, un roman  » familial » avec revenant au devant de la scène les malheurs de l’orphelin, et sous jacente  l’enfance de Dickens elle-même- abandonné dans une usine de cirage dès 10 ans- devenu écrivain, tout comme le héros.
Une première partie entrecoupée de lectures et d’extraits  de Michel Chailloux, d’Alain ( lu par Philippe Moreau), d’André Maurois.

En deuxième partie, ce fut Frédéric Maget, professeur de lettres et Président de la Maison de Colette, qui, dans sa Chronique du Jeudi  vint présenter  l’audacieuse, scandaleuse et indomptable George Elliot : La figure de l’écrivaine libre de toutes contraintes, auteure de la grande époque victorienne,  qui, à la mort de Dickens en 1870 eut tôt fait de prendre le relais sinon sa place (qui demeure imprenable dirais-je)
De son premier roman Scènes de la vie du clergé, en passant par Middlemarch, Frédéric Maget nous conduisit vers un ouvrage peu connu  Daniel Deronda publié en 1876: un livre étonnant pour l’époque victorienne dans la mesure où, à travers la famille de Myra, l’auteure va à la rencontre de la communauté juive de Londres et présente Mordocaï, le sympathique frère de Myra qui rêve (déjà)  de créer « une nation juive en Palestine »(30 ans avant la déclaration de Balfour!) . Frédéric Maget s’émerveille de  l’écriture fluide,  poétique et sensible et nous donne bien envie d’aller y faire un tour de lecture.
Pour terminer ces émissions, c’est au tour de Dominique Barberis, romancière, linguiste, enseignant de venir partager ses émotions avec un Chant de Noël–  où le fantastique jaillit naturellement, puisque les spectres apparaissent et disparaissent autour des objets et des cheminées flamboyantes d’un lumineux feu poétique et dans un chaleureux foyer familial, tous deux confondus.
Une lecture du conte par François Maurel et c
‘est l’enfance et les rêves d’enfance retrouvés dans des histoires inquiétantes et pleine de tendresse- curieux mélange- mais aux fins toujours positives et joyeuses…esprit de Noël exige. Même s’il évoque la dureté de la  réalité, Dickens garde sa volonté et son optimisme de personne responsable de ses choix, de ses actions et au final de sa propre vie tout en exprimant son immense compassion pour les moins chanceux ou les plus vulnérables.
Et tant encore! deux pages n’y suffisent pas alors…

Allez écouter et ré-écouter ces émissions sur France Culture :  de Matthieu Garrigou-Lagrande La compagnie des auteurs, chaque jour du lundi au vendredi entre 15 et 16 heures. Vous aurez aussi droit à des présentations par des revues littéraires  d’ouvrages sélectionnés et  pour finir une lecture de poèmes par Jacques Bonnafé.
En savoir plus: https://www.franceculture.fr/…/la-compagni…/charles-dickens-
ApK 11/1/2018

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Le temps passe vite!

En cette année 2017, beaucoup d’événements simples et moins simples ont eu lieu

Du point de vue conférence: Annpôl Kassis a commencé le cycle dès le 30 octobre avec un conférence dont vous trouverez la teneur dans la page…. Un moment pour découvrir un aspect trop ignoré du grand maître romancier du 19ème siècle: sa générosité et son implication volontariste pour améliorer le sort des plus démunis

Comme vous l’aurez vu en page d’accueil, la disparition de notre Président, René Thomas à la fin novembre

Et Noël arrivant, c’est le traditionnel goûter de Noël qui a eu lieu salle du Petit-Bois à Condette en ce frisquet mardi 12 décembre après midi :  deux saynètes furent interprétées par des membres de l’association :
Martin Ch 1Chizzlew
>>la première  extraite de Vie et Aventures de Martin Chuzzlewit,   par Simone Odent et Odette Ackaert

>>l’autre extraite du Mystère d’Edwin Drood,   par Irina, Régine Gauchez, Marie-Claude De Molder, Jean-Claude Lardez4 eDW DROOD

Entre ces deux saynètes, des Chants de Noël et des Blues interprétés par la chorale Condetae Cantores

                           Et pour conclure, un beau succès  :

edwin drood.groupeJPG

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Un Noël 2016 Exceptionnel

chorale_condetae_cantores (1)

La chorale de Condette             

Chaque année l’Association des Amis de Charles Dickens Boulogne-Condette organise un goûter de Noël auquel sont conviés adhérents et non adhérents. Ce goûter a lieu dans la commune de Condette, un des lieux de séjour français de Charles Dickens.

salle_petit_bois_condette (2)Il se tient dans la salle du Petit Bois gracieusement  mise à disposition par la 
mise à disposition par la municipalité. 
Lors de ce goûter, quelques membres de l’association ont pour coutume de présenter une ou deux saynètes adaptées d’un texte de Charles Dickens.
En 2016, c’est le Conte de Noël, Somebody’s Luggage (Les Bagages de quelqu’un) qui a été choisi. L’épisode mis en scène correspond au chapitre II, intitulé His Boots (Ses Chaussures).
Somebody’s Luggage a paru en 1862, dans All the Year Round, journal dont l’écrivain était le rédacteur en chef. Il y met en scène un maître d’hôtel employé dans un établissement londonien, qui, intrigué par les bagages qu’un voyageur a laissés dans une chambre six ans auparavant, décide de les racheter pour le prix de la note impayée par ce dernier. Il vend bientôt les objets qui les composent et porte à un éditeur les deux nouvelles inscrites sur les manuscrits qui les accompagnent. Mais alors que les épreuves  sont présentées au maître d’hôtel pour correction, le voyageur réapparaît. Contrairement aux craintes de l’employé, celui-ci se montre enchanté de la publication imminente de ses textes. Il se met alors en devoir d’en améliorer la facture et fait tant que l’éditeur finalement les refuse. 

Le premier récit écrit par le voyageur inconnu est celui qui constitue le chapitre II de la nouvelle. C’est celui qui a été mis en scène par les adhérents de l’association. L’action se situe dans une ville fortifiée du nord de la France. Un caporal, en garnison dans ce lieu, s’est pris d’amitié pour une petite fille que sa mère a mise en nourrice chez un barbier. Un Anglais d’un certain âge observe la relation entre ces deux êtres. Le lecteur apprend qu’il a renié sa fille et refusé de faire connaissance avec l’enfant qu’elle a mise au monde. Il est venu en France pour distraire son chagrin mais le spectacle de l’enfant et du militaire ne fait que raviver ses souvenirs de père. Peu à peu il se rapproche d’eux et son cœur s’attendrit. Un jour survient un incendie dans lequel le caporal décède accidentellement. Le vieil Anglais décide alors de le remplacer auprès de la fillette. Il l’emmène en Angleterre où il compte rejoindre sa fille et sa petite-fille, en sa compagnie.
remparts_montreuil_vue_ancienne (1)La ville choisie par Charles Dickens comme cadre de l’action se veut le parangon de la « morne vieille ville française fortifiée ». Ce faisant, elle présente des ressemblances notables avec la ville de Montreuil-sur-mer telle qu’elle était au 19ème siècle. Située à environ 40 kilomètres de Boulogne-sur-mer, elle fut longtemps relais de poste sur la route de Calais à Paris. Charles Dickens l’a maintes fois traversée et y a probablement fait étape.  Comme la ville qu’il décrit, elle a été fortifiée par Vauban.

A l’époque où l’écrivain situe son histoire, elle abritait encore une garnison. Située dans une région humide, elle est entourée de cours d’eau et de marais comme l’est Vauban, la ville évoquée par Charles Dickens. Comme c’est le cas pour cette dernière, les paysans des alentours y convergent pour le marché hebdomadaire et elle est un lieu de prédilection des visiteurs anglais.
Dans un clin d’œil lancé aux Boulonnais, le romancier y fait évoluer Monsieur Mutuel, l’aimable propriétaire qui lui loua une villa lors des trois étés passés dans la station balnéaire de Boulogne et le reçut à l’époque de sa relation avec Ellen Ternan à Condette. C’est d’ailleurs à l’époque de sa relation avec celle-ci qu’il fit paraître la nouvelle.
Cette proximité géographique et chronologique a pesé sur le choix de cette partie de Somebody’s Luggage pour la représentation du goûter de Noël.

 ©Anne-Marie Cojez
Vice-Présidente de l’Association des Amis de Charles Dickens, Boulogne-Condette

Et voici le texte adapté par Anne- Marie Cojez et interprété par les amis de Dickens
                                                            ***
                          Association des Amis de Charles Dickens Boulogne-Condette
                                          Noël 2016 – 
Les Bagages de quelqu’un
                                            Conte de Noël de Charles Dickens
Paru en  1862 dans le magazine All the Year Round dirigé par Charles Dickens

Adaptation théâtrale du chapitre II, intitulé Ses Chaussures
A partir de la traduction de Sylvère Monod parue in La Maison d’Âpre-Vent

-bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1979-  Par Anne-Marie Cojez ©

Les personnages
Madame Bouclet.  Petite bonne femme trapue, d’environ 35 ans. A hérité d’une petite brasserie que tient, sans grande conviction, son mari. Elle loue la quasi-totalité de sa maison aux voyageurs, et vit au fond de la cour.
Monsieur Mutuel. Vieillard débonnaire. Un peu fouineur, il aime s’occuper de ce qui se passe chez les autres. Toutefois c’est un homme au grand cœur. Il porte un pantalon large. Il arbore la légion d’honneur à la boutonnière.  Il est coiffé d’une casquette. Il porte un parapluie dans une main et une tabatière dans l’autre. Il marche d’un pas traînant. Il aime faire son petit tour matinal. 
Monsieur Langley. Citoyen britannique séjournant dans la ville française de Vauban. Les habitants de Vauban l’appellent M. l’Anglais. Il parle français avec l’accent anglais. Il vient pour la première fois sur le continent. Il est seul. Il est violent et coléreux. Il tient la douceur pour une faiblesse. Il est venu en France pour fuir le souvenir de sa fille qu’il a chassée de chez lui parce qu’il la jugeait dévoyée et désobéissante. Il a une petite-fille qu’il ne connaît pas.
Bébelle. De son vrai nom Gabrielle. C’est une fillette tout juste sortie de la petite enfance, courtaude et rondelette. Elle a été mise en pension chez la femme du barbier mais celle-ci ne s’occupe pas d’elle.
Le Caporal Théophile. Bel homme, d’environ 30 ans, bien fait, à la mise soignée. Il est droit et courageux. Il s’est pris d’affection pour Bébelle, la fillette abandonnée. Il meurt au cours d’un incendie qu’il participait à éteindre.
Les personnages intervenant dans l’adaptation du chapitre II
Mme Bouclet

1. Mutuel
2. Langley
Ont été ajoutés des lecteurs qui résument les événements survenus entre chaque scène et lisent des extraits du texte de Charles Dickens
Lecteur 1 (résumé des scènes intermédiaires)

Lecteur 2  (lecture de passages extraits de la nouvelle)
Ont également été ajoutés des figurants pour représenter la population de Vauban  Soldats, marchand(e)s, ménagères, voyageurs/voyageuses
                                                     ***
Scène 1 :  Mme Bouclet, M. Mutuel, M. Langley
somebody_luggage_dickens_2C’est le matin, la scène se passe devant la maison de Mme Bouclet. On voit la porte du logis et une de ses fenêtres. Cette maison est située sur la place de la ville de Vauban. Des étals de fruits et légumes sont installés mais il n’y a encore personne hormis les deux protagonistes, Mme Bouclet et M. Mutuel. Ils sont en pleine conversation.

Mme Bouclet : _ « Eh bien alors, monsieur Mutuel, qu’est-ce-que je sais, moi, qu’est-ce que je peux vous dire ? Je vous assure qu’il se fait appeler Monsieur l’Anglais. »
Mutuel: _ « Je vous demande pardon mais cela me paraît impossible. »
Mutuel, se répétant: _« Cela me paraît, ma très chère Madame Bouclet, impossible !
Mme Bouclet, avec un petit cri de contrariété et force hochements de tête : _ « Mais ce qui est impossible, c’est que vous ayez une tête de cochon ! Alors, voyez … regardez … lisez ! Elle lui montre une liste des locataires affichée sur la porte de sa maison : « Au deuxième étage, Monsieur l’Anglais. Ce n’est pas cela ? »
Mutuel: _ « C’est bien cela ! »
Mme Bouclet : _ « Bon ! Continuez votre promenade matinale. Filez ! » Elle fait suivre ces mots d’un claquement de doigts vigoureux.
Mutuel éclate de rire, retire sa casquette avec la main dans laquelle il tient sa tabatière, et salue longuement Madame Bouclet. Puis il reprend sa promenade. On le voit s’éloigner de dos, la démarche traînante, le parapluie à la main.
somebody_luggage_dickens_1Mme Bouclet, elle suit du doigt la liste des noms affichés sur sa porte, s’arrête sur le nom de M. l’Anglais pour se prouver qu’elle a raison et relit : _ « Monsieur L’Anglais »
En femme qui veut montrer qu’elle est sûre d’elle, elle pose la main droite sur la hanche. Pendant ce temps, M. Langley apparaît à la fenêtre. Mme Bouclet ne le voit pas car elle lui tourne le dos. Elle fait quelques pas devant sa maison, et, ce faisant, dirige son regard vers les fenêtres de M. l’Anglais. Comme elle s’aperçoit de sa présence, pour ne pas avoir l’air de l’espionner, elle fait semblant de chercher quelqu’un dans la rue, regardant de droite et de gauche. Puis elle rentre chez elle, comme quelqu’un qui n’a pas trouvé ce qu’il cherchait.
Langley : _ « Je n’ai jamais vu un peuple pareil. Jamais de toute ma vie !
Des soldats entrent sur la place où ils se promènent nonchalamment. M. Langley les suit du regard, _Ces gaillards n’ont pas plus l’air de soldats … »
Il hausse les épaules et laisse sa phrase inachevée, gardant pour lui la suite de ses réflexions. Il se retire. Sur la place des vendeurs  entrent. Ils prennent  place derrière les étals. Des ménagères arrivent et commencent leurs achats. Scène muette.

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Lectures intermédiaires n°1
Lecteur 1 : Résumé des scènes intermédiaires
Langley passe beaucoup de temps derrière sa fenêtre. Il est seul et désœuvré. Il est venu en France pour essayer d’oublier un passé douloureux. En effet, il a jadis chassé sa fille dont il jugeait la conduite trop libre, et de ce fait n’a jamais vu l’enfant qu’elle a mise au monde. Toutefois ce qu’il voit ne cesse de le ramener à ce passé.
Lecteur 2 : Lecture d’un passage extrait de la nouvelle
« M. Langley ne pouvait pas regarder par la fenêtre sans contempler le caporal avec la petite Bébelle. Il ne pouvait pas faire une promenade sans rencontrer le caporal en promenade avec Bébelle. Il ne pouvait pas rentrer chez lui, dégoûté, sans rencontrer le caporal et Bébelle rentrés avant lui.
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S’il jetait un regard par sa fenêtre sur cour de bonne heure le matin, le caporal était dans la cour du barbier, à laver, à habiller et à peigner Bébelle. S’il se réfugiait devant ses fenêtres sur rue, le caporal apportait son petit-déjeuner sur la place et l’y partageait avec Bébelle. Toujours le caporal et toujours Bébelle. Jamais le caporal sans Bébelle. Jamais Bébelle sans le caporal. »

Scène 2 : Mme Bouclet,  M. Langley
Dans l’appartement de M. Langley.
Mme Bouclet, elle tient une lampe à pétrole à la main : _ « Désolée, Monsieur l’Anglais, le marchand n’a toujours pas réparé votre lampe. Tenez prenez celle-ci en attendant. »
Langley, il prend la lampe et la garde à la main ; il s’en montre encombré pendant tout le dialogue: _ « Merci Madame … », avec une certaine hésitation «_  Madame, cette enfant, … la fillette chez le barbier … »
Mme Bouclet : _ « A-h-h-h ! Oui, oui, oui ! Et son ami le caporal ? Oui, oui, oui, oui ! C’est si gentil de sa part … N’est-ce pas ? »
Langley: _ « Il n’est pas … ?
Mme Bouclet : _ « Pas du tout, pas du tout ! Il ne lui est pas apparenté. Pas du tout !
Langley: _ « Mais alors, il … »
Mme Bouclet : _ « Parfaitement ! Vous avez raison, monsieur. C’est si gentil de sa part. Moins il lui est apparenté, plus c’est gentil. Comme vous le dites. »
Langley: _ « Est-elle … ? »
Mme Bouclet : _  « La fille du barbier ? Pas du tout, pas du tout ! Elle est la fille de … bref, elle n’est la fille de personne. »
Langley: _ « Alors la femme du barbier ? … »
Mme Bouclet : _ « Sans aucun doute. Comme vous le dites. La femme du barbier reçoit une petite somme pour s’occuper d’elle. Tant par mois. Eh oui ! C’est certainement très peu de chose, car nous sommes tous pauvres ici. »
Langley: _ « Vous n’êtes pas pauvre, madame. »
Mme Bouclet : _ « Par la qualité de mes pensionnaires, non. », elle esquisse un sourire et incline gracieusement la tête « _ Pour tout le reste, comme ci, comme ça. »
Langley : _ « Vous me flattez, madame. »
Mme Bouclet : _ « Monsieur, c’est vous qui me flattez en demeurant ici. »
Langley ouvre la bouche pour commencer à parler mais Mme Bouclet l’interrompt. Elle préfère devancer ses questions.
Mme Bouclet : _ «  Oh non ! Monsieur, certainement pas. La femme du barbier n’est pas cruelle envers cette pauvre enfant, mais elle est insouciante. Elle a une santé délicate et elle reste assise toute la journée, à regarder par sa fenêtre. En conséquence, quand le caporal est arrivé ici, la pauvre Bébelle était très négligée. »
Langley: _ « C’est un curieux … »
Mme Bouclet : _ « Nom ? Ce nom de Bébelle ? Vous avez raison, monsieur, encore une fois. Mais c’est un diminutif amusant de Gabrielle. »
Langley, il prend un ton de désapprobation bourrue : _ « Alors cette enfant n’est qu’un simple caprice du caporal ? »
Mme Bouclet, avec un haussement d’épaules implorant : _ « Il faut bien aimer quelque chose. La nature humaine est faible. »
Langley, en grommelant: _  « Diantrement faible. »
Mme Bouclet : _ « Et le caporal étant cantonné chez le barbier où il restera probablement longtemps, trouvant cette pauvre enfant abandonnée qui avait besoin d’être aimée et se trouvant lui-même avoir besoin d’aimer … eh bien ! Maintenant vous connaissez toute l’histoire, voyez-vous ! »
Mme Bouclet reprend la lampe des mains de M. Langley, la pose sur la table, et quitte la scène.
Langley, seul: _ « Je n’y attacherais pas tant d’importance si tous ces gens n’étaient pas si sentimentaux. »
Lectures intermédiaires n°2
Lecteur 1 – Résumé des scènes intermédiaires
Le temps passe. Peu à peu, M. Langley se rapproche de Bébelle et du Caporal. Il va vers eux quand il les aperçoit. Il leur adresse la parole, serre la main de ce dernier, tapote la joue de Bébelle. M. Mutuel, de loin, observe ce rapprochement, ce qui agace M. Langley.
Un jour un incendie éclate. La solidarité des habitants permet d’en venir à bout.
Mais à la suite de cet événement malheureux, le caporal disparaît. Bébelle, quant à elle, est toujours là, mais amoindrie. Mal coiffée, mal habillée, elle a l’air effrayé et s’enfuit quand M. Langley s’avance vers elle. Puis elle disparaît à son tour.
Langley se demande ce que ses deux amis sont devenus.

Scène 3 : Mutuel, M. Langley
somebody_luggage_dickens_4Langley se tient devant son logis, sur la place. Il se gratte la tête, l’air grave, comme quelqu’un qui se pose une question. M. Mutuel approche, sa casquette à la main. Il a l’air préoccupé.
Mutuel, comme se parlant à lui-même : _ «  Ah ! C’est bien triste, c’est bien triste ! Hélas ! C’est bien malheureux, c’est bien triste ! »
Langley: _ « Est-ce que cela … ou plutôt je voulais dire, de quoi parlez-vous monsieur Mutuel ?
Mutuel: _ « Notre caporal. Hélas ! Notre cher caporal ! »
Langley: _ « Que lui est-il arrivé ? »
Mutuel: _ « N’en avez-vous pas entendu parler ? »
Langley: _ « Non. »
Mutuel: _ « Pendant l’incendie. Il était si brave, si empressé. Ah ! trop brave et trop empressé. »
Langley, l’interrompant avec impatience: _ « Que le diable vous emporte ! »,
puis se reprenant « _ Je vous demande pardon … je voulais dire m’emporte … je n’ai pas l’habitude de parler français. Continuez, voulez-vous ? »
Mutuel: _ « Et une poutre qui tombait … »
Langley: _ « Grand Dieu ! C’est un simple soldat qui a été tué ? »
Mutuel: _ « Non, c’est un caporal, Le Caporal en personne, notre cher caporal. Aimé de tous ses camarades. La cérémonie funèbre a été touchante … bouleversante.
Silence,
« _ Monsieur l’Anglais, vos yeux s’emplissent de larmes. »
Langley:  _ « Est-ce que cela vous re… »
Mutuel: _ « Monsieur l’Anglais, je respecte votre émotion. Je vous salue avec un profond respect. Je ne veux pas importuner votre noble cœur par ma présence. »
Mutuel s’éloigne, sa casquette à la main. Langley, seul. Il marche de long en large et se mouche à plusieurs reprises comme quelqu’un qui pleure.
Langley, pour lui-même : _ « Si j’avais su en visitant ce cimetière l’autre jour … J’y vais. Je trouverai bien la tombe du caporal. »
Langley s’éloigne, accablé. Il croise des soldats qui entrent sur scène et la traversent lentement. Ils portent une pelle sur l’épaule. Ils sont tristes.

Lectures intermédiaires n°3
Lecteur 1  –Résumé des scènes intermédiaires.
montreuil_sur_mer_cimetiere (1)Langley se rend au cimetière. Il y trouve Bébelle, endormie sur la tombe du caporal, un bras passé autour de la croix que les soldats ont plantée. Il se penche vers elle et la prend dans ses bras. Elle se réveille et le reconnaît.

Lecteur 2 – Lecture d’un passage extrait de la nouvelle
«C’est une grande distance que l’enfant avait parcourue sans aide. Elle fut bientôt rendormie, ses bras maintenant passés autour du cou de l’Anglais. Il regarda ses souliers usés, ses pieds écorchés et son visage las et songea qu’elle avait dû venir là tous les jours. Il allait quitter la tombe avec Bébelle assoupie dans ses bras quand il s’arrêta, abaissa pensivement son regard vers le gazon, puis regarda les autres tombes alentour. »
Lecteur 1- Résumé des scènes intermédiaires
Il décide alors de suivre la coutume française et achète deux couronnes. Elles portent l’inscription : « A mon ami ». Il dépose l’une d’elles sur la tombe du caporal, et donne l’autre à Bébelle pour qu’elle fasse de même.
Ceci fait, il reprend le chemin de la ville, Bébelle dans les bras. Arrivé sur la Grand -Place, il aperçoit M. Mutuel, qui, comme à l’accoutumée, est en train de l’espionner. Il l’évite et rentre chez lui. Peu après, il se rend chez la femme du barbier pour négocier avec elle le départ de Bébelle. Il a décidé de l’adopter.
Lecteur 2- Lecture d’un passage extrait de la nouvelle
« Comme son attitude d’ensemble et son caractère étaient inconciliables avec le fait d’enlever Bébelle en grande pompe, ou de recevoir des félicitations ou des compliments pour ce haut fait, il consacra la journée du lendemain à extraire ses deux valises de la maison de manière furtive et ingénieuse. Un train devait passer à la gare à minuit et c’est par ce train qu’il allait emmener Bébelle en Angleterre et retrouver sa fille pardonnée. »
Lecteur 2- Lecture d’un passage extrait de la nouvelle
« M. Langley laissa derrière lui la place, laissa derrière lui les rues, laissa derrière lui la ville habitée par les civils et descendit parmi les ouvrages militaires de Vauban, qui enserraient tout le reste. Et quand l’ombre de la première voûte épaisse et de la première poterne tomba sur lui, puis resta en arrière, quand l’ombre de la deuxième voûte épaisse et de la deuxième poterne tomba sur lui, puis resta en arrière, quand, au bruit caverneux de son pas sur le premier pont-levis, succéda un bruit plus doux, quand, au bruit caverneux de son pas sur le second pont-levis, succéda un bruit plus doux, quand il vint à bout des fossés stagnants l’un après l’autre, et émergea dans la campagne où coulaient les cours d’eau et où brillait la lune, alors aussi les ombres ténébreuses et les bruits caverneux et les courants pernicieusement contenus dans son âme furent libérés et vaincus. »

Scène 4  : 1- Langley, M. Mutuel, Mme Bouclet
La scène se passe sur le quai de la gare. A la fenêtre d’un wagon, on voit M. Langley. Il est assis sur une banquette. Il tient dans ses bras une forme de petite taille enveloppée dans une couverture. C’est Bébelle. Elle dort.
Des voyageurs passent sur le quai.
Mutuel et Mme Bouclet approchent du wagon où se trouvent M. Langley et s’arrêtent à sa hauteur. Mme Bouclet cache un bouquet derrière son dos.
Mutuel, tendant à M. Langley sa tabatière:  « Excusez-moi, monsieur l’Anglais. Je vénérerai à jamais cette petite tabatière si vous voulez bien y prendre une prise, de votre main généreuse, avant que nous nous quittions. »
Langley tend la main à travers la fenêtre et s’exécute. Il serre ensuite la main de M. Mutuel. Langley: _ « Adieu ! Dieu vous bénisse ! »
Mme Bouclet : _ « Dieu vous bénisse vous-même, monsieur l’Anglais. D’ailleurs Dieu vous bénira pour le bonheur de l’enfant que vous avez maintenant avec vous et sous votre protection. Dieu vous bénira chez vous en la personne de votre propre enfant. Dieu vous bénira dans vos propres souvenirs. Et voici quelque chose de ma part. »
Elle lui tend un bouquet qu’il saisit. Dans le même temps le chef de gare donne un coup de sifflet annonçant le départ du train.
Les voyageurs tendent une banderole sur laquelle il est écrit : « Hommage à l’Ami des Sans-Amis ».
Langley, embrassant Bébelle : « Ces gens-là ne sont pas méchants Bébelle bien qu’ils soient si … sentimentaux ! »
                                                                FIN

somebody_luggage_dickens_6  et somebody_luggage_dickens_7

© Anne Marie Cojez

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Souvenirs et commémoration  : 

Simone Odent, membre de l’association a assisté le 3 septembre dernier, à la commémoration du centenaire des batailles de Guillemont et Ginchy, dans la Somme, qui
coûta la vie à des milliers de jeunes soldats irlandais, français et britanniques de Jersey.
Vous lirez ci-dessous son article complété par quelques -unes des photos, que Mr le Maire de Ginchy, lui a gentiment adressées ainsi que celle de l’article du Courrier Picard du 05/09/2016.
Viendront plus tard  un aperçu des programmes de la Somme Association et de The GUILLEMONT STONE : Commemorating the ‘Jersey Contingent- Unveiling Ceremony on the Centenary Anniversary.
Ap K.

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Le courrier Picard  du 05/09/2016

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Le reportage de Simone Odent :

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Le matin : La commémoration du Centenaire de la Bataille du 03/09/1916, s’est déroulée dans les communes de Guillemont  et Ginchy où plus d’une centaine de soldats français  et plus de mille cent irlandais sont morts au combat : un moment poignant.
Un cortège formé par toutes les troupes venues sur les lieux, toutes les personnalités ainsi que les villageois et amis, est allé se recueillir au Grand Monument qui se trouve à la jonction des deux communes.

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Une minute de silence a alors été respectée, suivie par les cornemuses qui ont entamé « The Piper’s Lament ».
Toute la foule s’est dirigée vers le centre du village de Guillemont, où se trouve l’Hôtel de Ville et le Monument aux Morts.  De très hautes personnalités ont été accueillies, des drapeaux, des militaires qui présentaient les armes, des couronnes de fleurs déposées, avec musique irlandaise, nous ne savions où regarder…

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Ensuite, il y eut l’inauguration d’une pierre (Guillemont Stone), à une autre entrée du village, avec discours, minute de silence et musique…
Après cela toutes les personnalités : Irlandaises, militaires, civiles, Françaises, Le Maire de Guillemont, Le Maire de Ginchy, la population de Guillemont qui tenait à être présente et nous-mêmes avons été reçus avec une telle gentillesse et avec tant d’attentions dans un cadre champêtre, que nous étions tous unis en cette belle journée, qui de plus était très ensoleillée, même si quelquefois nous étions un peu perdues par le langage. Un souvenir inoubliable…

***           ***            ***

post ceremonie

L’après-midi : nous étions tous conviés par Mr le Maire de Ginchy, village voisin qui avait, lui aussi, payé un lourd tribut en cette période de septembre 1916, et avions rendez-vous au milieu des champs,dans un enclos, boisé, ombragé, avec les descendants de Charles Dickens, qui étaient venus se recueillir autour de la Croix de Bois (Avec le temps, la Croix initiale a dû être remplacée et elle se trouve maintenant à l’entrée de l’Eglise) qui commémore la mort du petit fils de Charles Dickens, le Major Cédric Charles Dickens, décédé au cours de cette terrible bataille. 
Ce fut un moment très émouvant pour nous de rencontrer les membres de la Famille de Charles Dickens, des personnes très chaleureuses qui venaient avec des fleurs toutes simples, mais de leurs jardins, un geste sentimental pour ce jeune soldat, dont la Mère,  était venue chaque année jusqu’à sa mort, .

BANC CROIX MAJOR

Un grand banc de pierre a été posé et inauguré ce jour -là dans l’enclos par la ville de Ginchy. Une personne de la famille avait fait installer, pour  cette occasion, à l’entrée de ce bosquet un Mémorial sur un pupitre, avec toutes indications et photographies de ce jeune disparu et de ses parents ce qui permettra aux visiteurs de connaitre sa trop courte vie.
Une réception a suivi dans la salle des Fêtes de Ginchy. Les membres de la famille Dickens étaient présents. Là aussi, la simplicité et la gentillesse de tous ont fait de cette journée un moment que je ne peux décrire.
Les bus qui avaient amené tous ces militaires sont repartis et, prenant nous aussi le chemin du retour, nous avions beaucoup de souvenirs…

Simone Odent

La cérémonie en images
croix dec Les lieuxtbe et préparation discours

Les autorités et amis
salutet croix

sur le banc 1    cérémonnie

sr le banc au complet   Entre famille et amis

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 Nos amis Dickensiens sont aussi des poètes. Voici un hommage bien particulier, rendu en vers, par l’un d’entre eux, au cours du repas annuel de l’association en mars 2016

Dickens rêvant

Hommage à Charles Dickens

La tradition veut donc que des mots sympathiques
Honorent de ma part l’écrivain britannique
Dont l’association pleine de courtoisie
A voulu, parmi elle, m’accueillir aujourd’hui.

J’ose croire que chacun, ici connaît par cœur
La production totale de ce très grand auteur
Je veux être sincère et dire franchement
Que je n’ai dévoré que deux de ses romans 

Pardon Monsieur Dickens, si ma pâle ignorance
A déserté ainsi votre talent immense…
Alors, me direz-vous, que fais-je  à votre table ?
Convier un pareil hôte est vraiment regrettable !

Mais non, votre invité n’est pas un imposteur 
Car j’ai lu votre vie, vos joies et vos malheurs 

C’est en 1812, au début février
Que naît chez les Dickens le deuxième héritier 
A deux pas de Portsmouth, au faubourg de Portsea
Le bébé, nommé Charles, pousse son premier cri

Puis bientôt la famille, à Londres part s’établir
C’est là, dans les faubourgs, que Charles va grandir
Il fréquente l’école et apprend l’écriture
En témoignant très tôt un goût pour la lecture…

Il faut gagner  son pain et l’enfant Dickens
Dès l’âge de douze ans gagne ses premiers pence
Charles est déterminé il montre son courage
Parmi les enfants-ouvriers d’une usine de cirage

Entre temps les ennuis tombent sur la maison
Son père pour quelques dettes doit goûter la prison
Si ce premier séjour ne dura pas longtemps
Cette épreuve morale marqua l’adolescent

Le jeune Charles n’est pas prêt à se laisser abattre,
Il se fait figurant, découvrant le théâtre 
Passion qu’il chérira tout au long de sa vie
Et le métier d’acteur, longtemps lui fit envie…

Après quelques années d’apprentissage chez un  notaire,
En 1832 il devient reporter
La presse lui permet de révéler sa prose
Sa  carrière d’écrivain était alors éclose.

D’abord il n’ose pas signer de son patronyme
Il prend le nom de « Boz » en guise de pseudonyme
Dès lors sa renommée s’étoffe peu à peu
Son vrai nom finit même par faire des envieux.

Charles découvre Paris puis va en Amérique
Et passant par Boulogne, son cœur à un déclic
Un beau chalet de planches dans la rue Beaurepaire
Devient du romancier l’habituel repaire…

Plus tard, la douceur du village de Condette
Abrita dit-on, quelque idylle secrète
Boulogne ne cessera de fêter sa mémoire
Justifiant en ce jour mon aimable auditoire

Charles Dickens est loin de mon cadre habituel
Me faire son apologue n’est pas si naturel
Quand son cercle d’amis m’apprécie et m’invite
A me faire devenir « Dickensien » émérite.

Du fond du cœur merci… Serai-je à la hauteur,
De la distinction dont vous me faites honneur ?
Car chacun sait bien sûr que mes choix plus classiques
Gravitent très souvent autour de l’art lyrique

Mais voulant vous prouver ma vraie reconnaissance,
J’ai conjugué pour vous  pensées et conscience
Pour célébrer Dickens j’imaginai sans peine
Pouvoir le rapprocher un peu de mon domaine

Alors j’ai bien cherché, tout au long de son œuvre
Un écho musical permettant une manœuvre,
Pensant qu’un opéra et ce grand romancier
Puissent s’être, par hasard, un jour associés

Mais je n’ai rien trouvé et j’avais bien gros cœur
De voir près de Dickens, nul grand compositeur
Pourquoi les Aventures du cher Mister Picwick
Ne sont pas devenues un opéra-comique ?

Ah ! Oliver Twist eût-il été un ténor
Vous me faisiez cadeau  d’un vrai sujet en or !
David Copperfield fut-il instrumentiste
J’aurais, de ses concerts, dressé la longue liste

Pourquoi Monsieur Dickens avez- vous oublié
De créer un héros dans ma spécialité ?
Pouviez-vous deviner qu’en l’année 2008,
Un fan d’opéra serait à votre poursuite

Et même huit ans plus tard, en l’année 2016
Vous demeurez toujours sans bémols et sans dièses…
Votre absence étonnante des sphères musicales
Vraiment sérieusement semble paradoxale

Pourquoi vos grandes oeuvres sociales et réalistes
N’ont jamais pu séduire l’esprit d’un librettiste ?

Avec le pathétique vous maniez l’humour
Pour flétrir l’égoïsme et défendre au grand jour
Les enfants malheureux et les déshérités
Dont l’innocence triomphe de la cupidité

Ces thèmes que vous traitez avec cœur et  passion
Auraient fait des merveilles dans une partition !
Car un bon musicien, ainsi que je le crois,
Peut puiser en vos œuvres un sujet d’opéra
Votre plume si fine, mériterait sans peine
Un ouvrage brillant pour le Covent-Garden

Mais à ce moment là, en votre blanche Albion
Aucun compositeur n’y prêta attention
Alors point d’opéra, si tel était votre sort
Votre gloire est ailleurs, n’ayez aucun remords !

Votre main d’Inimitable vous  fit le très grand romancier
Que le monde entier  a bien vite apprécié :
En France, en Amérique, bien sûr en Angleterre
Tous vos titres constellent l’univers littéraire 

Edwin Drood restera pourtant inachevé,
Fermé par votre muse près de votre chevet :
1870… le 9 du mois de juin,
A cinquante huit ans votre vie a pris fin….

Et voulant respecter vos dernières volontés
Le deuil fut établi dans la simplicité
Mais nul ne put empêcher que dans un grand élan
Tout Londres endeuillé pleura votre talent

Et pour dernier séjour, tel un grand dignitaire
Votre pays choisit le chœur de Westminster
Voilà Monsieur Dickens, voilà donc mon hommage,
S’il est bien maladroit, pardonnez cette page

J’ai tenté par ces vers une aimable tirade
Pour évoquer votre œuvre sans aucune algarade
Et si votre talent ne parut au théâtre,
Il n’est jamais trop tard pour essuyer les plâtres.

Par ces alexandrins au rythme bien typique
N’est-ce pas ma façon de vous mettre en musique ?
Dans l’amour d’opéra, même si c’est à grand peine,
Je vous place dès lors au-devant de la scène

Amis ensemble levons-nous et élevons nos verres,
Avec la dignité que cet instant requiert,
Toutes et tous portons un grand toast de gloire
Pour fêter de Dickens l’immortelle mémoire. 

                                                                  Dominique Ghesquière
            le samedi 8 mars 2008 –  à Nausicaa / Boulogne sur mer
           et lu le vendredi 11 mars 2016 – au restaurant de la Vieille-Ville

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Voici le premier article 2017 d’un de nos adhérents.
 Les amis de Charles Dickens  de Boulogne- sur -mer ont accueilli
le Professeur Tony WILLIAMS –  Président de l’International Dickens’Fellowship

williams1 Brouillard épais ce lundi matin, il s’agit d’aller chercher notre conférencier au 13, Parvis Notre Dame de Boulogne, conformément au souhait de notre chère Janine Watrin.
De stature imposante l’homme, à la dignité d’un Lord, inspire le respect. Il est vêtu d’une tenue sombre à la cravate bleue ; une petite barbe blanche et des lunettes  carrées cadrent son visage au teint bien britannique. Ce flash coloré, saisi dans l’embrasure de la porte, établit, avec les mots d’une convention que tout le monde devine, le premier contact avec le Professeur Tony Williams.
Un autre accueillant l’invite à monter dans la voiture où le dialogue s’instaure. Le Professeur Williams connaît Boulogne-sur- mer ; aussi prendrons- nous la direction de Condette-Hardelot, autre lien entre Britanniques et Français et lieu de séjour cher à Charles Dickens.
Le « Pont de Bridge » -qui a donné Pont de Briques-  enjambe la Liane où jadis les bateaux de Jules César à la conquête de l’Angleterre, étaient légion. Plus loin, la vue embrumée sur sa vallée ne laissera qu’un souvenir un peu flou ! Les villas de la digue d’Hardelot ont l’allure d’un tableau de Turner. En revanche, la Croix St-Augustin, vue de près, ressemble bien à celle d’Ebbsfleet, son pendant en Angleterre ; un passage au Pré Catelan, lieu où celle-ci séjourna un siècle, permet de confirmer l’histoire de ses divers déplacements.
Puis c’est le Château d’Hardelot à Condette ; le soleil l’éclaire d’une pâle blancheur et le patine doucement. Paisible promenade ensuite au Lac des Miroirs, un léger souffle d’air anime le plan d’eau de reflets chatoyants, « glitterring », mot jaillit de la bouche de Tony, admiratif.   

williams2Retour à la voiture direction le « Chalet Dickens » : un vantail s’entrouvre sur une cour rectangulaire qui, éblouissante de clarté, fait un  accueil à la fois chaleureux et intime. Un portrait de Dickens sur la pilastre de l’entrée enrichit les lieux, par sa présence. Le propriétaire prévenu nous attend plan et document en mains. A l’intérieur, sur la gauche, c’était hier la cuisine de la famille Dickens ; un garage héberge aujourd’hui une voiture mais le carrelage demeure d’époque. A côté, un petit escalier mène un peu plus haut…Dans le fond de la cour, une longère aligne nombre de chambres et salons, distribués par un large couloir éclairé d’autant de fenêtres.  Côté Sud et jardin, les mêmes invitent le soleil à pénétrer par chacune d’elles dans ces différents livings au confort douillet de leur cheminée. Le Professeur Tony Williams, curieux et intéressé, s’imprègne presque religieusement, de l’ambiance des lieux qu’appréciait beaucoup Charles Dickens.

Le jardin a depuis été réduit de moitié mais les roses n’ont pas perdu leur charme. Un autre médaillon représentant Charles Dickens, semblable à celui sur le pilastre de l’entrée, est accroché au mur ; c’est l’occasion d’une photographie en compagnie de notre guide qui a aimablement ouvert sa maison aujourd’hui : un plaisir partagé.
Retour sur Boulogne par la route de la côte… mais les falaises de Shakespeare demeureront dissimulées dans la brume. L’heure avance, il est temps d’un déjeuner au restaurant de la Haute Ville, préféré de l’Association. En terrasse et à l’ombre, le temps passe vite, entre plat et dessert. Notre visiteur apprécie la cuisine française, mais il doit aussi visiter d’autres branches de la Fellowship… Australie, Japon, Hollande… un autre menu !

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La salle de conférence de Wicardenne est occupée et le Professeur Williams se préparant pour son discours, revêt solennellement la médaille dorée au ruban rouge de Président international de la Charles Dickens Fellowship,  que chacun pourra admirer par la suite. Les adhérents de l’association sont tous là, leurs amis britanniques les accompagnent dans un brouhaha aux accents d’Outre-Manche.
René Thomas, notre dévoué Président « local », présente à l’Assemblée le Prof. Williams, venu nous rendre visite. Il interviendra par la suite à chacun des textes lus en anglais, par des commentaires éclairés. Ce sont des extraits des différents romans du Maître, Les Grandes Espérances, Oliver Twist, et un Ami Commun. Ils sont déclamés avec talent et dans l’esprit de Dickens par le Président anglais.
Dès lors, sombre tristesse et comique de  scène  se succèdent devant nous, suscitant de nombreuses questions sur les thèmes abordés dans l’œuvre du romancier. Traditions de l’uniforme, autres lieux d’habitation, inspiration du romancier en France, nombre de ses œuvres… animent en effet un dialogue dans une interactivité libérée de tout protocole.
Puis c’est la participation au traditionnel thé que l’association apprécie après chacune de ses activités. Délicate attention, pour la circonstance, les porcelaines de Chine ont remplacé les tasses habituelles.

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Après une promenade en centre-ville, à pied ou en voiture, c’est au tour de la Mairie de Boulogne de faire honneur au Prof. Williams par la voix de  Mme l’Adjointe au Maire, déléguée à la Culture et Patrimoine, qui a « regretté l’absence contrainte de Mme Watrin ».
La cérémonie officielle se termine par une coupe de champagne ou un jus de fruit, agrémentés de mets -en- bouche. Chacun s’en retourne satisfait avec une pensée pour Janine à l’initiative de cette rencontre qui fait la fierté de tous.

H.D.
03/ 04/2017

Capture the Dcks fellowship

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Et n’oubliez pas…

A partir de septembre 2017, les amis de Dickens constitueront une équipe de traducteurs bénévoles et dès janvier 2018, proposeront dans cette rubrique les traductions en français des articles signés de Dickens uniquement, parus dans Households Words, publiés par Michael Slater dans CharlesDickens ( vol 3 ).

 et sur le sitebuckingham.ac.uk ; Dickens Journals Online édition complète de  la revue hebdomadaire Household Words (1850-1859). 
Vous avez envie de participer ? Rejoignez-nous 
Toutes les bonnes volontés sont acceptées

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